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Bienvenue sur le blog des deux flics les plus déjantés de Los Angeles !
Vous trouverez ici le premier chapitre de leurs aventures.
Si vous souhaitez lire la suite, laissez-moi un message !

Texte Libre

chapitre V

                                     CHAPITRE    V

 

                                         Who are you ?

 

 

- J’ai froid, très froid ! Il fait nuit, une de ces nuits claires, sans nuage, et j’ai froid. La lune, pleine et blanche, illumine le paysage de sa lumière glaciale. Un paysage que je découvre et qui, pourtant, me semble familier, enfin je crois. Une impression de déjà vu, comme un souvenir fugace et lointain qui me vrille le cerveau. Une plaine vallonnée s’étend sous mes pieds, bordée de forêts denses et noires. Elle aussi me rappelle quelque chose, vaguement. Je lance un appel désespéré à ma mémoire, mais rien, pas même une indication, infime soit-elle.

Un martèlement sourd résonne soudain, dont les vibrations, pareilles à un fourmillement, m’envahissent de bas en haut. Le grondement se fait plus intense et provient de derrière moi. Je me retourne et là, hagard et transis, je me retrouve face à une armée de chevaux, noirs, soufflant, caparaçonnés de métal luisant, une vapeur épaisse s’échappant de leurs naseaux dilatés. Ils sont montés par des cavaliers d’un autre temps, engoncés eux aussi dans des armures étincelantes ! Ce qui ne m’étonne pas plus que çà pourtant.

Et c’est la charge ! Lourde, énorme, telle une vague déferlante faite de chair et de métal, dégageant un immense brouillard de poussière. D’un instant à l’autre ça va être le choc !

J’aperçois la pupille noire et ronde de la monture la plus proche qui avance sur moi, tel un train lancé à pleine vitesse. Je suis incapable d’esquisser le moindre mouvement de fuite, je suis cloué sur place, comme retenu par des mains invisibles. Il est trop tard ! Je ferme les yeux…Et puis…Rien ! Je me réveille dans mon lit, trempé de sueur !

Voilà doc, c’est tout ! Et toujours le même rêve !

Yates dit à Hann qui fit pause :

- Putain ! Cà c’est du cauchemar de chez cauchemar ! Wouah la vache ! Y m’a presque foutu les j’tons ce con !

- Tu m’en diras tant ! Sûre qu’ ça doit fout’ les chocottes ce genre de vision nocturne ! Snif ! Meeeerde ! J’ai oublié la pizza avec ces conneries ! lorsqu’il ouvrit le four, une fumée épaisse et noire envahit la cuisine. Hann fit courant d’air en ouvrant les fenêtres aux quatre coins de l’appart’. Bob arriva sur ces entre-faits :

- Ben alors, cow-boy, on fout l’feu au ranch ?

- C’est rien ! En fait si ! La zappi est naze ! J’avais réglé la minut’rie pourtant ?! Ouais ! Sur une heure, quel con ! T’as rien contre un bloc de foie-gras et des to-yo-yoasts ? proposa-t-il à son parrain.

- Là tu touches à la corde sensible messire ! Envoies l’pâté d’fiesta !

Elvis attrapa le nécessaire dans le réfrigérateur et troqua la boutanche de sky contre un Don Pérignon de 1976 !

- C’est p’têt’ pas l’réveillon du jour de l’an, mais on f’ra comme si, hein ma poule ?

- T’as raison ! Et en plus, grâce à ce cher prof, on apprend plein de choses vach’ment intéressantes et çà, ça s’arrose ! s’écria Yates avec une banane fendue jusqu’aux ouïes.

- Bien dit mon poulet ! Aller, à l’attaque !

Et le duo de morfales s’abattit sur les agapes de secours comme une paire de curé pédophiles sur un troupeau d’enfants de chœur !

Après s’être gavés jusqu’aux dents de sagesse, nos compères se calèrent les miches dans le canapé pour la suite du dialogue entre le doc et le trou duc.

- Huum…Et depuis quand faites-vous ce rêve mon garçon ?

 

- Depuis quelques temps déjà, et pour tout vous avouer, ça a commencé une semaine après mon retour !

- Vous dites que le paysage que vous voyez vous semble connu ?! pensez-vous que cela soit en rapport avec ce voyage récent, ou bien un autre plus éloigné dans le temps ?

- Je n’en sais fichetrement rien, doc ! Cà peut-être aussi bien la réminiscence d’un film ou d’un documentaire vu au cinéma ou à la télévision !

- Bien ! Alors je crois que nous allons essayer quelque chose de nouveau ! En tout cas pour vous, mais qui n’a aucun secret pour moi ! Avez-vous quelqu’a priori envers l’hypnose Dave ?

- Non, aucun ! Malgré que cela me semble assez confus. Les seules fois où j’ai assisté à une séance de ce genre, c’était à la télé et la plupart des gens présents me faisaient l’effet d’être des comparses de l’illusionniste qui pratiquait cette manipulation !

- Celle dont je vous parle n’est pas du ressort des charlatans ! Elle est scientifique et repose sur les bases testées et approuvées par l’académie de psychologie. Est-ce que cela vous dirait d’essayer ?

-Ma foi, pourquoi pas ? Mais je ne vous garanti pas du résultat, il va falloir être très convaincant doc !

- Ne vous en faites pas pour moi, je connais mon affaire et c’est absolument indolore et sans danger pour vous !

- Dans ce cas, c’est quand vous voulez doc !

Le professeur Brénius approcha son siège du sofa où était allongé le jeune patient.

- Etes-vous bien installé ? Oui ? Alors écoutez-moi attentivement, articula le doc d’une voix douce et apaisante, décontractez-vous au maximum, laissez-vous aller, ne pensez à rien, n’écoutez que ma voix, que mes paroles, vous allez sentir une douce chaleur vous envahir progressivement.

