Welcome
Bienvenue sur le blog des deux flics les plus déjantés de Los Angeles !
Vous trouverez ici le premier chapitre de leurs aventures.
Si vous souhaitez lire la suite, laissez-moi un message !
Ronald B. Dacier,ancien agent du FBI,devenu auteur de romans policiers comme pas mal de ses collègues d'ailleurs.Né en 1955 à Los Angeles,fils de policier petit-fils de
policier,bref,une vraie graine de poulet!
Entré en 1975 à Quantico, il sera reçu premier de sa promotion.
Son travail sur le terrain lui a permis de donner plus de véracité à ses écrits malgré un mélange de thriller,de fantastique et d'humour.
Bienvenue sur le blog des deux flics les plus déjantés de Los Angeles !
Vous trouverez ici le premier chapitre de leurs aventures.
Si vous souhaitez lire la suite, laissez-moi un message !
CHAPITRE IX
Temps X
Je sais pas pour toi, ami lecteur, mais perso je trouve qu’il n’y a rien de plus agaçant, voir chiant quand on pique un roupillon, que d’être réveillé par un insecte, quel qu’il fut. Or, celui qui chatouillait les naseaux du beau gosse était du genre persévérant, revenant sans cesse à la charge comme pour le prévenir qu’il lui fallait ouvrir les stores. Ce que ne tarda pas à faire Hann au bout de quelques minutes. Il fit un geste de chasse-mouche afin de se débarrasser de l’importun, mais point de bestiole ! Seulement un fil, un bête fil qu’il suivit des yeux jusqu’à cinq doigts, eux-mêmes reliés à une main ! Il se redressa d’un coup, prêt à en découdre avec le farceur, et faillit hurler en voyant la tronche de Bob !
-Sergent ?! C’est bien toi ?! J’rêve pas ? Il se pinça le dos de la paluche pour vérifier qu’il n’avait pas la berlue, puis il sauta au cou de l’irlandais, le serrant jusqu’à l’étouffer.
-Oh là ! Tout doux gamin, on s’calme !
– Tu peux pas savoir c’que ça m’fait plaisir de t’voir ! J’ai bien cru qu’j’allais crever dans c’merdier ! Attends ! Si t’es là, ça veut dire que Mike est r’venu d’chez les vikings et qu’t’as une de ces p’tites merveilles autour du buffet ?!
– Yes ma couille et c’est super ! Tu vas où tu veux, quand tu veux en moins d’temps qu’il n’en faut pour lâcher une caisse ! Crois-moi, si jamais les danuches l’mettent en vente en grandes surfaces, les compagnies zaériennes z’ont plus qu’à foutent la clé sous l’tarmak !
Elvis matait l’engin agrafé au futal de Bob.
– J’peut ?
– Vas-y ! Zyeutes !
Le lieutenant ne se le fit pas dire deux fois !
– Comment ça fonctionne ? demanda -t’il à Yates.
– C’est simple, la ceinture est reliée au cadran numérique que je porte au poignet. Tu entres les coordonnées d’où tu veux aller, plus une date si l’envie t’prend d’faire un tour dans les vieilleries, ensuite tu appuies sur « mémory » et « start » et zouh ! Tchao !
– C’est génial ! Surtout que j’commençais à m’faire tartir avec le valaque !
– Il est icigo ?
– Un peu mon n’veu ! C’est sa baraque !
– Merde ! Et il est comment pépère quand il est dans ses charentaises ?
– Ben figures-toi qu’c’est un grand seigneur, limite sympa, mais quand même bien barré ! En tout cas, y sait r’cevoir ! Mais j’aimerai pas trop m’éterniser dans c’gourbit !
– j’te comprend !
– T’as pas eu trop d’mal à déchiffrer mon message ?
– Au début j’me d’mandais c’que c’était qu’ce charabia, surtout que j’t’avais pas vu d’puis la veille ! J’me suis dit qu’t’aurais pu au moins prévenir ! On s’est penché d’ssus avec le vieux et Mike, et c’est d’ailleurs lui qui a trouvé. En plus, ton papelard avait comme une odeur. C’est un peu plus tard qu’çà a fait tilt, car y’avait comme un relent d’boucané, de viande faisandée qui flottait dans l’appart ! Ca m’a rappelé le premier crime, puis les autres, et ça m’est rev’nu ! Le parfum d’la mort !
Hann saisit Bob par la manche et l’entraîna jusqu’à la fenêtre !
– Ca r’ssemblait pas à çà des fois ton odeur ?
– Pouah ! Putain ça chlingue ! De dieu, tu parles d’une puanteur, et d’une vision ! s’exclama l’irlandais.
– Tu l’veux toujours ton mikado ? Ben vas-y, sers-toi !
