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Bienvenue sur le blog des deux flics les plus déjantés de Los Angeles !
Vous trouverez ici le premier chapitre de leurs aventures.
Si vous souhaitez lire la suite, laissez-moi un message !

Texte Libre

chapitre VIII

                            CHAPITRE   VIII


               On vous d’mande au  15ème                                                           

 

 

Après avoir rassuré le petit peuple de la nuit, les branquignols prirent la direction du parc à thème. Ils purent entrer sans problème avec leur caisse jusqu’au site de la maison hantée !

-L’a bien choisit son endroit l’père tu-tues ! Si tu zigouilles pas ta proie à coup d’infractrus, tu l’termines avec un silencieux ou une bonne lame, vue le boucan qu’y’a là-d’dans, t’es peinard Lothar ! déclara Bob.

 

Les matuches montèrent dans l’un des wagons du manège. Celui-ci se mit en mouvement et commença à entamer le parcours du « grand frisson » ! Au bas d’une petite pente, l’engin stoppa. Les flics descendirent du wagonnet et avancèrent parmi les créatures fantomatiques de l’attraction, aidés de torches éléctriques, l’obscurité étant maîtresse des lieux.

Lorsqu’ils trouvèrent la victime, Bob, pourtant rompu à toutes sortes d’atrocités, ne put retenir le contenu de son estomac et déposa une gerbe à la mémoire des peaux de renards.

 La victime était coupée en deux, à hauteur de l’abdomen. Le tronc était fixé aux éléments du décor par des cordes, liées autour des poignets puis nouées autour de grilles factices. Une bonne partie des intestins gisait par terre dans un lac de sang, le reste étant retenu par un cordon d’environ un mètre cinquante reliant le macchab au sol. L’autre moitié du supplicié pendait à l’envers, ligotée aux chevilles. 

- Au moins on connaît l’coupable ! dit Elvis, c’est bien dans sa façon d’procéder ! 

- C’est d’plus en plus crade ! beugla l’irlandais en s’essuyant les lèvres,  il a pas d’estom c’mec ! 

- Si ! Et plutôt bien accroché, lui ! répondit le lieutenant.

 

Un inspecteur vint leur faire un rapport succinct. 

- le cadavre a été trouvé par l’un des employés du manège chargé de la maintenance. Il a d’abord cru entendre des hurlements, mais il a pensé qu’un technicien faisait des réglages de son pour le lendemain. Donc, avant de se rendre à cet endroit, il est passé par la cabine de contrôle, et comme il n’y avait personne, il est revenu jusqu’ici et a découvert le spectacle !

- Tu parles d’un show, brother !  s’exclama Bob, c’est la louchebèm academy ! Et à mon avis, pour l’instant c’est lui l’meilleur des candidats ! 

 

Dans la pénombre, il sembla à Hann que quelque chose clochait dans le décor.

 Les animatroniques étaient désactivés, pourtant il était quasiment sûr que celui qui se trouvait à la droite du macchabée, un mannequin spectral, avait bougé, imperceptiblement, mais l’œil d’épervier du lieutenant avait capté cet infime mouvement. Elvis tapota l’épaule de Yates : 

– fermes-la et fais comme si de rien était, Vlad est ici !

- Hein ! Où çà ? 

- Chhuut ! Fais comme si tu cherchais un truc et bigle en direction du cané, légèr’ment à droite, le spectre qu’tu verras, j’crois bien qu’c’est lui ! Bob suivit les conseils de son filleul,  s’exécuta et revint vers Hann ! 

- T’as raison, c’est bien c’t’enflure ! Qu’est-ce qu’on fait-esse ?

- Rien ! Tant qu’on est pas équipé comme cézigue on s’ra fait marron à chaque fois !

 

Le valaque épiait le moindre de leur mouvement et souriait de les voir ainsi se triturer les méninges. Quand il estima ne plus s’amuser, il appuya sur l’un des boutons de la ceinture et…Tchao bello ! Yates prit l’initiative :

- y suffirait qu’on détourne son attention afin d’le prendre à revers ! 

- Pas la peine ! lui répondit son filleul,  y s’est cassé ! 

- Oh merde ! 

- Et ouais, j’te l’avais dit ma couille, pour l’instant y’s’fout d’not’gueule ! Pour l’instant! 

 

JNB fit son apparition au milieu de la fourmilière à pou-poules :

- bien l’bonjour messieurs ! Alors ! On a encore été servi côté grand-guignol ? Hum ? 

-Cà va t’plaire James, c’t’encore une nouvelle façon d’trucider, mais accroche-toi, ça craint !

Bottom toisa le sergent du regard ! 

- Eh ! L’irish-yankee ! Tu m’prends pour une gonzesse ou quoi ? Au fait ! En parlant d’chochotte, ce s’rait pas à toi la peau d’renard qui traîne là-bas ? Hum ? Bob préféra s’éclipser en loucedé, ne voulant pas alimenter le moulin à fiel du toubib.

-Bien, bien, bien ! Qu’avons-nous donc là ?! Oh ! C’est étonnant ! 