Vous n’entendez toujours que ma voix, je vais maintenant décompter jusqu’à zéro en partant de dix, neuf, huit, sept, six,cinq…Vos paupières se ferment doucement…Quatre, trois, deux, un, zéro…Maintenant vos yeux sont clos, vous êtes détendus, vous n’entendez que ma voix, vous êtes loin, très loin…Nous allons voyager au-delà de votre petite enfance, même bien avant votre naissance…Remontez aussi loin que le peut votre mémoire…Maintenant dites-moi ce que vous voyez, où êtes vous ?

Dave était parti, comme endormi profondément. Pourtant ses sourcils se froncèrent, sa tête se mit à se balancer de droite à gauche, son visage sembla souffrir d’une étrange mutation, ses joues se creusèrent, ses traits étaient altérés. Puis, soudain, il ouvrit les yeux !

-Aaaaaaaaaah ! Où suis-je ? hurla-t-il d’une voix grave et rauque autre que la sienne, qui vient ainsi me sortir du néant ? il fixa le professeur, es-tu l’un des apocrisiaires de la Sublime porte* ?

Estomaqué autant par le ton que par les questions que lui posait son interlocuteur, Brénius parvint à se maîtriser et reprit son interrogatoire :

- euh ! Pas du tout, mais puis-je savoir à qui j’ai l’honneur de parler ?

- Tu parles à Vladislav Basarab troisième du nom, fils de Vladislav II Drakul et petit-fils de Mircéa premier l’ancien ! Voïévode de Valachie et grand pourfendeur de chiens ottomans !

- Vladislav III ?! Vladislav Draculea ?! Vlad Tepes ?!

Les yeux de Dave s’écarquillèrent comme des soucoupes !

- Vlad l’empaleur ! Voilà un sobriquet qui me plait ! Qui me l’a donné ?

Le psy, enthousiasmé par cette rencontre incroyable, fit appel à ses souvenirs concernant l’histoire du valaque.

- Vos détracteurs, prince, mais comment… vous ! Cà alors, euh, je suis surpris de vous entendre votre altesse, car celà fait maintenant quelques temps que nous n’avons plus de vos nouvelles !

* Sublime Porte est le nom de la porte d'honneur monumentale du Grand Vizirat à Constantinople, siège du gouvernement du Sultan à l'époque ottomane. Ce terme désigne donc plus rarement la Turquie actuelle, sinon avec ironie.

- Si ma mémoire ne me trahit point, je crois bien que je suis mort ! Enfin il me semble. Je t’avoue que c’est floue et confus dans mon esprit. Je me revois dans la bataille, aux pieds de Bucuresti, ma forteresse assiégée par les ottomans, ses hyènes ! Et puis plus rien, le néant !

- Pour tout vous dire sire, quand je disais quelques temps, je tiens à préciser en fait qu’il s’agit de plusieurs siècles !

- Diavol* ! J’ai dormi tout ce temps ?! Dis-moi petit homme, en quelle année sommes-nous donc ?

- En l’an de grâce 2008, votre seigneurie !

- Mare Zeu** ! 2008 ?

- Oui sire, et depuis votre…Absence, le monde a bien changé !

- Tu n’es donc pas un ambassadeur du sultan Mehmet II El-Fathi ?

- Non votre majesté, je ne suis, disons, qu’un simple et modeste médecin !

-Médic ?! Je ne crains donc rien de la part d’un sage ! Mais dis-moi, après tant de temps, sommes-nous devenus les vassaux de cette vermine infidèle ou les avons-nous vaincu ? demanda Tepes inquiet.

- La Sublime porte s’est refermée sur ses rêves de conquête et ne fait plus parler d’elle depuis bien longtemps ! Si cela peut vous rassurer, la foi chrétienne est plus présente qu’auparavant et depuis votre règne elle a même conquis d’autres pays dont vous ne soupçonnez même pas l’existence !

- Ce que tu me dis là me transporte de joie mon ami ! Je n’aurai donc pas sacrifié ma vie pour rien !

- Je peut vous garantir du contraire, et en votre terra romanesca***, vous êtes reconnu comme un héros national et une foultitude de statues vous représentant sont disséminées à travers toutes vos provinces ! Je crois bien me rappeler que la plus belle d’entre toutes est celle qui se trouve justement à Bucarest, votre fief, devenu aujourd’hui la capitale roumaine !

- Que me dis-tu là ?! Moi ! Un héros national ? Alors que les miens m’ont tant haïs ! Te moquerais-tu ?

- Loin de moi cette audace mon seigneur ! Je vous jure que c’est vrai ! Je ne suis homme à mentir, étant médecin je me dois de dire la vérité !

- Certes ! Je te crois donc. Mais je t’avoue que toutes ces nouvelles me chavirent un peu l’esprit !

- dans ce cas, et si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais vous laisser et faire revenir l’âme de celui qui vous héberge, vous promettant de reprendre cette conversation très bientôt !

- J’en serai positivement ravi, médic, car j’ai grande hâte d’en apprendre d’avantage ! A très bientôt ! Je compte sur toi !

dave referma les yeux et le doc se remis à parler d’une voix douce et mélodieuse :

- maintenant mon garçon nous allons refaire le chemin mais cette fois en sens inverse. Vous n’écoutez que ma voix, je vais compter de dix à zéro, neuf, huit, sept, six, cinq, vos paupières se font plus légères, vous franchissez doucement les couloirs du temps afin de revenir au présent…Quatre, trois, deux, un, zéro. Vous pouvez ouvrir les yeux Dave, vous êtes revenu !

Le jeune patient se réveilla, surpris :

- je vous le disais bien que vous auriez du mal, doc ! Je ne suis pas facile à avoir ! J’ai dû m’endormir cinq minutes car votre sofa est vraiment confortable, mais de là à dire que vous m’avez hypnotisé !

- Détrompez-vous mon jeune ami, cela ne fait pas cinq mais quinze minutes !

- Quoi ? Vous avez réussi à me faire dire des trucs ? Ben mince, moi qui pensais n’avoir fait qu’un somme de rien du tout ! Et comment dire ?! C’était intéressant ?

