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Bienvenue sur le blog des deux flics les plus déjantés de Los Angeles !
Vous trouverez ici le premier chapitre de leurs aventures.
Si vous souhaitez lire la suite, laissez-moi un message !

Texte Libre

chapitre VII (2)

Les trois matuches restaient perplexes devant l’étendue des travaux de dégagements à mettre en œuvre afin d’extraire le contenu de la fosse. Yates eut une idée qui lui sembla lumineuse ! 

- j’pense qu’on aura besoin d’une suceuse !  déclara t-il !

- J’en connais une balaise !  dit Hann,

- Pas celle-là, s’pèce de z’obsédé !  reprit Bob, une qui aspire le sable et la terre, la même qui sert aux dégagements archéologiques en mer ! 

- On a çà ! s’exclama Ugo , il y a une campagne de fouilles en ce moment à Cluj Napoca, on va leurr d’mander un coup d’main, à moins qu’ils ne soyent pas outillés, mais j’crrois bien qu’ils ont c’que tu cherrches Bob !

- C’est loin ton bled ?

- 440 borrnes ! Tout au plus une plombe d’ici en hélico! 

- il faut sécuriser le site !  dit Elvis, Ugo ? Tu peux laisser des gerces à tézigue sur l’terrain ? 

-Bien sûrre !

 Bellasi demanda à deux poulets roumains qui avaient fait le voyage dans le bahut de rester faire le planton (et non le plancton, hé, baleine à bosse !).

Trois quart d’heure plus tard, un gyroptère de la police rom décollait, chargé de poulets roumanicains (pas mal hein, le croisement !). Ugo la ramena :

 

– s’il s’agit vrraiment du camion auquel nous pensons, ce serra une sacrrée  découverrte les mecs ! 

- Et nous, ça nous confirmera que, non seulement Brénius n’était pas bredin, mais qu’en plus tout c’tintouin risque plus d’nous envoyer directos chez les trépanés d’la cage à comprenette !  lança Yates.

 

Pile-poil une plombe pour faire le trajet ! Bellasi ne s était pas gouré. Ils étaient au bon endroit.

 Plusieurs barnums blancs étaient alignés en rang d’oignons le long d’une tranchée laissant entrevoir les mœllons d’une fondation très ancienne.

Une fois leur engin atterri, Ugo partit à la rencontre d’un gnace qu’il semblait connaître, car leur poignée de main fut chaleureuse. Puis, rapidement, le chef de la police entama les négociations avec le patron de la mission scientifique, qui l’écoutait avec attention.

 Cinq minutes plus tard, Ugo revenait le sourire aux lèvres. 

- C’est d’accorrd ! Nous aurrons la machine, mais pas avant ce soirrr, car ils sont en trrain d’extrrairre des pièces de grrande valeurr et ne peuvent, de ce fait, interromprre leurr trravail. Ils nous fourrnissent également la main-d’oeuvrre qui sait fairre fonctionner l’appareil ! 

- Super tout çà !  répondit Bob, du moment qu’ça nous permet d’prouver c’qu’on avance, on est pas aux pièces ! 

- je prréviens mes gars rrestés en plant qu’ils attendent l’arrivée des arrchéos en fin d’aprrès-midi. Y vont s’emmerrder un peu, mais le pokerr et la vodka vont les soutenirr dans cette éprreuve ! 

- j’vois qu’on a partout les mêmes façons de passer l’temps !  conclut Hann.

- Si ça vous tente, je peut vous servirr de guide dans la capitale  jusqu’à ce soirr !  leur proposa Ugo. 

- Pourquoi pas ? On en apprendrait p’têt un peu plus encore sur not’pote Vlad !  lâcha Yates.

Bellasi ouvrit des châsses grandes comme des assiettes creuses ! 

- J’ai-j’ai be-be-bien comprris ? Vous parrlez, TU parrles de Tepes ? Vlad Tepes ? C’est vot’pote ? Comment çà c’est vot’pote ? 