- Quoi donc ?  lui demanda Elvis

- Et bien c’est la première fois qu’le tour d’la femme coupée en deux foire ! 

- Une femme ?! 

-Regardes lieutenant, elle a certes très peu de poitrine, mais nous sommes bien en présence d’un spécimen d’homo sapiens femelle !

Hann orienta le faisceau de sa lampe sur le demi-corps. Effectivement, « LA » victime était bien une gisquette !

- Ca aurait dû t’sauter aux gobilles mon loulou, surtout au niveau de la seconde partie ! Tu vois ? Là, entre les guiboles, même à l’envers, c’est très net ! Poil à la reinette !

-  Tu sais, on a pas trop eu l’envie d’y r’garder d’plus près ! 

- J’vous comprend bande de p’tites natures ! Ha ! Ha !

- T’as d’la chance d’êt’vieux doc, sinon j’t’aurai fait voir si j’étais une p’tite nature !

- Trève de baliverne gamin ! Cette fois on va pouvoir récupérer les empreintes de salsifis d’la meuf, vue que, primo elle a encore ses mains, et secundo, j’vais m’faire chier à lui desserrer les poings ! 

- Elle avait d’quoi êt’crispée tu crois pas ? 

- Evidemment, mais elle aurait pu penser à mézigue !

- Elle te connaissait même pas l’ancêtre ! 

-L’ancêtre vous emmerde jeune blanc-bec !  rétorqua JN en baissant la tête afin de fixer Hann dans les yeux.

 

Quand Bottom employait le vouvoiement, cela voulait dire qu’il avait été piqué au vif !

- T’excites pas doc ! C’était pour rire ! 

- J’suis positiv’ment mort de rire !  répondit le toubib sur un ton qui prouvait le contraire.

- J’peut faire enl’ver l’corps maint’nant ? demanda le légiste.

- Yes ! Tu peux ! 

- Alors en route ! Qu’on laisse la place aux gens du CSI ! 

 

Les assistants du doc détachèrent les quartiers de viande froide avec précaution et les emballèrent dans des sacs mortuaires. Puis, toute la troupe du L.A. County Coroner prit le chemin de la sortie.

 Moins de dix broquilles plus tard, c’était au tour d’Hudson & friends d’investir la zone de crime, mais sans Mike, partit conquérir une partie du Danemark. Son remplaçant vint saluer Hann et Bob : 

- Salut ! Denté ! Patal Denté ! J’remplace Hudson pendant son absence ! 

- Salut ! S’cuses, mais c’est pas commun ton blaze ! 

- Non ! J’suis italien par ma mère et hindou par un copain du côté d’mon dab !

- T’es un ritalou quoi !  trancha Yates.

- On peut dire çà ! Bon ! J’me met au taf, à plus ! 

- A plus Pat-à-dent !  conclut Yates avant d’ajouter, on est servit entre les roms et les ritalous, y z’ont d’ces noms à coucher dehors avec un ticket d’rang’ment ! 

- D’log’ment ma couille !  soupira Elvis.

- Ouais ben font chier ! Nous les ricains on s’emmerde pas la vie avec des noms à la con ! White, Brown, Green, çà au moins, ça annonce la couleur, non ?! 

- Ta raison mon poulot !  Hann semblait désespéré par le cas de son parrain. 

- Ca t’dirait d’aller respirer l’iode ?  demanda-t’il au courroucé. 

- Ouais ! j’crois qu’ça m’frait du bien aux naseaux passe que l’odeur de tripaille c’est pas c’qu’y’a d’plus fashion !

-  Tu l’as dit bout-filtre ! et tout en disant celà , Hann alluma une tige signée PS. 

- Fais gaffes, fils ! Ca fout l’crabe dans les éponges c’truc ! J’voudrai pas qu’tu chopes c’te merde ! 

- Bah ! Claquer d’çà ou d’aut’ chose, j’vois pas où est la différence ! 

- L’aut’chose comme tu dis, c’est pas forcément toi qui la choisit ! Que l’big C tu l’invites à s’installer dans tes intérieurs ! 

- T’as raison, va falloir qu’j’arrive à décrocher un d’ces quat’ ! 

- J’ai une idée ! Chaque fois que j’te verrai sortir un clopo, j’fais sonner mon bigo ! 

- Aaah non ! T’es pas un peu ouf ?!

-Ben au moins, plus ça va t’gonfler, plus vite t’arrêt’ras !

 Elvis fusilla son parrain du regard.

- Tu m’fais même pas peur, gamin !

- OK ! Ca marche, mais préviens les collègues de la brigade, qui s’mettent pas à défourailler comme des malades ! 

- J’sais pas, p’têt’ ! M’plairait ben, moi que Lecouvaire s’prenne une bastos égarée ! ironisa pépère.

- Une balle perdue ! soupira Elvis.