 

 

* Diable en roumain

** Grand dieu ! toujours en rom

*** Terre roumaine, tu lis pas le rom dans l’texte ? Vas t’ach’ter Spirou !

- Si c’était intéressant ?! Vous voulez rire ! C’est tout bonnement incroyable ! Vous avez ramené dans vos bagages l’un des personnages les plus controversés de l’histoire de l’humanité et vous me demandez si c’est intéressant ?!

- Attendez doc, quel personnage ? Qu’est-ce que vous dites ? Je ne comprends rien ! le doc lui fit le rapport de son entretien avec le prince valaque.

- Mon dieu ! Mais c’est impossible ! s’écria Dave, pâle comme une merde de crémière, le regard hagard ( areuh-areuh !) et la mine déconfite. Le psy le rassura :

- ne vous en faites pas mon garçon, celà n’est rien ! Peut-être que lors de vos études ou de vos recherches, vous avez lu de la documentation sur cet homme et celà vous a marqué ! Je pense qu’il ne faut pas voir plus loin !

- Là, y’a vraiment un hic doc, car je n’ai jamais fait de recherche sur ce Vlad-machin-truc-chouette !

- Vous n’avez peut-être jamais travaillé sur le sujet, mais je vous prie de croire que vous connaissez cet illustre inconnu, sous un autre nom, mais vous le connaissez !

- Et quel est cet autre nom ?

- Si vous vous rappelez mon récit, il s’est lui-même nommé Vladislav III, ou si vous préférez, Vladislav Draculea, ou…Dracula ! Maintenant vous voyez mieux ? Hum ?

- Hein ? « LE » Dracula ? Celui de Bram Stocker ? Il a réellement existé ?

- Effectivement ! L’écrivain irlandais s’en est très librement inspiré pour écrire son roman. Il en aurait eu connaissance par l’intermédiaire d’un certain Arminius Vambéry, un historien roumain, qui lui aurait narré la véritable histoire de notre homme, emprunte de légendes, dont celle par laquelle il aurait pactisé avec le diable afin d’obtenir l’immortalité. De cette anecdote, Stocker en aurait fait un vampire assoifé de sang ! Mais la vérité est toute autre. L’image se figea, Hann ayant arrêté la projection.

- Ca y est ! hurla-t-il, cette fois on a un début d’piste !

- Tu déconnes ?! l’apostropha Yates.

- Mais non, ma poule ! T’as entendu comme moi ! Le chang’ment dans la voix, l’attitude, ce mec est celui qu’nous cherchons ! Crois-en mon flaire ! Par contre, c’que j’me d’mande, c’est : comment qu’y fait pour changer d’look coco ?

- Changer d’look ?

- Ben ouais ! J’fais r’tour arrière accéléré…Tiens ! Chouffes !

- Meeeeerde ! On dirait qu’il a pris un sacré coup d’vieux l’môme !

- Ou alors il a interverti sa place avec son complice, le tueur, sans qu’le vieux s’en aperçoive !

- Tu crois vraiment qu’le prof aurait pas vu l’manège ?

- J’sais pas ! En tout cas y faut qu’on élucide ce putain d’mystère ! Dès d’main matin j’vais d’mander au gribouilleur de la brigade de m’tirer la jolie p’tite gueule de Stepl, ensuite j’irai rendre une p’tite visite à ce cher monsieur Heston, j’lui pos’rai la question d’savoir où on peut dégauchir le merdeux ! Ah, la vache ! C’que ça fait du bien d’avoir enfin d’quoi faire bouger ce schmilblick à la con ! Après j’passe te prendre à la maison poulardin et on file sur Olvera street montrer à mon pote Pédro la tronche du trou du cul et du valaque à baffies voire si ça l’branche !

Enfin ça bouge ! et il envoya une grande claque à Bob qui vint cueillir ce dernier entre les endosses.

- Hey ! Doucement Ducon ! Vas pas m’désolidariser la viande des os ! Suis plus très frais mézigue, vas-y mollo !

- S’cuses vieille tanche, mais j’suis trop jouasse qu’on avance un peu dans c’tas d’fange. Tiens ! Pour la peine j’redébouche une roteuse !

- y t’resterait pas de ton pâté d’richard par Lazare Balthazar ?

- Doit m’en rester, j’vais l’chercher ! Elvis retourna en cuisine en sifflotant, ce qui signifiait chez lui que le moral était au zénith.

 

Lorsque Bob quitta l’appart’ de Hann il devait être une heure du mat’. Un peu partit, un peu naze et le bide plein à craquer, il monta dans le cadeau d’anniversaire que lui avait offert son filleul une quinzaine de jours plus tôt.

 

FLASH-BACK II

 

N’ayant aucune notion du temps ni du calendar, ce jour là Yates arriva en retard à la brigade. Il n’y avait personne dans les locaux et il pensa que ses collègues devaient être partis en mission aux quatre coins de la ville. Grave erreur ! Quand il poussa la porte de son burlingue, TIN-DIN !

« Happy birthday sergent ! » Une trentaine de gus et de gisquettes, serrés comme des nougats dans des pompes trop p’tites, le sourire aux lèvres, lui tendaient plein de paquets. Elvis prit la parole au nom des autres :

- Sergent Yates ! Comme tu l’auras deviné, aujourd’hui c’est le jour de tes cinquante deux balais ! Et oui ! L’âge se lit sur ta tronche de bébé fripé par le soleil californien et le bourbon ! ( rires) Si nous sommes réunis, c’est pour te dire que, malgré ton caractère de blaireau, nous tous ici présents, nous t’apprécions comme quelqu’un de franc, de loyal mais aussi de très chiant quand tu t’y mets ! ( re-rires) Bon anniversaire ma poule !

Et tout un chacun vint lui serrer la pogne, lui donner l’accolade, le féliciter avec, à chaque fois, un mot gentil. Bob y alla de sa larme et remercia ses collègues et subalternes à la volée en gueulant :

- c’est pas tout çà mais y a du taf ! Allez ! Au boulot tas d’feignasses ! et les flics s’éclipsèrent en riant. Hann passa son bras derrière les endosses de son pote.

- Et si on allait boire un jus en ville ? C’est moi qui régale !

- OK ! Vas pour un jus !