- C’est une très longue et ténébreuse histoire Ugo, mais j’crois qu’on a un peu d’temps pour t’la raconter jusqu’à Bucarest !  Et les poulardins yankees mirent le flic roumain au parfum, et ce, depuis le début ! 

- Non mais c’est dinguovitch ! Incrroyable ! Vous êtes sûrres de c’que vous m’dites ? 

- A 200% ma poule ! 

- merrde ! Donc, si j’ai bien tout capté, le second voleurr de rreliques était un biologiste qui a subtilisé le cadavrre de Tepes afin de rrécupérrer son matérriel génétique et le synthétiser pourr ensuite injecter le tout parr petites doses dans une sorrte de cocon humain en vue de lui rredonner la vie ! 

- t’as tout compris Youri !

- moi c’est Ugo ! 

- C’était façon d’parler ma poule ! Youri, Ugo, c’est tellement laid tous vos prénoms russkofs !

- Tu crrois p’têt qu’ Rrobert c’est mieux ? Moi ça m’fait penser à des nibarrs, mais comme t’es tout seul, c’est comme si une gisquette était borrgne côté nichons ! si hann n’était pas intervenu, les deux autres en seraient venus aux paluches ! 

-Calmos les mecs ! On est pas là pour s’bouffer la gueule ! On dirait des mômes, merde ! Allez, on va faire un tour en ville, boire un coup et si Ugo est sage, tonton Elvis lui f’ra montrer le joli cal’pin de Brénius !

 Yates se mit à gueuler :

-  Hein ! Tu l’as am’né avec toi ? mais t’es bargeot gamin ! Si tu l’paume on est marron !

 

- Cool papy ! j’l’ai pas perdu jusqu’ici, alors j’vois pas pourquoi ça changerait ! 

La tondeuse inversée de la maison poliskaïya les déposa aux portes de la capitale, non loin de la rue Lipscani, l’une des plus vieilles de Bucarest avec ses échoppes colorées, ses pavés et ses roumains tout en gueule. Leurs pas les conduisirent au bout de la rue, là où se dressent encore les vestiges de la Curtea Veche, la vieille cour, là où Vlad serait mort, sa forteresse, sa dernière demeure en quelque sorte, du moins, de son vivant. Un buste attira l’attention de Bob :

-viens voir fils ! dit-il à Elvis.

 Les deux poulemen s’approchèrent de la statue, suivis par Bellasi.

 Hann avait toujours sur lui le portrait esquissé par le crayonneux de la brigade. La ressemblance était bluffante !

- Ca c’est du coup d’crayon !  souffla Yates

- Tu vois, Ugo, c’est exactement à c’type là qu’j’ai causé y’a à peine quelques jours !  dit Hann.

- J’en rreviens toujourrs pas ! Qu’t’es pu parrlé à Vlad, un mec cané depuis plus de cinq siècles, ça m’trroue l’cul ! 

-  Bon, ben c’est pas tout çà mais moi, c’te p’tite prom’nade m’a donné soif, pas vous ?  beugla l’éternel déshydraté. 

- Bonne idée ma poule !

 les trois poulets allèrent poser leurs dargeots à la terrasse d’un rade à la déco folklorique.

-  Si vous perrmettez, je vais passer commande pourr vous !  s’empressa Ugo. Il hêla le loufiat qui était de quart et lui murmura un truc en roumanof. L’autre s’éclipsa et revint cinq broquilles plus tard avec trois verres remplis d’une mixture rouge sang ! 

-  A la vôtre ! s’exclama Bellasi en levant son godet, imité en cela par les flics yankees. Ceux-ci se zyeutèrent du coin de l’œil pour guetter les réactions du voisin. Hann goûta le prem’s !

 -  hum ! pas mauvais ! Vas-y Bob ! Tu m’en diras des nouvelles ! le sergent s’exécuta et reconnut les faits :

-  Ah ouais ! Ca s’laisse déguster c’machin Ugo, c’est quoi ? 

- Oh ! Juste du sang de cochon avec de l’ail et un peu de vodka ! On appelle çà un « cocktail Dracula » ! 