 

Suite à cette brève discussion, la balade qu’ils firent jusqu’au yacht harbor, les fit décompresser un chouille. Ils allèrent poser leurs valseurs sur le sable de la plage, face au grand bleu, tout en écoutant le doux clapotis des vagues. De la poche intérieure de sa veste, Yates sortit une flasque remplie de whisky qu’il tendit à son presque fils, celui-ci la portant à ses lèvres :

- la vache ! Ca fait du bien ! 

- Sûr ! On l’a pas volée celle-là ! 

- C’midi tu bouffes chez mézigue ! J’te f’rai un bœuf bourguignon ! 

- kézako ?

- Une recette française que m’a apprise la cuisinière qui nous f’sait la tore-tore à moi et à mes vieux. Un sacré cordon bleu ! Elle avait fait ses classes en France, passé un diplôme de chef de cuisine, une merveille mon pote ! 

- T’as d’ses nouvelles d’puis qu’t’as vendu ?

- Elle est défunte hélas !

- Ah ! Excuses !

- pas grave ! 

- Et d’quoi qu’elle est trépassée ? 

-  Elle est morte étouffée par un soufflé ! 

- Ouais, c’est con ! 

-Hum ! Elle s’est gourée d’ingrédient dans la préparation. L’a mis un truc qui gonfle à r’tardement, si bien qu’ça a doublé d’volume une fois absorbé. Et comme elle en avait un morceau d’coincé dans la gargane… 

-Pet à son âme !  déclara le sergent en lançant les hostilités avec son prose.

 

Les poulardins entamèrent un concert pour flatulences et pets gras qu’on aurait pas renié du côté des Gourdiflots. ( t’as l’bonjour de la denréeuh !)

L’air autour d’eux étant suffisamment chargé en gaz, et avant qu’une explosion ne vienne contrarier leurs projets, ils levèrent le camp et regagnèrent le parking. Ils approchaient de la chignole d’Elvis lorsqu’un grand type, fonçant droit sur eux, bouscula Hann d’un coup d’épaule ! 

-Hey ! Vous pourriez vous excuser, non ?!

L’autre, vêtu d’un manteau trois-quarts à capuche, s’arrêta, se retourna et fixa le flic de son regard noir ! 

- Veuillez m’excuser, lieutenant ! 

-Bob ! Fais gaffe ! C’est Vlad ! 

- Quoi ! C’est c’t’empaffé ? Putain ! J’arrive pas à chopper mon feu, merde ! 

- Allons, messieurs, nous sommes entre gens civilisés, non ?  reprit le prince.

- Civilisé mon cul !  rétorqua Yates, on trucide pas les citoyens nous ! 

- Voyons, je ne fais que rendre justice en vous débarrassant des rats qui encombrent vos rues, vous devriez m’en être d’avantage reconnaissants ! 

- N’importe quoi ! Alors passe que môssieur l’valaque rendait la justice à sa manière dans son époque de merde, y croit qu’c’est pareil aujourd’hui ! Que nenni mon prince ! Y’a des lois maint’nant, et qui sont faites pour être respectées, on fait plus c’qu’on veut ! Fini ! Basta ! gueula Bob.

- Quel dommage !  répondit Vlad d’un ton désinvolte,  si vous utilisiez mes méthodes, tous les mécréants, les voleurs et coupe-jarrets, disparaîtraient de votre merveilleuse cité, disons d’une façon radicale, certes, mais définitive !

-Ouais, ben en attendant c’est comme ça et pas autrement ! 

 

Le sergent, entre-temps, avait récupéré son flingue et mettait le grand méchant rom en joue. Elvis, lui, écoutait le discours du roumain les bras croisés.

- Et toi tu dis rien ? Tranquille, relax ! Tu t’rappelles qui c’est qu’est en face de nozigues au moins ? gueula Yates à Hann. Celui-ci, soufflant, répliqua :

- j’vais pas t’répéter toutes les trentes secondes qu’on peut rien fout’ à cause de c’qu’il a autour du bide, non ?! Ouvres un peu tes cages à miel Winnie ! 

- Ah merde ! J’me souvient jamais d’cette connerie !

 

 En désespoir de cause, le sergent remisa son tu-tues dans son holster. Elvis interpella le prince :

-profites du peu de temps qu’il te reste à vivre ton altesse, car dès que j’en aurai l’occasion j’te ré-éxpédirai en enfer !

 Le valaque émit un rire guttural et sonore puis, s’évanouit dans la nuit !

- Punaise ! L’a peur de rien c’mec !  rugit Bob, v’nir défier la crème des poulets, comme ça, les paluches dans les fouilles en f’sant çui qu’est cool ! Ma parole y nous snobe l’enfoiré ! 

- Calmos ma poule, y perd rien pour attendre !

 

Leurs culs de flics calés dans les sièges de la caisse au beau gosse, Bob et Hann récupéraient de leur altercation avec Dracula.

- Chez lui et à son époque y d’vait en imposer pépère. Les gnaces qui s’présentaient d’vant lui d’vaient chier dans leurs braies avant qu’il est ouvert sa gueule ! 

- Sûr ! J’t’avoue qu’même si j’ai l’air de rien d’vant cézigue, intérieur’ment y m’fout l’traczir l’bonhomme ! 