En sortant du commissariat, Elvis prit quelque chose dans la poche de son jean.

Yates, qui n’avait pas les gobilles dans sa fouille s’en aperçut.

- Tu t’es rach’té une nouvelle chignole ? demanda t-il.

- Non ! C’est la tienne ! Bon anniv’ ma poule ! répondit Hann en lui tendant les clefs.

- Wouaaaaaaaah ! La vache ! Quelle est belle ! Tu m’as gâté gamin !

- Bon ! On y go ?

- Accroches-toi à tes boules, ça va défourailler du pot ! Et la Viper GTS-R, cinq cent cinquante bourrins, bleue nuit avec deux bandes blanches partant de la calandre et allant mourir à hauteur du pare-brise arrière, fuma des quatre roues et décolla de la chaussée avec un bruit d’enfer !

 

Fin du flash-back.

 

Le valque n’ayant pas fait parler de lui ce jour là, la journée fût plutôt coole, presque chiante de monotonie ( et non pas Tony l’mono !) La noché descendue, nos lascars allèrent faire la nouba du côté de Marina del rey chez JCVD, un pote d’Elvis qu’il avait connu dans une salle de fitness sur Hollywood boulevard. Un mec sympa, philosophe à ses heures et sportif de pointe. Comme d’hab’, Bob se prit une torchée de première.

Le lendemain, vers huit heures ( du mat’ sinon j’aurai écrit vingt heures hé, banane !), on frappa à la porte de Yates.

- ouais ! C’que c’est ?gueula le sergent à travers la lourde.

- C’est le room service m’sieur ! Bob ouvrit et Hann entra.

- T’as pas oublié qu’on doit rendre visite à mon amigo Pédro Alvarez ?

- Non, j’me souviens d’çà ! Dis voire, t’as ram’né d’la graille ? Elvis lui tendit un sac où tois beignets baignaient ( bêêê niais !) dans le sucre.

 

- Le gribouilleur a réussi son crobart ? Fais voir ?! Hann brandit l’affichette où s’étalait la tronche de Stepl.

- Ah ouais ! C’est r’ssemblant !

- Qu’est-ce tu crois, il a fait les bôzarts not’bouilleur du crû ! T’es prêts ?

- Dans deux broquilles ! A moins qu’on est l’temps d’prendre un caoua ?!

- Après tout on est pas aux pièces ! Quoi que ! J’aim’rai quand même bien l’alpaguer fissa-fissa l’merdeux, histoire d’lui d’mander l’effet qu’ça fait d’avoir un Goa’uld dans l’buffet !

- Un quoi ? Un gros Raoul ?! C’est quoi c’t’engence ?

- C’t’un truc qui pass à la téloche, d’la SF ! c’est trop complexe pour tézigue ma poule !

- SF ?

- Science-fiction ! Laisses tomber !

- Science-friction ? Ca fait r’pousser les ch’veux ?

- Putain tu m’as eu ! J’me suis fait avoir en beauté ! et Bob se tapa sur les cuisses en riant de s’être ainsi payé la fiole du beau gosse.

- J’te signales quand même pour info que mézigue aussi a la télé avec plein de bouquets d’chaînes ciné, SF comprise ma couille ! Grâce à toi en plus !

- Je sais, mais bon, j’avoues que cette enquête me prend l’chou !

Sur ce, les compères s’enfilèrent un café à réveiller l’cimetière d’ Arlington au grand complet, fanfare incluse !

 

Le long du trajet qui les menait à Olvera street, ils discutaient de tout et de rien, surtout de rien, en se foutant de la tronche des passants et en reluquant les gerces qui tournaient du rond en faisant du lèche boutiques. Arrivés sur les lieux, ils n’eurent pas trop de difficultés pour dégauchir le père Alvarez. Assis sur un tabouret, l’ami Pédro surveillait son fond de commerce constitué d’un minuscule chalet situé au beau milieu du marché mexicain et débordant de souvenirs pour touristes.

- Holà ! Ombré ! Qué tal ?

- Muy bièn, gracias amigo ! Hann adressa un sourire au latino tout en lui serrant la dextre.

- Vous véné mé voir au sudjé dé votre affaire ?

- Si ! Tenez, regardez ce visage attentivement et dites-moi ce que vous en pensez !

Le mexicain ne prit même pas dix secondes pour zieuter l’affichette que lui tendait le lieutenant.

- Yé souis déssolé sénior, pero cé gringo né pas céloui qué yé vou !

- Vous en êtes absolument sûr ?

- Certain !

- Et celui-ci ? fit yates en lui montrant la bobine du prince.

- Aaaaah si ! Céloui-là ça réssemblé au gringo muy gordo !

- Bueno ! Muchas gracias Pédro y a oun otra vez !

- Si, hasta luego séniores! Les flics s’éloignèrent en se tirant la hure.

- Merde, merde et re-merde! Vociféra Hann, j’étais trop jouasse, ça pouvait pas durer!

Bob ne comprenait pas.

- Ben écoutes fils, il en a quand même reconnu un sur les deux, non ?! C’est toujours çà !

- J’en sais plus rien ma poule ! P’têt qu’on a pas suffisamment r’gardé les images. Pourtant t’as vu comme moi ? Le jeunot est entré solo chez l’prof, y z’étaient pas deux ?! Ou alors, ou alors, le second type est entré en loucedé, sans faire de bruit et c’est lui qui taillait la bavette avec le gros ! Ca pourrait t’nir non ?

- Ca vaut c’que ça vaut ! A mon avis on d’vrait s’refaire une soirée projo !

- Et pas plus tard qu’ce soir !

 

 

 

A peine Hann avait-il prononcé ces mots que son portable envoya les tuniques bleues charger les apaches. C’était Hudson. Ce dernier leur confirma que les danois* avaient réussi effectivement à téléporter. Des objets, pour commencer, puis de petits animaux et enfin un être humain ! Ils avaient poussé si loin leur découverte qu’ils avaient pu la miniaturiser grâce aux nano-technologies, et de ce fait, l’incorporer dans une ceinture !

- Dis-moi, grand, il leur manquerait pas un bout d’leur joujou aux vikings ?