- Pouah ! Mais c’est dégueu c’truc !  hurla  Yates en crachant sur le trottoir.

Elvis, lui, souriait en loucedé car Bellasi lui avait envoyé un clin d’œil complice. Le capitaine roumain se mit à rire en se tapant sur les cuisses :

 Ha !-Ha !-Ha ! Mais non mon conneau, c’est juste du jus de tomate et du paprrika ! Y a aussi de la vodka, rrassurres-toi ! 

-Bordel ! Tu m’as eu ! son filleul lui jeta :

- tu vois, à force d’emmerder Lecouvaire, ça finit par te r’tomber d’ssus, j’te l’avais pas dit ? 

- Faudra qu’j’le r’fasse aux collègues quand on s’ra rentré c’tour là ! Trop fort Ugo, et sans rancune !

- Dis voir cap’taine, reprit Hann, on pourrait p’têt’ casser une graine laguche, non ?

- Bien sûrr, comme ça vous goûterrez  nos spécialités ! répondit l’officier.

 

Après un déjeuner plus que copieux, ils restèrent là à siroter quelques vodka-tomate une bonne partie de l’après-midi, tout en devisant de tout et de rien, histoire de se rafraîchir la citrouille. Bellasi demanda à Elvis, comme il avait été sage, à voir le précieux carnet de Brénius. Le sortant de la poche de son blouson, le lieutenant le tendit à Ugo. Celui ci le prit délicatement et inspecta la couverture revêtue du cercle et du dragon renversé.

- C’est bien l’emblême de la famille des Drraculesti ! il le rendit à Hann, désolé mais je ne lit pas l’anglais courremment !  le capitof bigla sa toquante.

-  j’voudrrai surrtout pas vous bousculer les filles, mais on d’vrrait y aller ! 

- on t’suit pou-poule ! 

 

Les poulardins refirent le chemin en sens inverse et retrouvèrent la berline qui les attendait sous un marronnier, Bellasi ayant laissé des consignes au chauffeur avant leur petite balade en frelon.

 L’ambiance était à la hausse à l’intérieur du véhicule. Une quantité non négligeable de vodka, malgré la tomate, ça chauffe la moelle ! Ugo leur racontait le genre de bavure qui se pratique au sein de la police roumaine, tandis que Yates lui narrait les tours de vache qu’il avait fait à Lecouvaire. Bellasi se tenait les côtes et se marrait jusqu’à suffocation, ressemblant à une chouette, la tête rentrée dans les épaules, le buste secoué de spasmes incontrôlables !

- Ouh ! Ouh ! Ouuuuh!Ouuuuuh ! 

 A l’arrière, Bob et Elvis n’en pouvaient plus car le spectacle que leur offrait Ugo valait bien toutes les blagues du monde.

 

 Lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit de leur macabre découverte,  le matos et les scientifiques étaient déjà à l’œuvre.

La fosse était relativement peu profonde et le toit du bahut apparut au bout d’un quart d’heure.

 Il fallut une poignée de plombes aux excavateurs pour dégager complètement le véhicule de sa gangue minérale.

Une fois la terre et les gravats retirés, il y avait suffisamment de place de chaque côté du sarcophage de tôle pour que deux hommes puissent descendre avec des filins d’acier et saucissonner le truck solidement.

Un bras mécanique put alors sortir l’engin et le déposer délicatement sur le sol. A première vue, les ravages du temps n’avaient pas eu d’emprise sur le camion, celui-ci, protégé par des tonnes de terre sablonneuse, était conservé tout comme une momie métallique.

 Les flics s’approchèrent de la cabine et virent les squelettes des deux hommes restés à l’intérieur, assis sur leurs sièges respectifs, et semblant attendre l’heure de la délivrance.

 Leur présence accorda encore plus de crédit au récit de Brénius !

-Avec çà, au moins, on pass’ra pas pour des cinoques !  déclara Yates.

Bellasi, sur la route du retour en avait profité pour convoquer la presse et les stations de tv et radios locales.

-Je sais que vous ne les aimez guèrre, mais là on ne pouvait fairre autrrement, c’est trrop, trrop, TRROP ! 

