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Bienvenue sur le blog des deux flics les plus déjantés de Los Angeles !
Vous trouverez ici le premier chapitre de leurs aventures.
Si vous souhaitez lire la suite, laissez-moi un message !

Texte Libre

chapitre VI

                                                      CHAPITRE   VI

 

                                       On avance, on avance…                                               

 

 

L’Union Station gare centrale de L.A.  située dans le quartier d’Olvera street, ne ressemblait à aucune autre gare des states. Bâtie en mille neuf cent trente neuf, son style architectural, mélange d’ hispano-espagnol, d’arabo-arabe et de streamline moderne, en faisait, depuis des années, le décor idéal pour les cinéastes, avec son hall de seize mètres de haut et ses fauteuils en cuir marron. L’endroit était prisé des studios et pas mal de tournages de films et séries télévisées y étaient réalisés.

D’ici partaient les trains de l’Amtrak en direction de Chicago, Seattle ou bien San Diégo. Les deux poulardins se présentèrent au guichet.

 

- Sergent Yates et lieutenant Hann, police criminelle ! Nous souhaiterions savoir si ce visage vous rappelle quelqu’un en particulier ? Le guichetier examina un long moment le cliché tendu par Bob.

- Non ! Je n’ai jamais vu ce garçon !

 - Vous en êtes sûr ? Et la semaine dernière ?

 - Certain ! Et même si ça faisait un mois la réponse serait identique, j’ai une excellente mémoire visuelle lieutenant ! 

- Ca ne fait rien, merci ! Mais si toutefois il se présentait à votre guichet soyez gentil de nous prévenir OK ? 

Hann donna sa carte à l’employé de l’Amtrak.

-On aura toujours essayé !  se lamenta Bob.

 

Ils redémarrèrent en direction de l’aéroport international, le parking à z’oiseaux dont parlait Hann.

LAX, contraction de Los Angeles International Airport. Des nichoirs à zingues j’en ai fréquenté pas mal, mais j’ dois r’connaître que j’ai une p’tite faiblesse pour celui-ci. Surtout pour son resto atypique que les angelinos ont baptisé « la pieuvre » à cause de ses quatre tentacules d’acier et sa forme si particulière.

 Ce qu’il y a de sympa, surtout quand vous louez une chignole au départ de Pantruche, (où d’ailleurs) c’est que vous avez des mini-bus, sortent de camion-balai pour touristes attardés, qui passent régulièrement sur l’artère principale qui dessert l’aéroport, et dont il suffit de faire un signe pour qu’il vous prennent en stop et vous dépose chez le loueur. A par çà, c’est pourri comme tous les zinguoports ! Fin d’la parenthèse touristico-casse-burnes !

 

Les flics investirent le hall principal et se dirigèrent vers les bureaux de la direction. Un agent de sécurité fit un pas vers eux lorsqu’ils approchèrent du pôle de surveillance !

 - Police criminelle mon loulou ! T’as l’choix ! Ou tu nous laisses passer, ou on t’embarque pour entrave à la justice ! Vas-y camarade, décides-toi ! Mais vite !  L’autre refit un pas mais sur le côté cette fois ci, afin de leur céder le passage. Ils pénétrèrent dans une grande salle dont les murs étaient occupés aux trois quarts par des écrans de contrôle.

 

-Impressionnant !  s’étonna Yates, faut avoir au moins huit gobilles comme une tarentule pour pouvoir zyeuter tout c’matos !

 - T’inquiètes pépère ! Ces messieurs connaissent leur boulot ! 

Le responsable du pôle se présenta :

 -  Toobee, Hornott Toobee, responsable de ce service messieurs ! J’ai cru comprendre que vous étiez de la crim’ ! J’en ai fait partie pendant dix ans avant d’être pensionné suite à une blessure. Que pouvons nous faire pour vous aider ?

  Bob crut bon d’ajouter :

- That is the question ! D’jà, entre flics, on peut s’dire tu ! 

- Nous recherchons ce jeune homme qui pourrait être impliqué dans une série de meurtres ! lui répondit Elvis en présentant la photo de Stepl.

- Auriez-vous, toi et tes assistants, la possibilité de rechercher, disons, sur dix jours, si l’une ou plusieurs de vos caméras ne l’auraient pas capté à l’un des guichets d’embarquement ?

- J’vais voir avec mes collègues, mais j’pense que nous devrions pouvoir vous dire çà assez rapidement. Nous sommes ultra équipés en matière de logiciels de r’connaissance, vous m’laissez la photo d’vot’gars et dès qu’on a quelque chose, j’vous préviens ! 