- Ca t’dirait qu’on aille chez moi plutôt qu’chez tézigue pour grailler ? proposa Yates.

- S’tu veux ! 

-  Super ! J’appelle Peggy qu’elle nous prépare un en-cas vite fait !

- Tu vas pas la réveiller ? 

- Non ! Elle est insomniaque! Pour çà aussi qu’j’veut pas vivre avec ! Dans les débuts qu’on s’connaissait, une nuit, elle s’est mise à taper la discute toute seule, pour s’tenir compagnie. Sans s’en rend’compte elle a monté l’son ! 

- Et alors ? 

-Ben ça m’a réveillé en sursaut et comme j’dors avec le tonfa planqué sous l’oreiller, j’y’en ai foutu un grand coup sur la tronche ! C’te fois là elle a roupillé pendant douze heures d’affilées ! Le lend’main matin elle m’a avoué s’souv’nir de nada, mais par contre, elle était toute étonnée, ça f’sait vingt cinq ans qu’elle avait pas pioncé ça comme !

 

Et voilà les deux compères en route pour un frichti à l’impromptu.

 

 Peggy arborait une cinquantaine resplendissante. Dame nature l’avait doté d’appâts généreux qui avaient rendu Bob, dès leur première rencontre, aussi dingue que le loup de Tex Avery. Elle était tombée sous le charme d’Elvis, mais le considérait, avant tout, comme son beau-fils plutôt que comme un bon coup. Quoique ! Elle avait essayé une fois, mais le lieutenant avait tenu bon :

- écoutes, Peggy, j’t’aime bien mais… 

- mais ? 

- le mais, c’est que j’piqu’rai jamais la femme d’un pote! Bob, j’lui doit c’que j’suis et lui faire une salop’rie pareille s’rait on ne peut plus dégueulasse ! Tu piges ? Tu m’en veux pas ? 

- Bien sûr que non mon grand, j’te comprend, et j’m’en veux d’avoir essayé ! C’est d’sa faute aussi ! Y m’a dit qu’t’étais plutôt bien membré, alors j’me suis dit qu’un p’tit coup d’œil, comme ça, vite fait, ça f’sait d’mal à personne !

- Juste un coup d’œil ? 

-Promis !

Hann fit choir son falzar sur ses chevilles. Peggy ouvrit des gobilles grosses comme des yeux de calmar et tomba dans les pommes ! Elvis se rajusta et aida madame pamoison à revenir sur terre.

- Hé ben mon gars, t’as beau êt’ prév’nue, ça fait un choc ! De dieu ! Tu parles d’un sauciflard ! Ca t’gêne pas pour marcher ? 

- Ni pour marcher, ni pour courir m’dame !

 

Depuis ce temps là, Peggy n’appelait plus Elvis que par le surnom de « poulon », contraction de poulet et d’étalon.

 

 Pour en revenir à des plaisirs un peu plus terrestres, mais certes moins jouissifs, la divine leur avait mitonné un chili de sa façon que Yates appréçiait à nul autre.

- Alors? Vous en êtes où d’vot’enquête les gars ?

- Cà bouge pas mal en c’moment. Au début c’est vrai qu’on savait pas trop où ça allait nous m’ner, mais maint’nant, y nous reste plus qu’à coincer l’aut’ dégueux !  dit Hann,  d’ailleurs, demain faud’ra qu’j’aille faire mon rapport au capichef !

- Comme ça tu lui donn’ra du pain à coudre !  lança Bob.

- Du grain à moudre, tordu ! 

- Ouais, s’tu veux. Dis-voir, Peg, t’aurais pas un p’tit crumble qui train’rait quèqu’part ?

- T’as l’estom gonflé comme une cornemuse ! M’dis pas qu’t’as encore faim ?!  répondit la mégère. 

-C’est juste histoire de bien terminer ce délicieux repas, ma biche ! bêla Robert.

Miss Peggy se dirigea vers le four et en sortit un plat encore fumant !

- J’te connais mieux qu’toi-même crevard ! Tiens, le v’là ton dessert ! et tout en disant cela, elle déposa un baiser sur le front dégarni de son homme.

- y’a pas à dire, tu sais r’cevoir mon ange ! 

- Manges ! Ca t’évitera d’dire des conneries ! 

 

 Lorsqu’Elvis les quitta il faisait jour. Il rentra chez lui en roulant peinard, la radio diffusait « I love L.A. » de Randy Newman, qu’il reprit en sifflant entre ses dents.

 

 Le lieutenant gara sa caisse et monta les deux étages qui le séparaient de son repaire de poulet. Il ouvrit la porte du salon et fonça droit vers un petit meuble de style hispano-ikea où s’entassaient ses cartouches de tiges.

 Il repensa à ce que lui avait dit Bob, mais il en avait besoin, comme un junky en état de manque.

 Le puzzle que constituait cette affaire se mettait doucement en place, chaque nouveau morceau venant s’imbriquer aux autres, la seule pièce manquante étant la solution qui permettrait de mettre fin aux agissements du valaque.