Quand les journaleux débaroulèrent, Ugo tempéra leurs ardeurs en leur faisant d’entrée une déclaration. Hann et Bob ne comprenaient que dalle, à part, de temps en temps, quelques mots légèrement plus compréhensibles que d’autres comme « flickofs », « américanovski », « Los Angeleskaïa » ou encore « macchabov ».

 L’un des reporters aperçut les yankees et se précipita vers eux :

- messieurs s’il vous plaît ! Pourriez-vous nous dirre quelques mots surr cette incrroyable affairre et d’où prroviennent vos sourrces ?! 

- Nous sommes désolés, mais pour l’instant les résultats de l’enquête restent confidentiels. Cette découverte ne représente que la partie visible de l’iceberg. Les investigations menées conjointement par les polices roumaines et américaines n’en sont qu’à leurs prémices et dès que tout celà sera résolu, nous vous en tiendrons informés ! 

- Et quelles sont les rrelations que vous entrretenez avec vos homologues roumains?

- Je les qualifierai d’excellentes ! Le capitaine Bellasi est un officier hors pair, qui fait honneur à son métier et à son pays. D’ailleurs, le mérite de cette découverte lui revient en partie !

  Ugo le salua en s’inclinant, un  sourire venant illuminer sa tronche rondouillarde. Il était fier le rom, fier grâce à ses potes amerloques, d’être enfin entré dans la cour des grands flics, et par la porte principale !

 

- Dis-voir ma poule, avec un coup d’pouce comme celui que vient d’te filer Elvis, t’es bon pour une prromotion !  lui balança Bob tout jouasse !

- Sûrre ! Surrtout qu’ici, les médias ont une place prrépondérrante au sein de la population et surrtout des gouverrnants de ce pays. Demain je suis une starr !

  Yates, qui n’en rate jamais une dès qu’il s’agit de s’humecter le gosier, aboya :

- ben ça s’arrose mon poulet ! 

- OK !  approuva le capitaine.

En s’adressant aux deux matuches à la fois :

 - je pense que maint’nant vous souhaitez rregagner votrre hôtel ?  Hann et Yates firent oui de la tête, comme deux clébards en feutrine sur la plage arrière d’une chignole !

- Nous fêterrons notrre victoirre là-bas ! Vous êtes mes invités ! 

- gracias Ugo, mais faudrait pas qu’on s’couche trop tard car nous reprenons l’avion demain matin ! 

-Quoi ! Vous vous tirrez déjà ? On a même pas eu l’temps d’fairre connaissance !

 -Vue qu’on a trouvé c’qu’on était v’nu vérifier, y faut qu’on aille faire not’ rapport ! On r’viendra cap’taine, t’inquiètes ! Mieux ! La prochaine fois c’est tézigue qui s’pointe chez nous ! 

-J’accepte l’invitation ! Ca fait pas mal de temps que j’envisageait de fairre  un p’tit voyage dans votrre grrand pays, et maintenant je n’aurrai aucune excuse de ne pas le fairre, c’pas ? 

 ils se serrèrent les louches et la photo, qui immortalisa l’instant, fit la une de la presse rom du lendemain et, en particulier, du Bucarest-Times, canard à fort tirage (pratique pour allumer la cheminée, comme disait Coluche !) et lu par les trois quarts de la population, y compris la nomenklatura roumaine.

De plus, l’événement était retransmis en direct sur toutes les chaînes de télévision en même temps !

 

FLASH SPECIAL ! - Nous interrompons nos progrrammes carr là nouvelle vient de tomber surr nos téléscrripteurrs ! Une enquête conjointe, menée parr les polices rroumaines et amérricaines, a permis de rretrouver le camion qui, en 1971, avait mystérrieusement disparru, et qui aurrait trransporrté la dépouille de Vlad Tepes !

 Notrre envoyée spéciale, Lulu Tuladanlcu va nous en dire un peu plus, écoutons la !