- Ben justement si ! Le professeur Ella Parkinson que j’ai eu au bigo m’a confirmé le vol de leur précieux trésor ! Et tiens-toi bien, il y a exactement dix jours !

- Un peu avant que toute cette merdasse ne commence ! commenta Yates.

- Ouais ! Hud ? Ont-ils pu savoir qui les avait mis dans l’pétrin ?

- Mieux qu’çà ! J’t’envoies une photo prise à partir d’une vidéo d’surveillance ! Tu m’diras c’que t’en penses, mais à mon avis, tu d’vrais êt’ content ! Salut !

- Salut Mike et encore merci ! une minute plus tard, un bip fit savoir à Elvis qu’une page s’imprimait sur le fax de son bureau.

- Bob ! Viens voir ! J’crois bien qu’on a not’bonhomme ! Le sergent radina sa hure.

- Fais voir ? Pute vierge ! s’écria Bob, mais c’est l’merdeux ! Le visage de dave Stepl s’étalait sur tout le format A4 de la feuille faxée. Malgré le grain de la photo, l’étudiant apparaissait très nettement sur le cliché. Hann contemplait l’image sans pouvoir en détacher son regard.

- Donc on est maint’nant sûr d’une chose ! C’est que ce p’tit fumier est bien impliqué dans l’affaire ! A nous d’trouver quel est son rôle exact. Travaille t-il pour le compte du véritable assassin ? N’est-il qu’un pion et, dans ce cas, a-t-il quelque chose à voir avec la mort de son psy ? Voilà tout un tas d’questions qui méritent des réponses. J’vais vider mon sac sur mon cahier en plexis !

Après une vingtaine de minutes passées à se triturer les méninges, Hann fit quelques pas vers le bureau de Bob.

- Si j’me réfères à tout c’que j’ai écrits, les deux premières victimes sont des truands d’la pire espèce. Or, la troisième est un enseignant tout c’qui y a d’pépère, enfin y avait !

- pet à son âme ! crut bon d’ajouter Yates en larguant un infâme boulard.

- ne m’interromps pas tu veux ?! Si tu m’suis, quel peut-être le rapport entre les deux premiers crimes et l’troisième en date ?

- L’dézingueur à moustache de chez l’Oréal ?

- Exact ! Seulement le hic c’est, pourquoi commencer à nous être sympathique en dessoudant du pourri, pour nous gâcher l’plaisir en s’en prenant à un type apparemment sans histoire ?

- Y voulait p’têt pas qu’le gros aille baver sur les toits !

- c’est-ce que j’pense aussi sergent ! les deux matuches en étaient là de leur échange de point de vue lorsque Lecouvaire débarqua sans prévenir :

- Alors, lieutenant, où en êtes-vous ? Est-ce que cela avance ? Non, je vous demande ça car voyez-vous, la presse et les médias en général, s’impatientent ! Ils voudraient tous pouvoir informer le public de ce qu’il se passe dans leur ville ! Je ne vous cache pas que les rumeurs les plus folles commencent à circuler et il faudrait à tout prix que nous puissions leur fournir quelques éléments avant qu’un vent de panique ne s’empare de la population ! Elvis crut entendre les paroles de Yates mot pour mot ! ( Retournes au chapitre I, ça t’f’ra un bon exercice !)

Ecoutez cap’taine, nous sommes actuellement en train de collecter des indices très intéressants sur un présumé suspect, voire deux, mais nous devons avant tout les étayer avec des preuves, et çà, c’est le moins évident ! L’assassin est très méticuleux et ne laisse rien derrière lui, c’est pour cela que cette enquête reste difficile.

 

 

 

* les habitants de la Norvège, pas les chiens, neu-neu ! Quoi le Danemark ?Oh !Hé !ca va hein !

 Il nous faut plus de temps afin de pouvoir être sûr de ne pas commettre de boulette, une bavure est vite arrivée et je pense que cela serait génant, très génant même pour votre promotion !

Lecouvaire eut un haut le corps qu’il ne put dissimuler.

- Très bien lieutenant, dans ce cas je ne peux consentir qu’à vous accorder quarante-huit heures et pas une de plus ! Au-delà je ne pourrai plus vous couvrir !

- Ca d’vrait aller PATRON ! Et pis si on dépasse le temps qui nous z’était imparti, ben on s’en bat les glaïeuls ! gueula Yates en s’approchant.

- Je vous laisse lieutenant et bon courage ! Rappelez-vous ! Quarante-huit heures !

- Thanks boss !

Une fois l’officier parti, Elvis souffla :

- commence grave à m’gonfler l’dandy ! Si les tartineurs de pâte à papier n’ont rien à s’met’ sous les crocs y z’ont qu’à changer d’taf ! Oh ! Chiotte ! J’devais passer voir Heston, avec le coup d’fil de Mike j’l’ai complèt’ment zappé ! Tu viens avec  ou bien ?

Yates fila à son bureau, prit sa veste et colla aux basques de son filleul.

 

Tout en roulant en direction de l’université, Hann passa un appel à Heston afin de le prévenir de leur arrivée imminente. Le directeur les attendait et les fit entrer dans son desk, véritable caserne d’Ali Baba comme disait Yates, où se côtoyaient diplômes, trophées de toutes sortes, fanions et autres conneries universitaires de bon goût ( ?)

- Et bien messieurs, que puis-je faire pour vous ?

- Nous aimerions rencontrer l’un de vos étudiants, un certain Dave Stepl !

- Aurait-il un lien avec les fâcheux événements qui se sont déroulés ici ?

- Il est fort probable que oui cher monsieur ! Nous détenons certaines preuves qui font apparaître son implication dans cette regrettable affaire !

- Diantre, diantre ! Que me dites-vous là ?! Voilà une nouvelle tout aussi surprenante que terrifiante ! Si vous voulez bien patienter quelques minutes, je consulte le registre des logements et ensuite nous irons voir si ce jeune homme se trouve sur le campus ! les deux flics allèrent s’asseoir dans le couloir en attendant que le directeur finisse ses recherches.