Il s’empara d’une clope et y mit le feu, puis il ferma les yeux en expirant la fumée. 

- Etrange rituel ! dit une voix qui provenait du fauteuil marron.

 Elvis alluma la lumière. Vlad était là, assis, le regard noir, un rictus aux lèvres qui aurait pu passer pour un semblant de sourire.

-Salut lieutenant !

 Hann garda son self-contrôle : 

- bonsoir, connard, qu’est-ce que tu glandes chez moi ? 

- Et bien disons que je voulais savoir à quoi ressemblait le logis d’un flic, c’est comme celà que l’on vous nomme je crois ?! N’est-ce pas ?

- T’es pas v’nu seulement pour m’dire çà, Vlad ! Qu’est-ce que tu veux ? 

- Je me souviens, il n’y a pas si longtemps, t’avoir demandé d’arrêter de me pourchasser, or, je constate qu’il n’en est rien ! Pourquoi tant d’acharnement ?

- C’que t’as du mal à saisir, c’est qu’les mœurs ont évolué, les mentalités également, et aussi la justice !

- laisses-moi rire avec çà, votre justice ! Un simulacre, une parodie, rien qui ne ressemble de près ou de loin à la vraie justice, celle qui permet que les gens se sentent en sécurité, sans redouter d’être détroussé ou tué par le premier mécréant venu ! D’où je viens, ce sont les seigneurs et les rois qui rendent la justice, en leur âme et conscience ! 

- En as-tu donc encore une d’âme, toi qui as massacré des populations entières sans la moindre pitié ! 

- Pourquoi n’en aurai-je point ? Votre président Bush, penses-tu qu’il en soit pourvu ? Celui-là même qui n’hésite pas à déclencher une guerre sous un prétexte plus que fallacieux ? Et tous vos dictateurs, chinois, coréens, cubains, haïtiens j’en passe et des pires, qui exécutent à tour de bras, hommes, femmes, enfants, sans le moindre remord ! Penses-tu toujours que ces gens là en soient pourvu d’âme ?

- Même en les réunissant tous, on est loin de tes tableaux d’ chasse messire ! 

- Que dirais-tu de te rendre compte par toi-même de ma façon de la rendre cette fameuse justice ? 

-Comment ça ?

Hann n’eut pas le temps de dire ou faire quoi que ce fût, Vlad activa sa ceinture  et le saisit par le poignet! Un léger vrombissement emplit la pièce et Elvis n’en crût pas ses carreaux !

Il se trouvait au cœur d’un vortex lumineux ! Il se souvint de Star Wars et des images fantastiques de vaisseaux intersidéraux entrant en hyper-espace, et ce qu’il avait sous les yeux correspondait exactement à ce qu’il avait vu sur l’écran du El Capitan. Des milliards d’étoiles semblant fusionner en un syphon luminescent, sorte de toboggan fluorescent multicolore et mouvant. Il préféra fermer les paupières, une sensation de vertige commençant à le gagner. Au bout d’un temps certain, n’entendant plus le vrombissement de la ceinture, il se décida à rouvrir ses gobilles et là, clignant des châsses, il s’aperçut que le décor avait changé ! Il se trouvait dans une vaste salle rectangulaire ornée de colonnes de marbre soutenant un plafond peint de scènes de batailles, les murs étaient tendus de tapisseries aux couleurs chatoyantes, brodées de fils d’or et de soie représentant des cavaliers pourchassant du gibier ou encore des chevaliers croisant le fer lors de combats. Derrière lui, un trône de marbre et de bois recouvert d’or et de pierres précieuses reposait sur une petite estrade et, dessus, assis, Vlad le toisait ! 

– Bienvenu dans mon humble demeure ! Alors mon cher ? Quel effet cela fait-il de se retrouver six siècles en arrière ? 

-Où sommes nous ?  tenta Elvis

 -Tu es êtes ici chez moi, à Bucuresti, ma forteresse, mais…En 1476 !

- Quoi ?

Hann se précipita vers une fenêtre. Au dehors, il faisait nuit noire, pas un chat dans l’enceinte du château. Il courut vers la porte la plus proche, descendit des escaliers de pierre et se retrouva au milieu d’une vaste cour plantée de pieux, sur lesquels pourrissaient des corps en état de décomposition avancée. 

-Alors c’est vrai ! La ceinture renvoie aussi dans le passé ! 

- Et oui !  lança le prince qui était apparut derrière lui. 

- Tu es bien au quinzième siècle lieutenant ! Et tu es mon invité ! 

- Comment ça ton invité ? 

- Je crains que, malheureusement, sans ce petit accessoire, tu ne puisses réintégrer ton époque mon ami. Et puis j’ai crû remarquer que tu étais  un adversaire digne de mon rang, intelligent, rusé, je suis sûr qu’après un bon entraînement au combat dispensé par mon maître d’arme, tu finiras par devenir un guerrier hors du commun ! 

- Je ne compte pas finir mes jours ici Vlad, j’en fait le serment ! 

- Nous verrons, nous verrons. En attendant, je vais te faire conduire à tes appartements.