 

 Les images qui apparaissaient sur les écrans montraient les trois flics accaparés par les gaveurs de canards ainsi qu’une vue plongeante du camion et du chantier de fouilles.

 Du jour au lendemain, Ugo allait devenir la personnalité la plus courtisée par les médias, le propulsant au rang des big peoples !

 Pour l’heure, c’était la fiesta au Ramada Majestic. Quand les trois matuches débarquèrent dans le hall, ils furent salués par une salve d’applaudissements émanant des clients mais aussi du personnel de l’hôtel. Une table leur avait été réservée et le directeur de l’établissement en personne leur déclara que le dîner leur était offert et qu’ils pouvaient commander ce qui leur ferait plaisir !

- Tu vois Elvis, çà commence ! dit Ugo. 

-J’suis content pour toi  mon pote, et en plus c’est toujours çà d’gagné ! 

 Le repas fût aussi copieux que délicieux et abondement arrosé, comme il se doit, de vins roumains parmi les plus réputés. Hann, s’adressant à Bob :

- tu m’fais penser qu’j’en achète une caisse d’main avant qu’on décolle ? 

- Yes ma couille ! Pas d’blème ! 

 Le dîner terminé, les frères pouleman prirent congé de Bellasi en lui faisant l’accolade à l’amerloque : serrage de torse et claques dans le dos ! 

 

- Vous allez m’manquer les mecs, on forrmait une bonne équipe, fine surrtout !  dit-il en souriant. Elvis lui répondit :

- si un jour t’as b’soin d’nous, n’hésites pas, on s’ra toujours là pour un pote !  et Bob d’ajouter :

-c’est pas un putain d’océan d’merde qui va nous en empêcher !

Ugo les remercia, émut, puis tourna les talons.

- L’est trop sympa c’mec !  dit le sergent.

 - Ouaip ma poule ! mais maint’nant c’est l’heure d’aller s’glisser dans les plumes !

- Ah ouais ! C’est vrai qu’demain t’as ta séance de gym sexuelle avec miss ketchup dans les gogues du zingue ! 

 

A 9 h le lendemain, une limousine à huit portes vint les chercher au pied de l’hôtel.

 - On dira c’qu’on voudra, mais sur l’plan accueil, y sont irréprochables les roms ! s’écria Bob.

 Lorsqu’ils montèrent dans le carrosse, ils eurent la bonne surprise de voir Ugo, en uniforme, encadré par deux gisquettes haut de gamme ! 

- C’est ton costard de cap’taine ?  lui demanda Yates.

- Non messieurs ! Vous avez devant vous le nouveau commandant en chef des forrces de police de « TOUTE » la Rroumanie ! 

- Eh ben dis-donc, ça traîne pas les promotions chez vous ! 

-L orsque je vous ai quitté hierr soirr, un véhicule du gouverrnement m’attendait et m’a conduit au ministèrre de l’intérrieurr. Le ministrre en perrsonne m’a félicité pourr cette action « rrrelevant d’un haut fait ayant perrrmit de fairre la lumièrrre sur une affairre délicate et enfin élucidée, et contrribuant par la même, au devoirr de mémoirre enverrs un hérros national ! 

- comment çà ?  questionna Hann . 

- Ben j’dois vous avouer qu’j’ai un peu parrlé de Vlad aux médias hierr ! 

- Bah ! On t’en veut pas ma poule, après tout, c’est un compatriote à vous, et d’après c’qu’on a crut piger, il a pas mal morflé sur l’plan costard en ragots ! 

- Aujourd’hui le voïévode rréside chez vous mes amis ! Peut-êtrre, lorsqu’il en aura terrminé avec son grrand nettoyage de prrintemps, rreviendrra t-il séjourrné chez lui, ici, dans sa patrrie !

- Si c’est l’cas vous allez avoir du taf les mecs ! Il y va pas avec le dos du sucrier ! s’exclama Bob.

- Bah ! Nous connaissons le bonhomme, on l’laissera fairre, ça nous f’rra du boulot en moins ! Aprrès tout, si les trruands veulent morrfler, c’est eux qu’ça r’garrde ! En attendant c’est chez vous qu’y met l’tawa ! 