- J’ai hâte de rencontrer ce p’tit con ! déclara Bob.

- Ouais ! Moi aussi j’aimerai l’cuisiner aux p’tits oignons jusqu’à c’qui rende du jus !

 

Heston sortit de son bureau au bout de trois broquilles :

- Allons-y messieurs ! et la troupe se dirigea vers les piaules universitaires.

 

Celle de Stepl était relativement spacieuse, bien orientée et pas trop bordélique pour une carrée d’étudiant. Les poulets jetèrent un coup d’œil rapide à la turne. A première vue, elle ne recélait rien de plus que d’autres piaules du même acabit. Etagères remplies de bouquins, posters collés aux murs, une gratte traînait dans un coin, rien hormis peut-être un détail qui attira l’œil de faucon du beau gosse. Sur la table basse qui jouxtait le plumard, un livre était grand ouvert. Il s’agissait d’un ouvrage sur l’histoire de la Roumanie ! Ce qui fit loucher Elvis, c’était la page de droite du bouquin où figurait le portrait en couleur d’un homme qui, curieusement, ressemblait au descriptif qu’avait fait Alvarez le latino.

En plus de la chevelure abondante, le visage croqué arborait une grande moustache, des sourcils épais et noirs, un nez de rapace et une allure générale laissant entrevoir que le gugusse n’était pas de la famille de Jo le rigolo ! Une légende accompagnait la gravure : « Vladislav III Draculea, prince de Valachie, né aux environs de 1431, mort en 1476 et plus connu sous le nom de Vlad Tepes ».

- Yes !cria Hann.

- Qué pasa ? demanda Yates.

- Tiens ! Reluques ! et Elvis montra le livre à son pote.

- Ben merde ! C’est à çà qu’ressemble le gus qu’a vu ton mexicano ?

- On dirait ma poule ! Par contre, ce qui m’turlupine ( de pingouin) c’est comment c’mec a fait pour débouler au vingt-et-unième siècle ?!

- Et si t’appelais Bottom dit le puits d’science ? I est féru d’histoire et a p’têt’ certaines connaissances sur la question ?! Elvis bigophona donc au légiste.

- Salut James ! Dis-voir, ça t’dirait d’venir étancher ta soif avec deux flics qu’ont mal aux méninges ?

- Pourquoi pas ?! Vous v’nez m’chercher ? J’vous attends !

 

Une vingtaine de broquilles plus tard, les rois mages se retrouvaient assis au Standard Bar en train de s’humecter les amygdales au bourbon. Hann s’adressa à Bottom :

- Voilà JN, Bob et moi on s’demandait si t’aurais pu nous éclairer sur un certain Vladislav III ?!

- Dracula ? Enfin non, c’est faux, et tu as tout à fait raison de l’appeler par son véritable nom. Il est vrai que tout le monde le connaît sous ce sobriquet et çà, c’est la faute à Stocker ! Salaud d’irlandais ! lança t-il en direction de Yates.

- Fais-gaffes, toubib ! L’irlandais qu’je suis pourrait bien t’défoncer la hure !

- J’rigoles môssieur crâne d’œuf ! renvoya JN à Bob en se marrant. Il aimait bien titiller le sergent, le sachant irascible quand on le brocardait sur ses origines.

- Mais venons-en à ce qui vous tracasse. Ce qu’il faut savoir, tout d’abord, c’est que le quinzième siècle est une période très fertile en événements. Outre la découverte de notre pays par Christopher Colombus, ça bougeait pas mal sur le vieux continent ! Et surtout dans les pays de l’Est européen ! Or, c’est là, en Roumanie, plus exactement à Sighisoara, que naquit aux alentours de 1431, le petit Vladislav, troisième du nom, petit-fils de Mircéa 1er l’ancien et fils de Vladislav II Drakul, prince de Valachie. Le surnom de Drakul provient du fait que le père de Vlad III fût honoré de ce titre par l’empereur Sigismond 1er du Luxembourg, et accessoirement roi de Hongrie, pour le récompenser d’avoir défendu et protégé son trône, ainsi que les pays baltes en général, contre les forces ottomanes.

En ce siècle fort troublé, la torture et le supplice était monnaie courante et permettait aux gouvernants de maintenir l’ordre tout en affermissant leur autorité. Ces raffinements se pratiquaient dans toutes les cours d’Europe, aussi bien en France qu’en Angleterre ou encore en Espagne. Ecartèlement, supplice de la roue, pendaison et autre garrot furent appliqués sans modération. L’empalement, quant à lui, fût introduit, si j’puis dire, par les ottomans et autres peuplades du moyen orient et d’Asie.

C’est lors de sa captivité forcée, en 1442,à l’âge de 11 ans, que Vlad prit conscience de l’impact que pouvait avoir ce genre de supplice. Il décida alors d’en faire sa signature.

Il était fréquent à cette époque, que les monarques et autres princes, livrent leurs proches en tant qu’otages en signe d’allégeance afin de maintenir une paix parfois fragile autant qu’éphémère. Vlad Drakul envoya donc ses deux fils, Vlad III et Radu cel frumos* comme garantie que le sultan Mehmet II El-Fathi lui foutrait une paix royale au moins pendant quelques temps !

Au cours de ses années de captivité, Vlad, gamin fort intelligent au demeurant, apprit la langue de ses gêoliers, l’art du combat et s’imprégna de la férocité dont faisaient preuve les ottomans. Il fût libéré six ans plus tard. Son frère Radu, quant à lui, resta encore une paire d’années chez les turcs.

 Lorsque Vlad revint au pays ce fût pour apprendre l’assassinat de son père et de son frère, Mircéa le jeune, tous deux enterrés vivants par Jean Hunyadi, successeur de Sigismond sur le trône de Hongrie.

 

 

*Radu l’élégant. Ben quoi ? Tu lis toujours pas l’roumain dans l’texte ? Un conseil, lâches Spirou et passes à OUI-OUI !

 

 Quelques années plus tard, Vlad fera payer aux boyards saxons, responsables du complot fomenté auprès du roi, le prix de leur trahison en en faisant exécuter cinq cents.