- Pas d’blème ! Par contre fais-en une photocopie, car c’est la seule que nous ayons, merci ! 

Une fois à l’extérieure, Hann appela le gribouilleur à tronches :

- écoutes mon grand, j’vais encore te mettre à contribution, mais y faudrait qu’tu m’arranges la bouille du brun à moustache, tu vois d’qui j’veux parler ? Bien ! Aurais-tu un moyen, disons, de m’le moderniser ? 

- C’est le papelard qui traîne sur ton burlingue, la page avec le tableau en couleur ?

 - Ouais, c’est çà ! 

- Bon, ben j’vais voir c’que j’peut faire. Y t’faut çà pour quand ?

 - Hier ! Nan ! j’déconne, mais c’est quand-même relativ’ment urgent du fait que c’est pour un appel à témoin ! 

- Hum ! Passes disons dans une heure, ça d’vrait être prêt !

 - Super ! Thanks man ! puis s’adressant à Yates :

- on a une plombe pour s’désaltérer la gargane !  Le Standard Bar était sur la route. Le sergent ramena sa fraise :

- moi, c’que j’me d’mande, c’est comment fait l’merdeux et son pote âgé pour pas être ensemble au même endroit ? 

- Très bonne question : Ireland, one point ! Et à laquelle je répond : ceinture ! L’un en a une, l’autre pas ! Difficile dans ces conditions  d’être ensemble au même point non ?

 Le bigophone d’Elvis chargea dix broquilles plus tard !

 - Lieutenant ? Toobee ! 

- Déjà ? T’as du nouveau ? 

- On a r’trouvé vot’gnace ! Il a bien prit un vol il y a dix jours pour Copenhague, au Danemark, et le même jour, il reprenait un vol pour Bucarest !

- Apparemment, l’décalage horaire n’est pas son souci !

- Hum’oui ! Mais l’plus curieux, c’est qu’y a aucune trace d’un retour sur les states depuis !  Hann repensa à la ceinture « si ce truc fonctionne, qu’est-ce qu’il en a à foutre de prendre l’avion ! » pensa t-il.

- Merci Toobee ! Tu m’enverras tes honoraires !

 - Ha ! Ha ! Pour les collègues, c’est gratos ! A charge de r’vanche lieutenant, tchao !

 

- A qui tu parlais ? demanda Bob.

 - A Toobee, le vidéo-surveillant d’la volière à Boeings !

 - Et alors ? Y a du nouveau ?

 - Ouais ! L’branleur à double identité sait faire fonctionner la ceinture à voyager gratos ! L’problème, et il est d’taille, c’est : comment qu’on fait pour lui courir au cul ? 

- Faut r’connaître qu’avec c’ machin, il a un certain avantage sur nozigues ! 

- J’irai bien r’faire un tour à Santa Monica c’soir ! Histoire d’savoir si ça a mordu l’amorçage à l’affichette ! On en profitera pour casser une croûte sur place, qu’est-ce t’en penses ?

-Vendu ! 

 La tournée des commerces porta ses fruits. Plusieurs personnes se souvenaient avoir aperçu Vlad, mais de façon fugace, il arpentait la chaussée d’un pas rapide, comme si il cherchait quelque chose ou quelqu’un.

 - Donc il était en train de repérer les lieux pour agir en toute tranquillité ! pensa Hann tout haut.

Lui et son pote dînèrent vers vingt et une heures, puis firent quelques pas en direction du « great white smile »pour y descendre un digestif, voire deux,  avant d’aller s’pieuter. Quand les deux potes finirent de s’aseptiser le gosier, ils sortirent par l’arrière du bâtiment. Les poulardins contournaient l’angle de la bâtisse lorsque Yates s écroula comme une enclume, frappé derrière la tête par un objet métallique ! Elvis dégaina son magnum quarante-quatre et n’eut pas le temps de viser. Un coup d’une incroyable force fit sauter l’arme de sa main ! Le flic n’en croyait pas ses châsses ! devant lui, un homme se tenait droit, une épée à la main, l’allure fier et hautaine, le fixant de ses yeux noirs injectés de sang sous l’emprise d’une fureur apparente mais contenue, un nez de busard et la moustache frémissante. Une longue chevelure encadrait son visage d’albâtre, ce qui le rendait fantomatique ! « C’est lui ! » Pensa Elvis.

- Que me veux-tu, misérable ? Pourquoi me pourchasse-tu de la sorte ? entama l’agresseur de poulets. 

- Tu es Vlad n’est-ce pas ? C’est bien toi ? 

- Effectivement ! Mais tu n’as pas répondu à ma question ! Que me veux-tu ?  réitera le prince.