- Pour le moment… Pour le moment !  répéta Elvis rêveur, j’te rappelles qu’il a d’jà fait l’voyage d’icigo aux states avec la ceinture, au tout premier essai effectué par sa nourrice en peau d’merdeux ! 

- Le môme Stepl ? merde j’avais d’jà oublié cette connerie d’ceinture! s’exclama Yates !

- Ca va être à nous d’le localiser sur not’territoire et de tout faire pour le neutraliser sur place ! 

- On pourrait n’empêche ! 

- Hein ? 

- Ben ouais ! Si nous aussi on avait des ceintures à téléprostration !  grogna Bob. 

- T’es génial pépère ! 

- Pourquoi ? 

- Réfléchis deux s’condes ma poule, si les vikings ont su pondre un engin pareil, et si y z’ont pas paumé les plans, y peuvent en r’faire une autre, voire deux, tu piges ? 

- Euh ! Tu crois qu’y nous les prêteraient ? 

 

- Suffit d’leur d’mander gentiment ! 

- Ouais ! Ca coûte rien, à part un r’fus !

- C’que j’aime chez toi, c’est ton côté optimiste Bob ! 

-Quand on s’ra rentré, j’foncerai voir Mike pour qu’il nous négocie çà avec la scientos danoise, Ella Parkinson. Il arriv’ra p’têt à nous avoir les bécanes !

 

 La limousine les conduisit jusqu’à l’aéroport de Bucarest. En guise d’au revoir, Ugo leur fit présent de deux caisses de picrate, le même que celui de l’hôtel !

- Ben ma caille, ça a dû t’couter bonbon ?! 

- Que dalle mon pote ! C’est offerrt parr le gouverrnement en rremerrciement du trravail accomplit ! Vous pouvez passer la douane sans crrainte, vous êtes des héros vous aussi maintenant ! Et çà, c’est pourr toi Bob ! il mit dans la poche de Yates la recette du cocktail Dracula !

- Hé ben tu r’mecieras ces messieurs d’not’ part également, comme ça on s’ra quitte !

 Les trois flicofs se bécotèrent le museau, et Hann ainsi que Bob montèrent dans le piaf en ferraille.

 

 Le beau gosse fût déçu de ne pas apercevoir la môme turlute parmi les membres du personnel navigant. Ses craintes se dissipèrent quand elle apparut du fond de l’appareil avec un joli tablier de cuisinière !

 - Salut mon chou ! Désolée mais j’suis d’popotte, c’est moi qui fait chauffer les plateaux repas aujourd’hui !

-Hi ! J’ai faillit mourir de n’pas t’voir ma belle ! Et qu’est-ce que tu nous mitonnes de bon ?

-Langue sauce piquante !

 Elvis se tournant vers Bob :

-j’confirme, c’te p’tite langue là, elle est very hot !

Et pan, v’là la tomate qui s’empourpre ! Elle retourna fissa-fissa vers la cuisine en essayant de ne pas se faire voir des autres passagers.

 

 Comme à l’aller, le vol fût ponctué d’une pause charcuterie avec dégustation d’andouillette du Tyrol. Avant de descendre du coucou, Hann glissa sa carte de visite dans la fouille de sa nouvelle conquête avec un «  à bientôt ! » qui voulait dire « ça va chauffer pour ton p’tit cul ! ».

 

 Une fois débarqués, les poulardins prirent un taxi qui déposa Yates en premier devant chez lui, puis fila en direction  de la Ciénaga.

 

 Elvis, rendu dans sa forteresse de solitude, prit une douche, se changea, récupéra les clés de sa cariole et fonça voir Mike.

Hudson était jouasse de revoir son pote :

-hey touriste ! Alors c’voyage ! c’était comment ? 

Hann lui fit un rapport détaillé de leurs aventures transylvaines.

 - j’te jure, Mike, on aurait un mec de la trempe de Bellasi à la tête du LAPD, crois-moi qu’y’aurait un peu plus d’résultats c’est sûre !