On raconte qu’il se tînt au haut d’une petite colline et qu’entendant les vociférations et les cris de douleur des suppliciés il aurait dit :

- Désolé mais je ne vous entends pas, venez à moi mes chéris ! Et à cet instant cinq cents pals se levèrent en même temps et dans sa direction, les hurlements de souffrance redoublant d’intensité.

- Ouiiii ! Je vous entends mieux maintenant ! Comment ? Vous regrettez ? Ah !-Ah !-Ah !Je crois qu’il est un peu tard, non ?!

Et ben si j’comprends bien, c’est à cézigue qu’on doit les premières déforestations ?! intervint Yates.

- Tu sais sergent, en ces temps reculés les forêts étaient abondantes ! lui répondit le doc. Si l’image de Vlad III nous est parvenu comme étant celle d’un fou sanguinaire, c’est par l’intermédiaire de ses détracteurs, et ils furent nombreux ! Enfin ceux, tout au moins, qui avaient échappé à son auguste ire*, car Vlad ne supportait ni le mensonge, ni la lâcheté et encore moins la flagornerie ! D’ailleurs son slogan était le suivant : « soit franc et droit, la vie tu garderas, soit menteur et scélérat, au pal tu finiras ! » Sympa non ? Bien des crimes lui furent reprochés, alors que lui ne parlait que de justice. Il a défendu la foi orthodoxe, puis la foi chrétienne jusqu’à la mort et ce pour des raisons purement politique. D’ailleurs sa conversion au catholicisme est dûe au fait de son mariage avec la nièce, ou la fille, enfin bref, de Mathias Corvinus, arrivé sur le trône de Hongrie à son tour en 1458 à l’âge de 15 ans !

Si aujourd’hui l’Europe ne se tourne pas vers la mecque en s’mettant l’cul en l’air, c’est en partie grâce à Vlad ! Et rien que pour çà, elle devrait le réhabiliter au nom de l’histoire !

- Ouais ben tu m’excus’ras, mais si il avait mieux fait son job, y’aurait p’têt’ pas eu de 11 Septembre ! bougonna Bob.

- Ca n’aurait sûrement rien changé ma poule, même s’il avait éradiqué complèt’ment les turcs, il aurait eu un sacré taf pour dessouder toute l’Afrique du nord et l’moyen orient à lui tout seul, tu crois pas ?

- T’as raison, mais on peut toujours rêver,non ?

- On peut pas mettre tout l’monde dans l’même panier coco ! Actuel’ment, les musulmans qui prônent et pratiquent une religion modérée trinquent pour les islamistes fanatiques qui n’ont plus rien à voir avec les préceptes du coran ! Y z’ont arrangé l’truc à leur sauce afin d’pouvoir commettre leurs exactions en toute impunité ! C’est comme si toi, flic, tu t’faisais à la fois poulet, juge et bourreau !

- Une sorte de juge Dredd ?!

- En quelque sorte, ouais !

Le doc reprit la parole :

- si vous l’permettez, j’aimerai continuer sur ma lancée ! Mais bien sûr, si ça vous gave, dites-le moi !

- Non-non doc ! Excuses ! On t’esgourde !

- Bien ! Où en étais-je ? Ah ! Oui ! Donc, après avoir vengé la mort de ses proches, Vlad se retourna contre ceux qui l’avaient retenu prisonnier pendant tant d’années. Il les combattit avec hargne et détermination, parfois à un contre cent ! Mais il possédait une autre faculté, outre son intelligence : il était plus rusé qu’un goupil ! En utilisant de fins subterfuges, il parvint à décimer une grande partie de l’armée ottomane. Au cours d’une bataille dont je ne me souviens plus du nom, il pénétra de nuit dans le camp adverse avec ses soldats et, sans bruit, en extermina plus des trois-quarts ! En rebroussant chemin il prit soin d’empoisonner les cours d’eau sur son passage.

Fou de rage, El-Fathi le pourchassa jusqu’au pied de sa forteresse de Poénari , dans les Carpathes. Mais, affaiblit par la perte de ce qui lui restait de troupes, Mehmet II abandonna la partie et retourna vers la sublime porte la queue entre les pattes !

 

- Sacrément couillu l’Vlad ! s’éxclama Yates.

- Oh ! Ce n’est pas là le plus bel exemple de son courage ! poursuivit le légiste, il a commis de plus grands exploits !

- Comment est-il mort ? coupa Elvis.

- Selon toute vraisemblance, ce s’rait au cours d’une bataille survenue en décembre 1476, alors qu’il défendait les remparts de sa cité, Bucuresti, qui n’est autre aujourd’hui que Bucarest, la capitale roumaine.

Il se serait emparé des vêtements et de l’armure d’un commandant ottoman qu’il aurait trucidé, afin de pouvoir surprendre l’ennemi de l’intérieur ! L’idée était assez bonne, une sorte de cheval de Troie par le fait ! Mais, hélas, ses hommes l’ayant confondu avec un officier turc, l’auraient taillé en pièce et, se rendant compte de leur erreur, se s’raient enfui en criant que les ottomans avaient tué leur chef ! Ces mêmes turcs, trouvant la dépouille du prince, lui auraient tranché la tête et envoyé celle-ci à Constantinople où Mehmet II lui aurait fait faire le tour du pays, plantée sur un pique, afin que tous puissent voir que l’empaleur était bel et bien mort !

- Que sont devenus ses restes ? demanda Hann.

- Il semblerait que son corps fût enterré dans un monastère, sur une île située à une trentaine de kilomètres de Bucarest, à Snagov je crois, oui ! C’est çà ! Il y eut d’ailleurs des recherches effectuées en 1931 par deux archéologues allemands, mais qui se révélèrent infructueuses, les ossements trouvés sous l’autel de la chapelle orthodoxe de l’île étaient ceux de chevaux datant du néolithique ! Le plus intéressant, mais le plus étrange aussi, c’est qu’en 1971, la commission des affaires culturelles roumaine ordonna à nouveau qu’une session de fouilles soit effectuée sous la houlette d’un historien et d’un architecte. Après plusieurs semaines sans résultats, et élargissant les recherches au-delà de la chapelle, c’est enfin de compte sous l’arche du porche de cette dernière que des restes humains virent le jour.