- Il est vrai que je te chasse, tout comme ceux, que toi-même tu as traqué ! Dis-moi, quel effet celà fait-il d’être la proie et non le chasseur ?

 - Moi ! Une proie ? Ha-Ha-Ha ! Tu ne sais donc pas à qui tu as affaire mon ami !

- On est pas copains mec ! Et tu risques de l’apprendre à tes dépens !

 - Celà m’étonnerait fort vois-tu ! J’ai un avantage certain sur toi !

 - Ha oui ? Et lequel ?

-Tu ne connais rien de l’époque d’où je viens, mais moi j’ai vite appris à comprendre la tienne, ainsi que vos habitudes et vos coutumes, que j’apprécies au demeurant ! Mais, excuses-moi ! Je dois te laisser ! Ma soif de justice m’appelle !

-Attends ! s’écria le flic.

-Oui ?

-Pourquoi avoir supprimé Brénius ?

-Posait trop de questions. Il devenait un peu trop curieux, tout comme toi, d’ailleurs ! Disons que cela fait partie des dommages collatéraux !

-Ouais, mais moi c’est mon job ! Un keuf ça pose toujours des questions !

-D’accord ! Peut-être ! Mais ça peut devenir dangereux, si tu vois ce que je veut dire !

-Une dernière pour la route ? OK ? Bon alors, du fait que l’gravos était d’jà cané suite à son saut sans élastique, pourquoi lui avoir sectionné la citrouille ?

-Disons que deux précautions valent mieux qu’une, tu n’es pas d’accord là-dessus ?

-Si ! J’trouve simplement qu’dans l’état où y s’trouvait après son atterrissage forcé, t’aurais au moins pu lui épargner çà !

-Excès de zèle ! La force de l’habitude ! Que veux-tu, on ne se refait pas ? !

-On commençait à t’avoir à la bonne tu sais ? ! C’est vrai ! jusqu’ici tu t’en prenais qu’aux sous-merdes et d’un coup, Crack ! T’effaces un mec bien, enfin pas si mal qu’çà!

- Nous reprendrons cette conversation plus tard, mon cher, je te laisse !

 Hann perçut le son d’un vrombissement et, en une fraction de seconde, Vlad disparut de son champ de vision !

-  Ah le salaud ! cria t’il, j’avais oublié cette satanée ceinture ! Après qui va-t-il s’en prendre maintenant ? Tant qu’ça reste du malfrat j’m’en fout, mais faudrait pas qui s’re-goure de mannequin ! réalisant soudain que son pote était sur le carreau il se porta à son secours.

 - Hé ! Ma poule ! Tu m’entends ?

 - Arrêtes de gueuler ! J’ai la citrouille en vrac ! répliqua Bob. Une énorme bosse enflait à l’endroit de son occiput.*

- Hé ben ! Y t’a pas raté l’valaque !

 - Quoi ? C’était c’malade ? Tu l’as vu ?

 - Encore plus fort qu’çà ! On a même taillé la bavette ! Môssieur m’reproche de trop lui coller aux basques ! Y croit p’têt qu’on va l’laisser buter du gnace sans réagir ! Même si c’est du pourrit !

 - Tu l’as pas canardé ?

 - Pas eu l’temps, y l’a envoyé mon feu aux pâquerettes d’une pich’nette ! JNB avait raison, il a une sacrée force le bougre ! Mais à côté d’çà, j’ai d’quoi aider le crayon-man ! Hann, tout en aidant  Bob à se relever, lui mit son bigo sous le pif.

 - Le p’tit oiseau est sortit !

 - Bien joué mon pote ! Aïe !

 - ça roule ma poule ?

 - A part qu’j’ai Big-Ben dans la sous-pente, ça peut aller ! 

- Tu veux qu’j’t’enmmène à l’hosto ?

- Non ! ca va j’te dis ! Une aspirine et ça d’vrait l’faire ! 

 

 Elvis réfléchissait à la conversation qu’il avait eu avec Vlad. Ce type était vraiment très intelligent, car il fallait l’être pour qu’en si peu de temps il est assimilé autant de choses et surtout qu’il s’en serve à bon escient. Il y avait pourtant quelque chose d’anachronique dans le personnage.

Avoir tant apprit et se servir d’une épée ! Bah ! Certainement un attachement particulier, tout comme hann était attaché à son flingue et Yates à la boutanche !

- Au moins, on a réussi à attirer son attention ! Déclara Bob.

 - Ouais ! Et quelque part ça veut dire qu’on va l’revoir ! Car plus on va fouiller la vase, plus ça va r’filer les nerfs au roumanof ! De retour à la brigade, Elvis G. chopa Lecouvaire au passage :

- Capitaine !