 

Le valaque hélât un serviteur qui rappliqua à toute vibure et accompagna Hann jusqu’à sa chambre. La turne était grande et haute de plafond. Les murs étaient, quant à eux, décorés de tentures aux couleurs vives, également  brodées de scènes de chasse ou de guerre, enfin rien de bien joyeux.

 Un lit à baldaquin faisait face à la porte et une fenêtre donnait sur la cour d’où émanait une odeur à faire gerber une escadrille de rats kamikazes.

 Le beau gosse sortit une PS de son blouson histoire de chasser un peu les relents nauséabonds et son regard se perdit dans les étoiles.

 Il passa une bonne partie de la nuit à réfléchir à la manière dont il pourrait s’échapper de ce cauchemar.

 La seule qui lui vint à l’esprit consistait à s’emparer de la ceinture du roumain. Cela risquait d’être un challenge fort ardu du simple fait que l’objet ne quittait jamais son utilisateur. Elvis prit la décision de ne plus quitter le prince d’une semelle, de devenir son ombre, jusqu’à l’opportunité de pouvoir se saisir du précieux butin. Il pensa à Bob. L’irlandais allait-il comprendre ce qui s’était passé ? Improbable. Il n’avait pas fini de gueuler et tout son entourage risquait de pâtir de son humeur de blaireau !

Un coq se mit à chanter dans le lointain, annonçant le lever du roi soleil. Un larbin vint déposer un plateau de fruits sur lequel Hann ne jeta pas même un regard, absorbé qu’il était par son plan de vol.

Un second serviteur, quant à lui, apporta des vêtements, qui correspondaient plus à la mode du moment, et prévint le lieutenant que le prince l’attendait dans la salle du trône.

 Elvis ne se changea pas en damoiseau histoire de montrer à son geôlier qu’il devait s’attendre à un peu de rébellion de sa part, il fourra son paquet de cigarettes dans l’une des poches de son blouson et rejoignit son hôte.

 

 Lorsqu’il pénétra dans la salle où lui et le valaque était apparut, Vlad, assis sur son trône, l’accueillit avec un sourire qui rendit moins durs les traits de son visage, moins agressifs, plus humains.

- As-tu bien dormi mon cher ?  Hann mentit :

- on ne peut mieux ton altesse ! 

-Tout à t-il été à ta convenance ?

Repensant au sort que réservait l’empaleur aux fainéants et ne voulant pas avoir la mort de deux pauvres gnaces sur les endosses, il répondit :

- c’était parfait ! Ton personnel est irréprochable et j’aimerai pouvoir m’offrir leurs services afin de remédier à mon problème de ménage ! 

- Celà sera fait dès demain. J’effectuerai un petit déplacement chez toi, avec eux, afin de satisfaire à ta requête !

- Qu’attends-tu de moi en contre-partie ? 

- La réponse à la question que je t’ai soumise hier soir !

- Je ne peut qu’accepter ton invitation n’ayant pas le choix, mais j’attends également un service de ta part ! 

- Et lequel ?

- Que tu laisses un message à Yates afin qu’il soit rassuré !

-Je me charge de cette mission et me félicite de ta décision ! Je sais que tu es intelligent et ta réponse me conforte en ce sens. Viens ! Nous allons dès aujourd’hui commencer ton instruction militaire mon cher!

 

Les deux hommes sortirent de la salle du trône et empruntèrent les multiples couloirs et escaliers du château pour arriver devant une lourde porte faite de bois et de métal et arborant en son centre un écu traversé par de longues épées.

 

 Elvis devina sans mal qu’ils se trouvaient devant l’entrée de la salle d’armes. Vlad poussa violemment l’huis et entraîna Hann à sa suite. Plusieurs chevaliers s’exerçaient au maniement du bâton, d’autres peaufinaient leurs techniques de parade à l’épée. Un homme massif et trapu fit son apparition et se courba devant le prince.

- Elvis, je te présente Stefan, notre maître d’armes ! le lieutenant salua le pit-bull de la tête sans le quitter des yeux. L’autre lui rendit la politesse de la même façon.

- Stefan va t’enseigner l’art du combat qui fera de toi un guerrier digne de mon armée !  puis, s’adressant au mastard en roumain, Vlad lui laissa ses consignes :

- ne le ménage pas mais ne l’abîme pas non plus, je veut qu’il devienne rapidement l’une de mes armes secrètes. Un combattant sauvage,  invisible et impitoyable, imprévisible et redouté de tous et qui semble surgir de nulle part ! Tu peux y arriver ! 

- Oui seigneur, je le peut ! 

- Ceci n’était pas une question, mais un ordre !  le maître d’armes s’inclina, aussi bas qu’il le put, en tremblant et en reculant, les yeux baissés. Le prince revint vers Elvis :

-c’est moi qui vais te donner ta première leçon mon ami ! Attention ! Je ne fais pas de cadeau ! A toi d’éviter mes assauts !  le mastard apporta une épée au lieutenant : vas-y ! Prends- la !  l’encouragea le valaque, ce que fit Hann qui soupesa l’objet.