-Ben si tu l’dis !

-C’que j’dis et c’qui m’amène vers toi c’est : est-ce que tu peux contacter Ella Parkinson ?

 - j’pense que c’est dans mes cordes, pourquoi ?

- J’aimerai savoir si y z’auraient la possibilité de re-fabriquer deux ceintures comme celle qu’y s’sont fait piquer !

- pourquoi deux ?

 

- une pour mézigue, l’aut’pour Bob ! 

- Quoi ! Vous voulez voyager gratos vozigues ? 

- Nan, c’est pas pour çà, mais on s’est dit avec pépère, qu’ça nous s’rait p’têt plus facile de cavaler au cul d’Dracula avec ces trucs et qu’on pourrait plus vite le coincer par la même occase !

- Pas con comme logique ! Attends-moi ici, j’vais voir si j’peut joindre Miss Parkinson, comme ça on s’ra fixé !

-D’acc, j’t’attend ! et Mike partit dans un autre labo pour téléphoner à la danoise.

Il revint au bout de dix broquilles, le temps qu’il fallut à Hann pour griller deux PS ! 

- Alors ? le questionna Elvis. 

- Géniale ! Cette nana est tout bonn’ment géniale ! 

- Mais encore ! 

-Non seul’ment elle m’a apprit que la fabrication de la ceinture se faisait maint’nant en série, mais qu’en plus, car il y a un plus, la dite ceinture ne fait pas que te transporter d’un point A à un point B, non mon loulou, le bonus c’est qu’tu peux aller où tu veux, y compris  dans l’passé ! Et l’retour est compris dans l’billet ! C’est pas top-mou-moute çà ? 

Hann le dévisageait en souriant, Hudson donnait l’impression d’être un gamin devant les jouets de son premier Noël. Il était excité comme une puce sur le dos d’un clebs en train de baiser.

- J’comprend mieux pour le parchemin, les bottes et l’épée ! dit-il, Vlad a dû r’tourner dans son époque afin d’récupérer ses affaires. Doit être un peu fétichiste le gonze !

- Ella est prête à nous faire cadeau d’une paire de serre-futal dernier cri ! 

- En échange de quoi ? 

- Ben disons qu’au bigo elle me trouve sympa, si tu vois c’quej’veut dire ! 

- J’parie qu’c’est toi l’commissionnaire ! 

-Bingo Gonzo ! 

- Bien joué ! Ou comment joindre l’utile à l’agréable ! 

- J’pense qu’y t’faudrait çà l’plus rapid’ment possible ?

-  le plus tôt s’rait l’mieux, ouais ! 

- OK ! J’réserve mes billets d’planeur et j’te tiens au courant ! 

- Thanks man ! Bon voyage et à bientôt !

 

 De retour dans sa garçonnière, Elvis appella son parrain. 

- Allo ! Don Roberto ? C’est bibi ! j’te dérange pas ?

- A peine ! Ton coup d’grelot a fait peur à Peggy ! 

- Désolé !

- Tu peux l’être ! J’suis coinçaga dans mémère ! Ses muscles se sont contractés autour eud’popol et du coup on est là comme deux cons d’clébards l’un derrière l’autre ! Tu parles d’un cirque ! Faudrait qu’tu viennes nous décoller à coup d’seau d’eau ! 

- Naaaaan ! Faut qu’tu détendes madame donut pour qu’elle relâche la pression ! J’sais pas moi, racontes-lui un truc marrant ! 

- T’as une blague sous l’coude toi ? Passe que j’t’avoue qu’là j’ai pas tel’ment la tronche à la déconne ! 

- Comme ça, tout d’suite non, mais essais d’lui raconter c’que t’as fait à Lecouvaire l’aut’jour, en principe çà fait marrer tout l’monde !

- Ouais ! Bonne idée ! J’te rappelles si ça marche ! et Yates raccrocha.

 

Le lieutenant, déconcerté par ce qui venait de se passer, ne savait même plus pourquoi il appellait Bob. Il alluma une clope en se marrant et s’avança vers la fenêtre du salon.