 

 

 

*Non ! C’est pas un tueur de prostituées ! Andouille !

 

 - Oui lieutenant ?

 - Nous avons eu un contact avec le sérial killer !

 - Le quoi ?

 - le tueur en série !

- Ah ! Oui ! le sérial killer ! Et alors ? Que vous a-t’il dit ?

 - En tout cas qu’il n’est pas prêt à coopérer, loin s’en faut ! Il est d’une intelligence exceptionnelle et possède un accessoire relevant de la science-fiction, bien que la réalité semble, pour une fois, avoir rejoint l’inimaginable ! J’ai également réussi à l’prendre en photo, nous pourrons diffuser ainsi plus qu’un simple portrait-robot !

- Enfin du résultat ! Vous voyez Hann, quand on vous met la pression !  Elvis. opina du chef mais n’en pensa pas moins que Lecouvaire n’était qu’une grosse dinde !

- En parlant d’pression cap’taine, qu’est-ce que vous avez raconté aux journaleux l’aut’ fois ? Qu’on puisse corroborer vos dires si jamais les chacaux* venaient à nous tomber sur l’poil !

- Tout simplement que nous n’avions guère d’éléments suffisamment conséquents pour l’instant, mais que de toute façon, les meilleurs limiers de la brigade étant sur l’affaire, nous devrions obtenir des résultats probants  rapidement ! Hann, la balle est dans votre camp mon garçon ! Ne me faites pas mentir !

 « Ni passer pour une couille molle ! » pensa Elvis. Puis, s’adressant à Bob :

-  En fin d’compte, j’crois qu’on va s’passer des dvd du gros pour le moment. Le carnet d’route qu’il nous a légué devrait suffire à comprendre certaines choses.

 

Il retourna s’asseoir et entreprit donc la lecture du fameux calepin.

 

Il tomba sur un chapitre qui le titilla au niveau du cortex cérébral ! Brénius y relatait ses relations avec un certain Dan Y. Boom, descendant du célèbre trappeur et contemporain de Davy Craquette, la folle toquée**. Ce qui intéressa Hann au plus haut point, ce n’était ni la rencontre des deux crapules, ni leurs années d’amitié.

Non, ce qui éveilla sa curiosité c’était tout ce qui concernait les seventy’s et en particulier l’année mille neuf cent soixante et onze !

 Surtout le passage suivant : « …Nous attendons depuis maintenant plus d’une heure que le convoi arrive. La tension ainsi que l’excitation sont palpables. Quand il sera là, nous n’aurons que très peu de temps pour tout faire disparaître. La fosse est prête et nous aussi ! » Elvis redressa la tête :

- alors comme ça, pépère Brénius était l’un des collectionneurs de reliques ! Tu m’étonnes que le cas du gamin l’intéressait à ce point !  pensa t-il. Continuant sa lecture, «  le véhicule fût stoppé par deux de nos hommes revêtus d’uniformes de la police roumaine. Ils s’approchèrent de la cabine et, sortant leurs armes, firent feu, tuant net les deux passagers et le chauffeur. Tout le contenu du truck était ensuite transféré dans nos propres voitures.

Une fois cette opération effectuée, le camion, ainsi que son macabre chargement fût descendu dans la fosse.

On recouvrit le tout de terre, puis de cailloux et de végétaux. Ce funeste trésor ne sera certainement jamais retrouvé ! Dieu m’en soit témoin ! »

 

 

 (*Un chacal, des chacaux ! Ane alpha bête va !

**D’mandes donc au raton-laveur si c’est agréable d’avoir tout l’temps la tête d’un naze enfoncée dans l’bide !)



- Amen ! Dit Hann à voix haute.

Prolongeant plus en avant, il constata que Brénius s’éloignait de son grand copain Boom. Etait-ce par crainte du bonhomme et de ses agissements, ou bien la trouille d’avoir à en découdre avec la justice ! En tout cas, la suite ressemblait plus à de la délation qu’autre chose.

 « Boom avait gagné un gros paquet de pognon à Végas  un jour qu’il était en veine. Trois fois dans la même semaine, il avait décroché les trois sept rouge au bandit manchot ! Cet argent providentiel lui permit de faire construire, en plein désert mojave, l’un des laboratoires les plus modernes, équipé des dernières technologies en matière de biologie.

C’est à cette époque qu’il eu vent des recherches entreprises en Roumanie afin de retrouver les restes de Vlad Tepes.