C’était certainement pour les deux hommes aussi excitant que pour Howard Carter lorsqu’il découvrit le tombeau de Touthankamon !

Autour de la dépouille ils trouvèrent des vêtements, des bijoux et autres objets divers. Mais ce qui retint leur attention, parmi toutes ces trouvailles, ce fût un collier, constitué d’une lourde chaîne en or sur laquelle pendait un cercle fait de maillons et au bas de ce cercle était accroché un dragon renversé aux ailes pendantes. Cette découverte à elle seule aurait pu confirmer qu’ils étaient bien en présence du prince valaque.

Mais la preuve la plus flagrante, c’est qu’au squelette, ben y manquait l’crâne ! Et çà mes loulous, c’était LA confirmation suprême qu’ils attendaient ! Une fois tous les relevés effectués et les photos prises, le prince fut mis en caisse avec ses biens, et le convoi prit la direction du musée de Bucarest.

Mais, car il y a un mais, et c’est là que la part de mystère entre en jeu, le précieux butin n’arriva JAMAIS à destination !

- Purée ! Quelle histoire ! laissa échapper Yates.

- Que sont devenus les chercheurs ? intervint Elvis.

- Le camion, ainsi que ses occupants, disparurent corps et biens ! On ne les a jamais retrouvés !

- Merde ! C’est dingue ton histoire ! Bob ouvrait des gobilles grosses comme des sous-bocques.

- A l’époque, reprit Bottom, la chose fit la une des journaux locaux, mais sans plus. Une semaine plus tard, tout était oublié !

- Les deux gus auraient pu faire croire à une disparition suspecte afin de garder le secret rien que pour leurs pommes en vue de l’étudier à fond ?!

- Non, je n’pense pas, Elvis.Vois-tu, ce genre de découverte, capitale, n’arrive qu’une fois dans la vie d’un archéologue et le but est d’en faire profiter la communauté scientifique d’abord, puis le reste du monde ! C’est la consécration d’une vie de dur labeur  !Si tu veux mon avis, j’pense qu’ils ont été victimes de collectionneurs de reliques peu scrupuleux, voilà tout ! Ceux qui les ont effacé ce sont arrangés pour que la réalité dépasse la fiction en y incorporant l’élément   mystère  attaché à la réputation de Vlad.

Les trois hommes levèrent leurs godets.

- A Vlad ! toasta Hann.

- A un gnace qu’en avait ! reprit Yates.

- A une légende ! conclut Bottom.

- Attends ! Qu’est-ce que tu viens d’dire ? interrogea le lieutenant.

- A une légende, pourquoi ?

- Sur le premier manuscrit en peau d’clampin, celui r’trouvé sur le pal, y avait un bout d’faf où était écrit « je suis une légende », ce qui confirmerait qu’il s’agit bien d’not’ gugusse ! Les pieds nickelés vidèrent leurs verres. JN se leva le premier.

- Désolé les filles, mais j’dois y aller, j’ai pas mal de r’froidis sur la planche à découper aujourd’hui !

- Tchao doc ! Et encore merci pour le cours d’histoire, c’était très instructif !

- Oh ! De rien lieutenant ! Et si vous avez besoin d’autres éléments, n’hésitez pas messieurs, j’en ai encore pas mal en réserve sur ce personnage ! L’ancien sortit prendre un taxi.

- y a pas à dire, il en a dans la citrouille ! déclara Yates.

 

Rentrés à la brigade, les deux flics réintégrèrent leurs burlingues respectifs. Un post-it était collé sur le moniteur d’Elvis : « rappeler un certain Heston de l’UCLA ». Hann composa le numéro du dirlo du NRB.

- Allo ! Oui ?

- Bonjour monsieur Heston, lieutenant Hann à l’appareil, vous souhaitiez me parler ?

- Et bien oui, voyez-vous, un certain nombre d’étudiants, sans doute émus par cette tragédie, sont venus spontanément me voir pour me dire qu’ils avaient vu Stepl avec un sac de voyage et ce, le lendemain de la mort de ce pauvre Mivrayam !

- Vous êtes sûr de çà ?

- Je ne remets pas une minute en cause la parole de mes étudiants lieutenant, surtout s’agissant d’une affaire d’une telle gravité !

- Bien sûr ! Désolé et encore merci monsieur Heston ! Elvis raccrocha. Se rendant dans le bocal de Yates, il croisa la route de Lecouvaire.

- Lieutenant ? Alors, ça avance ?

- Plus que ça n’recule cap’taine ! l’officier haussa les endosses.

- Dis-voir ma poule, j’crois qu’on va aller faire un tour du côté de LAX !

- L’aéroport ? Ouais, tu m’en as d’jà causé !

- J’viens d’avoir l’dirlo du NRB et appremment l’merdeux s’rait fait la cerise !

- Chiotte !

- J’vois qu’tu penses la même chose que mézigue. Si l’aut’pomme s’trimbale avec son « gros raoul » c’est pas pour aller cueillir le café en Colombie mais plutôt pour s’tailler des cure-dents à t-rex du côté d’Bucarest !

- Exactly mon pote ! Donc on fait quoi t’esse ton altesse ?

- On prend la photo du trou duc et on file au parking à z’oiseaux ! Tu penses qu’on d’vrait faire un détour par la gare ?

- Ben du fait qu’il existe pas d’tunnel entre les states et l’vieux continent, j’crois qu’c’est pas la peine !

- Il a p’têt’ changé d’idée en cours de route ?! Ou alors y veut nous faire marron en nous f’sant croire qu’y va en Roumanie ? Y s’plaît p’têt’ bien chez nous l’valaque ?!

- Allons-y ma poule ! On prend ta caisse ou la mienne ?

- La tienne ! Faut faire fissa !

- Prends tes sacs à gerbe, j’voudrai pas qu’tu dégueules sur mes sièges !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hann and Yates L.A. cops

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