 

L’arme n’était guère plus lourde qu’un sabre de compétition, çà, il le savait, car en plus de la musique, sa seconde passion étant enfant était l’escrime. Sport qu’il pratiqua pendant une dizaine d’années, son niveau lui aurait permis de devenir pro, mais le décès de ses parents vint contrarier sa vocation.

 Vlad se tint devant lui, dégainant sa propre rapière, et s’inclina en écartant les bras en guise de salut. Puis, vif comme l’éclair il fondit sur Hann d’un coup, comme pour l’embrocher ! Mais Elvis n’était pas dupe et commençait à cerner le personnage. Il pivota le buste à 90° en évitant la lame de fer de justesse et abattant la sienne sur celle du prince. 

- Voilà qui me paraît très prometteur !  déclara celui-ci, surpris et admiratif à la fois, ce fût une belle parade mon ami, mais nous allons compliquer un peu les choses maintenant ! 

 

 Vlad attaqua si rapidement que, cette fois ci, Hann ne put parer le coup à temps et ressentit une vive douleur à l’avant-bras. Du sang coulait de son poignet et gouttait sur le sol. 

- Il ne faut jamais relâcher son attention, sinon, c’est la mort assurée !  lui envoya Vlad tout en levant sa lame comme si il allait lui fendre la tête en deux.

 

Elvis, plus prompt malgré sa blessure, évita la charge brutale et se retrouva derrière Dracula manquant de peu de lui entailler salement le postérieur. Il retint son geste in-extrèmis, se souvenant des paroles de Bottom :

« -il ( Vlad) ne supportait pas les lâches, pour preuve, à chaque retour de bataille, il récompensait ceux de ses soldats blessés de face et qui faisaient ainsi montre de courage devant l’ennemi. Quant à ceux qui présentaient des plaies dans le dos, il les faisait exécuter pour lâcheté ! »

 

Le valaque se rendit compte de la situation et sembla troublé ! 

- Décidemment, tu me surprends une nouvelle fois mon cher ! Voilà pourtant une belle occasion de me rendre la pareille ! 

- Certes, ton altesse, mais je n’affronte mes rivaux que de front ! 

- Bien parlé ! Cessons à présent cet exercice que nous puissions panser ta blessure ! 

- Ceci n’est qu’une égratignure, une simple compresse fera l’affaire !

-Tu es de ma trempe Elvis, âpre au combat et de ceux que la douleur endurcit, nous allons fêter cela ! Viens !  et mettant son bras sur les endosses du beau gosse, Vlad entraîna Hann en dehors de la salle d’armes.

 

Le lieutenant souriait intérieurement, car il savait qu’en faisant le jeu du valaque il allait petit à petit gagner sa confiance.

 

 De retour dans la salle du trône, Hann eut la surprise de constater que la grande table, faisant face au siège royal, était dressée pour deux avec moults plats remplits de victuailles, de fruits, de gâteaux variés ainsi que de mets inconnus du lieutenant, mais dégageant de savoureux parfums. Le prince s’assit le premier, invitant Hann à en faire autant. Celui-ci s’exécuta de bonne grâce, la séance d’entraînement lui ayant ouvert l’appétit.

 

Vlad claqua deux fois dans ses mains et, aussitôt, comme sortit des murs, un larbin déboula à côté du prince et se pencha afin d’esgourder son patron.

 Puis il s’éclipsa sur la pointe des pieds et réapparut dix minutes plus tard avec une petite bassine en étain et des linges. Il s’agenouilla devant Elvis et lui prit délicatement l’avant-bras. Hann comprit que le malheureux était de corvée de pansement ! Se laissant faire docilement, il entreprit d’attaquer la bouffe avec ferveur de sa main valide, ce qui amusa le valaque qui se mit à rire de bon cœur !

-Tu es de fort agréable compagnie lieutenant ! Courageux, bon vivant, j’ai hâte de te voir au combat !

 

Elvis s’arrêta de manger net, comme si on venait de lui retirer les piles. Jusqu’à présent ce détail lui avait échappé, mais il allait devoir faire face à cette épreuve et il ne savait comment !

 Trucider au flingue est une chose, sentir l’acier d’une lame pénétrer la chair en est une autre et çà, il n’y était pas préparé ! Il s’adressa au prince :

– j’crois qu’y’ a un blème ton altesse ! Ne faisant pas encore partie de ton monde et n’étant pas accoutumé au combat , ni au maniement de vos armes, j’préfér’rai, avec ton accord, m’imprégné de l’atmosphère de la bataille en ne faisant qu’observer !

-Tu as raison mon cher ! Ne brusquons pas les choses, tu as tout le temps qu’il t’est nécessaire pour parfaire ta condition physique et ton instruction !

-Disons dans ce cas que je tiendrai un poste d’observateur pendant quelque temps, mais par contre, j’ai hâte de te voir dans tes œuvres !

-Je constate avec plaisir que tu es revenu à de meilleurs sentiments à mon égard, aurais-tu compris enfin quelle était ma quête ?