Il lui restait suffisamment de crédit pour monter son expédition et engager quelques mercenaires. C’est à ce moment qu’ il parle à Brénius de ses projets. Celui-ci, d’abord réticent, se laissa finalement convaincre par la tchatche de Boom, mais aussi par le chèque d’un million de dollars qu’il lui glissa dans la fouille !

 

Son plan de récupération crapuleuse exécuté, il ne lui restait plus qu’à rapatrier la dépouille du prince. Pour ce faire, il bifurqua par Berlin où il y avait quelques bonnes relations parmi les gradés de l’OTAN qu’il avait grassement arrosé au passage. Régulièrement, voire journellement, les corps des GI’s tués au Vietnam transitaient par l’Allemagne de l’Ouest, avant d’être acheminés vers les states.  Il n’eut donc aucune difficulté à détourner un cercueil et, ainsi, d’en échanger le contenu avec celui de la caisse provenant de Snagov.

Dracula put ainsi entrer aux Etats-Unis, recouvert du drapeau étoilé, et avec les honneurs militaires, ce qu’il n’avait pas volé d’ailleurs !

 Une fois le précieux butin récupéré, d’une façon aussi illégale que toutes celles employées jusque là, Boom le transféra dans son laboratoire dans le plus grand des secrets. Sous les fondations du bâtiment, le scélérat avait fait aménagé un labo-bunker tout aussi sophistiqué, sinon plus, que celui qui lui servait de couverture en surface. Un léger détail restait en suspend. Comment retrouver le crâne manquant à l’appel ?

 Il devait absolument pouvoir reconstituer le squelette  entier s’il voulait attaquer ses travaux. Il écuma les bibliothèques de L.A., de Sacramento et San Francisco ainsi que celles des plus grandes capitales européennes, afin de tout connaître de l’histoire de Vladislav III et surtout sa fin. Après plusieurs semaines de recherches, c’est à la bibliothèque nationale de Paris qu’il mit la main sur un ouvrage, très ancien, consacré aux sultans ottomans. Un chapitre dédié à Mehmet II attira son attention. Celui-ci relatait les événements survenus après le décès du sultan de Stamboul et le sort réservé à son second fils, Djézem, évincé du trône par son frère aîné Bajazet.

 L’auteur décrivait avec précision et moult détails l’exil forcé de ce pauvre boulet, lequel avait été rejeté par son frère aîné  qu’il appelait affectueusement :  ce salaud d’enculé d’fils de pute, et pourtant Allah seul sait combien qu’j’aime ma mère !  Il fût détenu en France et plus précisément à Bourganeuf, dans le département de la creuse, une tour ayant été construite spécialement à son intention, et qui porte encore aujourd’hui son nom.* 

 

 

(*Ben ouais ! La tour Zizim zozo ! )


 Ce qui intéressa fortement Boom, ce furent les quelques lignes concernant un coffre qu’aurait traîné le turc dans ses bagages et qui aurait contenu un crâne ! Or, le sinistre savant se rappela avoir lu, dans un autre livre, un chapitre se rapportant à un coffre dans lequel aurait séjourné ce genre de relique macabre. Il retrouva le bouquin en question et le feuilleta jusqu’à ce qu’il tombe sur le descriptif exact de l’objet convoité.

Il lut : « Djézem, prince ottoman, ne se séparait jamais d’un coffre, dont on a dit à l’époque qu’il aurait renfermé le crâne de Vladislav III Tepes ! Le turc, croyant aux revenants, aurait emporté avec lui, partout où il allait, le funeste butin, pensant que, si la tête restait loin du corps, il (Vlad) ne pouvait revenir l’emmerder, ou pire, l’empaler, nahdin a mouk ! Il n’en fallait pas plus à Boom pour boucler ses valoches et s’expatrier en France en vue de mettre le grappin sur l’occiput du valaque.

 Le village de Bourganeuf était situé (et il l’est toujours, je tiens ici à rassurer ses habitants) à quatre cents kilomètres de Paris. Une fois sur place, Boom commença son enquête.

 

Il se fit passer pour un anthropologue américain, envoyé en mission par le pentagone, afin de retrouver le crâne d’un général, mort dans la région pendant l’occupation allemande, et exécuté par les nazis en mille neuf cents quarante trois. Boom eut toutes les autorisations et sauf-conduit pour mener à bien ses investigations.

Celles-ci le conduisirent finalement dans la cour d’un antiquaire, un certain Romain Solu.

Le vide-grenier était d’un abord avenant et sympathique, frisant la soixantaine rubiconde. Lui et Boom se lièrent d’amitié, et c’est ainsi qu’un jour, où ils déjeunaient dans un petit restaurant de campagne, « AU ROI DE LA BLANQUETTE » l’Einstein déjanté sut qu’il rentrerait plus tôt que prévu aux states ! En effet, après avoir commandé le plat du jour :

- dis voir Marcel ! Elle est comment la blanquette aujourd’hui ?