  Dehors il faisait un temps superbe, chaud, avec un ciel sans nuage. Des joggeuses descendaient le boulevard à petites foulées. Elles aperçurent Elvis et lui adressèrent un signe de la main auquel il répondit de la même manière. Ce qui valut à l’une d’entre-elles de se manger un poteau en pleine gueule !

 

 Malgré les événements de ces derniers jours, rien ne semblait avoir bouleversé les habitudes des angelinos. Même les truands se tenaient à carreau. Le taux de criminalité était descendu en flèche dès l’annonce de la disparition des deux mafieux les plus importants de L.A. Le bigophone tinta ! 

- Elvis ? Ca a marché ton truc ! Non seul’ment on est décoincé, mais en plus Peggy en a pissé sur la moquette ! J’crois qu’c’t’histoire va rentrer dans les anneaux ! 

- Dans les annales ma poule, dans les annales ! 

-Quoi ?! Dans l’cul ? Mais t’es ouf mon gamin ! j’vient juste de m’sortir d’affaire, c’est pas pour aller m’embourber dans l’œil de bronze ! 

- Laisses tomber Bob, j’te f’rai un dessin ! Au fait ! Tout à l’heure j’t’appellai pour t’annoncer une bonne nouvelle ! 

-  Ah ouais ? Et c’est quoi t’esse que? 

- Mike va nous chercher deux ceintures au Danemark ! 

-  C’est vrai ? Chouette ! On va pouvoir alpaguer l’cosaque avec ces outils ! 

- J’espère bien ma couille, j’espère bien ! 

 

Dans la soirée, Elvis décida d’emmener Bob faire la tournée des grands ducs (pas les piafs, les bourges !). Resto, cabaret de stand-up et pour finir, le Star Strip, l’un des temples du strip-tease sur La Ciénaga.

 Il devait être une heure et demi du mat’ quand, tout-à-coup, trois coups de feu retentirent dans la boîte à effeuilleuses ! Tout le monde se jeta à terre, Hann ne fut pas en reste pendant que Yates, tranquillement, dégainait son bigo ! 

- Allo ?! Ouais ! Où çà ? Ok, on y go !  Il raccrocha.

- Ben, qu’est-ce tu fous sous la table mon pote ?

-J’fait comme les autres ducon ! J’planque mon derche ! Tu pourrais pas changer la sonnerie d’ton portable ? Non, passe que là c’est panique générale !

Bob regarda, ahuri, autour de lui les clients de la boîte qui sortaient les uns après les autres de leurs abris de fortune. Les filles, quant à elles, s’étaient envolées en coulisses, à poil pour la plupart !

- Joli tableau d’chasse bonhomme !  dit Hann , reus’ment qu’y’avait pas d’cardiaque parmi l’assistance publique sinon t’étais bon pour les bœufs-carottes tézigue ! 

- J’trouvais çà marrant moi ! OK ! C’est bon ! J’vais en changer d’sonnerie ! 

- T’as intérêt, ou la prochaine fois, j’te l’bouzille ton bigo Charlot ! Au fait, c’était quoi l’appel ? 

- On a encore un homicide sur l’paltot, mais là on va pouvoir s’amuser un brin ! 

- Comment çà ? 

- C’t’à Disneyland ! 

 

 

 

 

Bon, ben pendant qu’les deux perdreaux vont taquiner la souris, moi j’vais m’daisy-drater la gargane !

-Hey ! Ron ! T’os’rais picoler sans mézigue ?

-Tiens ! Bob l’éponge ! Avec tout c’que j’te fait descendre dans l’bouquin, m’dis pas qu’t’as encore soif ?!

 

-Oh, j’vois c’que c’est ! Môôssieur garde tout pour lui ! Môôssieur s’la joue tout pour ma gueule ! S’pèce de rat !

- Ok ! V’là un godet. Mais n’y r’viens pas d’ssi tôt ou j’te fait crever d’une six roses !

- Ah ! D’hab’ c’est quat’, mais là faut êt’ connaisseur !

Hann and Yates L.A. cops

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