- J’pense que oui, une fois les éléments r’mis dans leur contexte et en occultant ce que j’sais, il faut reconnaître que t’as été, que tu es, excuses-moi, certainement victime de tes détracteurs. Certains n’appréciant pas ta façon d’rendre c’te fameuse justice. J’pense notamment aux boyards saxons et autres ecclésiastiques qui te haïssent du simple fait d’ta conversion à la religion catholique. J’doit t’avouer qu’à mon époque il en va exactement d’ même ! Si tu n’entres pas dans le moule de l’archétype du citoyen lambda, t’es systématiquement mis à l’écart, rej’té, on t’couvre de calomnies, j’en passe et des plus pourries !

 

Hann s’arrêta. Il regarda Vlad et vit dans les yeux de ce dernier comme une mer de larmes sur le point de déferler sur son visage d’albâtre. Le prince se détourna et prit un linge sur la table. Il se moucha et, faisant face à Elvis de nouveau :

-J’ai dû attraper un chaud et froid dans les couloirs de ce maudit château ! dit-il en souriant.

-Tu viens de me prouver que tu n’es pas le monstre que l’histoire à fait de toi, car çui qu’est touché par la vérité ne peut cacher ses sentiments, aussi aguerrit et endurcit soit-il !

 

Vlad posa ses mains sur les épaules de Hann :

-tu viens de me faire changer d’avis Elvis ! Je crois qu’en fin de compte je ne vais pas faire de toi un combattant mais mon alter-ego. Tu ne parles pas à la légère et tes paroles font mouche ! Je vais faire de toi mon vice-président, comme chez vous ! Tu me remplaceras lorsque je serai au combat et je pense pouvoir te faire confiance ! Et si tu la gagné, cette confiance, peut-être alors ferai-je de toi mon confident !

 

-Ce s’rait un honneur Sire ! Mais j’aim’rai quand même poursuivre les entraînements avec Stefan !

- Comme tu voudras ! Et pas de Sire entre nous, ni de Majesté ou tout autre terme pompeux comme vous dites en 2008 ! Appeles-moi Vlad comme à ton habitude, cela me convient d’avantage !

- D’ac pour mézigue,! Tiens ton altesse, vue qu’t’as l’bras long, tu peux m’passer la graille ?! J’ai encore une dent creuse !

- Ah ! Ah ! j’adore cette façon de parler, c’est si pittoresque ! Me l’apprendras-tu ?

-Volontiers ! Mais c’est pas très compatible avec ton siècle !

-Pas grave ! Au moins on pourra discuter tranquille sans être compris des autres ! et le prince passa le pichet de picrate au beau gosse !

-Non ma poule, çà c’est l’rouquin ! La graille c’est tout c’qui s’croque ! La bouffe quoi !

- Oh ! Bien ! Hum ! reprendras-tu du pinarrrd ?

-Aaaah ouais ! Avec l’accent ça l’fait encore mieux !

 

La fin du repas se prolongea jusqu’à une heure avancée de la matinée.                                     

 

Lorsqu’ils sortirent de table, le vocabulaire argotique de Dracula s’était nettement amélioré, et à l’entendre deviser avec Hann, on aurait dit deux potes parlant de tout et de rien.

– Pendant qu’j’y pense ton altesse, tu d’vais pas faire un tour par chez-moi avec tes larbins ?

 –Oh ! Exacte ! Si tu l’permets j’vais t’laisser un moment, l’temps d’faire l’aller et retour avec mes gnaces !

-Tu peux transmettre un message à Yates de ma part ? J’voudrai pas qui s’caille les sangs à m’chercher !

 

Elvis avait griffonné quelques mots sur une page de son calepin de poulet pendant la nuit     « (2008-532) – 5m= 12/1476 / Curtea Veche ».

 Il tendit le papelard à Vlad qui le glissa dans l’une des poches de sa redingote rouge à brandebourgs.

 Le flic fut étonné que le prince n’est pas eu la curiosité de jeter un œil à sa missive, de toute façon, il ne l’aurait peut-être pas entravé.

- J’y vais poulet !

Hann sourit d’entendre un seigneur du 15ème siècle jaqueter de la sorte.

 Il était content de lui car, pour l’instant, Vlad semblait l’avoir à la bonne et son plan se déroulait sans faille. Il gagnait peu à peu la confiance de son hôte ce qui, de prime abord, n’était pas chose aisée, vue le caractère de la bête !

 Le lieutenant espérait de tout cœur que son parrain pigerait le contenu de son e-mail en papier, mais peut-être serait-il aidé en celà par JN et Mike.

Il regagna sa chambre et s’allongea sur le plumard, jambes croisées et bras derrière la tête. Ses yeux scrutèrent le plafond un bon moment et bientôt le noir envahit la turne. Elvis s’en était aller taquiner les muses du sommeil sans s’en rendre compte, malgré l’odeur de charogne qui flottait alentour.

 

 

 

 Et oui ! On se fait à tout ! Bon, ben, à tout d’suite !

 

Hann and Yates L.A. cops

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