 - La blanquette est bonne !  répondit le patron.

- Alors va pour deux blanquettes !  le père Solu se laissa aller à quelques confidences :

- y a quèq’z’années d’ça, l’proprio d’la tour Zizim m’a d’mandé d’le débarrasser d’un tas d’pouilles qui soit-disant l’encombraient ! Ma pomme s’est pointé avec son tube six troênes et a commencé à charger la merdasse du bourge ! Et là ! Parmi les crapouilles de m’sieur d’ la tour y avait t’un coffre ! Cré-vindiou ! Un truc fabuleux ! Mais vu qu’il était sous un bon gros tas d’merdasses, personne ne l’avait trouvé ! Y d’vait êt’là depuis des lustres ! Recouvert de pierres précieuses qu’il était ! Rubis, émeraudes, diamants, topazes et j’en passe ! Pour des miyons qu’y’en avait !  Boom fit picoler le pochetron afin de lui tirer les vers du nez* !

 - Quand j’chuis rendré gez boi, burp, j’ai t’ouvert le goffre, et ben d’dans, burp, y avait gue dalle ! Gue dalle ! SAUF ? Un grâââne ! Emballé dans des carrés d’dissu, dout bleins colorés ! 

- Et tu sais où il est ce crâne Romain ?

- Viens abec boi ! j’vais d’vaire voir ! et les deux hommes sortirent du resto et prirent la direction de la fermette de Solu.

 Arrivé dans les lieux, Boom assis l’antiquaire sur une chaise en rotin et fouilla méthodiquement le bric-à -brac entreposé dans la grange jouxtant le corps de ferme.  

 

 

(*A mon avis ! Une simple fourchette à escargots aurait suffit, mais bon, chacun fait comme y veut !)

 

L’autre picolo ronflait sur son siège lorsque Boom trouva enfin le coffre ! Solu n’avait même pas cherché à le vendre, malgré tout l’oseille qu’il aurait pu en tirer. L’était vraiment con l’clampin ! Boom-Stepl, puisqu’il s’appelait comme ça, ouvrit l’objet de sa convoitise et reçut un choque, le coffre était vide !

-Si z’est la dronche en beau d’os qu’tu cherches, elle est zur l’édagère derrière toi !  lui gueula Romain qui venait de se réveiller ! Effectivement, en se retournant, le biologiste dingue aperçut la boite à cerveau dont les orbites vides le regardaient fixement !

Stepl s’empara de son précieux butin et le déposa sur un guéridon.

Il le dépoussiéra à l’aide de son mouchoir et entreprit une analyse rapide et précise, ayant avec lui une petite trousse de biologie contenant des fioles aux couleurs variées autant qu’étranges, qu’il sortit de sa voiture.

Le résultat ne se fit pas attendre. Il s’agissait bel et bien de Vlad ! Boom se dépêcha de tout remiser dans le coffre empierré précieux, ayant prit soin de remettre le crâne dans son écrin de soieries.

En guise de remerciement, il trancha la gargane de Solu avec une serpette, celui-ci tombant raide mort, le cul sur sa chaise, et sans avoir eu le temps de digérer sa blanquette!

Boom fit un saut par la bicoque du trépassé, passa un coup de grelot, et une plombe after  un  hélico vint le cueillir directos dans  le champ de feu Solu . Le soir même, Stepl était de retour à L.A. (Ben ouais, si tu fais l’calcul, y a neuf heures de décalage horaire entre la France et les states, donc tu prends ton zingue à seize heures, t’arrives à L.A. à ? vingt cinq heures ! Y a onze heures de vol ! Là d’ssus tu r’tires neuf il est donc ? Et oui ! Seize heures ! Quoi ça c’peut pas ?! Et merde ! J’chuis pas n’aiguilleur du ciel moi !)

A partir de ce moment, il travailla d’arrache-pied à ce qui allait devenir sa tâche la plus aboutie et qu’il identifia sous le nom  d’ « OPERATION CHRYSALIDE » ! *

Il y consacra dix sept ans de son existence, et, enfin, en mille neuf cents quatre vingt huit, ce fût la victoire ! L’aboutissement de longues années de recherches, ponctuées d’échecs, d’incertitude, de tâtonnements et de faux espoirs. Enfin il avait réussi ! Les cellules et l’ADN de Vlad n’attendaient plus qu’un receveur !

Cette année là, l’épouse de Boom, Baby, donna naissance à des triplés, deux gars et une fille :Amon, Kurt, Faye Boom !

 Pendant la grossesse de Baby, Boom, sous prétexte d’examens routiniers visant à tranquilliser la future maman, modifia l’ADN des fœtus grâce de savantes manipulations très en avance pour l’époque.

L’accouchement eut lieu dans le labo souterrain, à l’abri de toute indiscrétion.

Celui-ci se déroula à la perfection. Pourtant, quelques minutes après la délivrance, le savant fou vint apprendre à la jeune mère, encore sur la table de travail et les guiboles dans les étriers, que l’un des trois chiards, en l’occurrence la gisquette, était cané, n’ayant pas survécu à une telle épreuve, mais que les deux survivants se portaient à merveille !

 - Je sais, dit-il, que c’est une piètre consolation !

  Pleurant à chaudes larmes, son épouse eut quand même la force de lui répondre :

 - j’espère, sale connard qu’c’est pas encore une de tes putains d’expériences de merde !

 

 

(* A  y ‘est ? T’as pigé ? Y t’en aura fallu du temps !)

 

Elle se prit un coup de bistouri qui lui ouvrit la gorge d’une oreille à l’autre !

- T’aurais mieux fais d’fermer ta grande gueule, chérie !  dit Boom en guise d’oraison funèbre.

Les nouveaux nés furent élevés comme des rats de labo, recevant régulièrement des injections de cellules. A l’âge de cinq ans, l’un des deux enfants restant succomba d’une hyper infection causée par une bactérie introduite par l’un des infirmiers chargés des soins.  Ce dernier fût exécuté dans les sous-sols et son cadavre servit de nourriture aux animaux du centre !

- Ca m’foutrait les boules de finir en merdes de rat ! pensa Elvis tout haut et écoeuré.

- Qu’est-ce tu baves ? lui demanda Bob qui ramenait son groin dans les parages. Hann lui relata les grandes lignes de sa lecture. Robert lisait par dessus l’épaule de son filleul :

-Hé ben ! C’est pas d’la crème les scientos !  déclara le sergent en poursuivant, de surcroit, Boom c’est fait faire des fafs au nom de Stepl, certainement pour effacer les traces d’un passé qui d’vait quand même lui peser ! 

- Tu l’as dit bout-filtre ! et tout en disant celà, le lieutenant s’alluma un tube à cancer. Yates reprit :

-Brénius d’vait vach’ment avoir les glandes, car les manigances d’son pote le mettaient pas à l’aise d’après c’que tu m’dis !

  - Disons qu’l’amitié d’un poto peut am’ner à faire des conneries ! 

- Ouais ! Mettons çà sur l’dos d’la camaraderie, mais ça a crée un sacré passif entre eux deux !  Elvis reprit sa lecture.

« Le triplé unique, lui, semblait bien supporter les injections et les traitements que lui administrait son paternel.

 Un an plus tard, (donc à six ans, Oh ! Tu suis ?) Dave, dont l’ancien prénom, Amon, ne plaisait pas à Boom, put enfin sortir des entrailles de l’enfer !

 Il lui arrivait de remonter, de temps en temps, histoire de voir  le soleil, entre deux séances de « soins », mais là, c’était pour de bon ! Fini le tour du labo ! Il pouvait courir, sauter, crier, comme tous les enfants de son âge. Boom fût un bon père, malgré tout, ne refusant rien à son rejeton, lui cédant le peu de caprices dont il faisait preuve. Puis se pointèrent les années de collège, de lycée et enfin de fac. Le môme semblait avoir complètement occulté les six premiers balais de son existence. Peut-être était-ce dû à la métamorphose qui commençait à s’opérer !

- A d’main ma poule, moi j’me casse !

 - Salut Bob ! 

Hann gambergeait à toutes vibures.

-Donc, si j’ai bien tout lu Freud, c’est bien l’gamin qui a commis les crimes ! Mais sous l’apparence du grand méchant à moustaches ! Sauf que la métamorphose était incomplète !

 

 

Dave Stepl était accoudé au comptoir, le regard vide, perdu dans se pensées. Il ne savait plus très bien où il en était. Tout s’embrouillait dans son cerveau. Il ne se souvenait pas des dix derniers jours de son existence, ni de ce qu’il avait bien pu faire pendant tout ce temps. Aucun souvenir, même le plus infime, ne remontait à la surface de cette mer d’incompréhension.

 De plus, Brénius, son seul lien avec la réalité, était mort, çà, au moins, il en était sûr! La dernière fois qu’il l’avait rencontré, c’était pendant l’une de ses séances et il ne savait toujours pas comment il s’était retrouvé dans sa chambre une heure après !

 Il n’avait pas remarqué la petite brunette qui était venue s’installer à côté de lui. Mais elle, le reconnut de suite, grâce aux affichettes distribuées sur le campus. Troublée autant qu’intimidée, elle s’adressa à Dave :

 - bonjour ! Excuses-moi de t’aborder de la sorte, mais je crois qu’on est ensemble ! Enfin j’veut dire qu’on suit les mêmes cours à l’université ! J’m’appelle Hammer, Jenny Kate Hammer, mais tout l’monde m’appelle Jenny !  Le jeune homme sembla sortir du coma :

- Hein ? Quoi ? Oh ! S’cuses ! J’étais loin de ce monde !

 - Oui, j’m’en suis aperçue !

 -  Stepl, Dave Stepl ! Tu bois quelque chose ?

 - Volontiers ! J’vais prendre une «  branlée » !

 - Barman ! Une « branlée » pour la d’moiselle !  le loufiat obtempéra, prit un verre à cocktail au fond duquel il déposa deux boules de glace coco, puis éplucha une banane et la posa verticalement sur les boules et enfin fit glisser un donut autour du fruit. Le but du jeu était de faire coulisser le gâteau sur la banane jusqu’à ce que la glace, fondue, remonte par le haut du fruit ! La gamine attaquait sa branlée lorsque son regard se porta sur Stepl :

- Dave ? Ca va ?

 - Pas très bien, j’ai un violent mal de crâne qui vient d’se déclencher !

 - Tu saignes des oreilles !Tu veux que j’appelle les secours ?

 - Non, non merci, çà va aller ! » dit-il tout en s’éloignant le plus rapidement possible. La jeune fille tenta de le retenir, mais ce fût peine perdue. Dave était déjà loin !

 Il se réfugia dans la première bouche de métro rencontrée et prit une direction au hasard. Celle-ci le conduisit jusqu’au comté d’Orange, plus précisément à Anaheim.

 En sortant à l’air libre, inconsciemment, ses pas le conduisirent, tard dans la nuit, jusqu’aux portes de la cathédrale de cristal de Garden Grove. Il poussa violemment la porte, tant la douleur devenait insupportable. Il se retrouva devant l’autel, se tenant la tête à deux mains, vacillant, le sang coulait maintenant de ses narines, ses tempes palpitaient, il voulut hurler, mais trop tard ! Ce fût le néant !

La vie de Dave Stepl venait de s’achevée brutalement ! Il ne sut jamais que de son enveloppe corporelle, une créature d’un autre âge avait surgit, tel une chenille monstrueuse accouchant d’un papillon de l’enfer ! La peau du pauvre gosse se fendit des pieds jusqu’à la tête, laissant place à Vlad le sanguinaire, sinistre oiseau de nuit assoiffé de justice et de meurtres.

Le prince valaque poussa un hurlement, pareil à celui d’un nouveau-né, mais cent fois plus puissant !

 – AAAAAaaaaarrrrrrh ! Je suis enfin libre ! A moi la vie, le monde, le sang des mécréants et des impies ! Prenez garde vous, tous autant que vous êtes, Vladislav III est de retour ! Et cette fois j’fait plus dans l’intérim ! De dieu ! Ca va gicler !

 Il se débarrassa ensuite de la mue humaine qui l’avait hébergé, comme d’une combinaison de plongée, et s’éclipsa par la porte principale, nu comme un ver !

 

Hann était encore à table lorsque son poulophone se mit à vibrer à côté de son couteau. Il se leva, remit son blouson et sortit en glissant un biffeton de cinquante sous son verre.

 La nuit était tombée depuis deux bonnes heures sur la house of blues. Elvis appuya sur « ok » et son bigo composa le numéro du dernier appel.

- C’est toi ma couille ?

 - Ouais ! C’est bibi ! On a r’trouvé l’môme Stepl, enfin c’qu’il en reste ! 

- T’es où ?

 

 - Dans la cathédrale de cristal, à Garden Grove ! C’est le révérend Mark Tapage qui a découvert la chose ! D’après son témoignage, il aurait vaguement aperçu un clodo qui s’barrait l’cul au vent !

- Bouges pas, j’arrive ! 

- Et tu voudrais qu’j’aille où ça t’esse-que, hé, banane ?!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca t’fait rien si j’refait une ch’tite pause ? Hum ? Non mais pass-keu là, j’viens d’me mettre la calebasse au pot-au-feu ! Tu rigoles mais faut les trouver et les sortir toutes ces conneries pour te t’nir éveillé hé ! Du g’nou !

 

Hann and Yates L.A. cops

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