– Sans façon, merci !
– Au fait ! Comment va Mike ?
– Bien ! Il est excité comme un morbac dans l’cal’bute de Jim Carrey ! Il a essayé l’truc dès son r’tour et j’ai bien crû qu’il allait filer directos chez les maboules ! Un vrai môme !
– Il a ramené deux ceintures ?
– Ouais ! Mais la deuxième, il la garde en dépannage, au cas ou !
– Bon, écoutes ! Cette nuit j’ai échaffaudé un plan, j’t’explique !
Elvis renseigna Bob sur ses intentions et lui dévoila sa stratégie.
- J’comptais amadouer l’moustachu afin d’arriver à lui piquer son joujou. On va rien changer au programme. J’continue à faire copain-copain, mais maint’nant les règles du jeu ont changé !
- Tu crois pas qu’y vaudrait mieux simplement rentrer chez nous et laisser faire le cours de l’histoire ? questionna Yates.
– Pas en lui laissant la ceinture ma poule ! Si j’me casse avec, y pourra pas nous suivre et là, fini la tuerie, et l’histoire, comme tu dis, y trouv’ra son compte !
– Ouais t’as sûrement raison ! Au fait !Pendant qu’j’te tiens, au sujet d’la frangine qu’on a r’trouvé chez Mickey !
– Ouais et ben ?
– C’est, enfin c’était Elvira Sacuti, dite la vipère de South-Central ! On peut dire qu’il a fait l’grand nettoyage le Vlad, trois des plus grandes pourritures que la ville est connue qu’y nous a déquillé ! J’te raconte même pas comment qu’c’est r’dev’nu tranquille à L.A. ! Pour te dire, les gens ressortent la nuit !
– Tant qu’çà ?
– J’tassures ! C’t’à croire qu’les gaspards ont quitté l’navire ! Même les p’tites pockets gardent leurs mains dans leurs fouilles !
– Une nouvelle ère semble radiner sa bobine ! dit Hann.
– Ouais ! Fini l’ère comprimé ! se marra le sergent.
– T’en rates pas une! Dis voire, t’aurais pas ta fiole de sky sur toi par Lazare ?!
Yates sortit l’objet en question de sa veste et le tendit à Elvis. Celui-ci en dévissa le bouchon et s’envoya une rasade à la hussard !
– Hey ! Laisses m’en un peu mec !
– Tiens ! Merci !
– Ben mon colon ! Tu parles d’une descente quand tu t’y mets !
– Désolé ! J’en avais envie ! C’est pas qu’le picrate d’ici est mauvais, mais ça vaut pas un bon coup de Jack dans la trompette !
Bob reprit, ah ! J’suis passé chez tézigue aussi !
– Pour quoi faire donc ?
– Ben, quand on a fait la perquize dans la tanière du reptile femelle, on a dégotté un stock d’artillerie, d’la grosse, en parfait état d’marche ! A croire qu’elle s’apprêtait à faire la révolution ! Du coup j’ai réapprovisionné ton p’tit arsenal perso ! Tu verras, y’a du lourd ! Bon, c’est pas tout çà, mais on fait quoi t’esse ?
– Tu r’tournes d’où tu viens et tu m’attends !
– Tu fais gaffe à tes os p’tit, hein ? R’viens-nous en un seul morcif !
Hann serra une nouvelle fois son parrain sur son cœur.
– T’inquiètes sergent, tu m’connais ? ! J’suis pas du genre à m’laisser marcher sur les groles!
– A plus gamin ! R’gardes bien, ça va t’faire tout drôle ! Bob pianota sur le cadran numérique fixé à son avant-bras et…Pfuit ! A pu !
Elvis était rassuré de savoir qu’il avait une porte de sortie. Il retrouva son flegme légendaire et alla fumer une clope dans les couloirs du château.
Il croisa une paire de soldats intrigués par la fumée qui sortait de ses narines.
– Etonnant non ? leur dit-il, mais les deux fantassins n’entravaient que dalle à l’amerloque. Hann s’en souvint et se remémora ce que lui avait dit Bottom.
– Drak ! Sunt a drak !
Les cerbères se mirent à hurler et s’enfuirent à toutes vibures ! Quelques instants plus tard, les guignolots repointaient leurs truffes de musaraignes, accompagnés cette fois par Vlad en personne !
-Et bien, mon pote ! Qu’a tu donc raconté à ces deux corniauds pour qu’ils chient ainsi dans leurs frocs, alors que d’ordinaire rien ne les effraie ?
- Oh ! trois fois rien ! Ils semblaient curieux de savoir pourquoi de la fumée me sortait du nez !
– Et alors ?
– Ben, j’leur ai dit qu’j’étais un dragon ! le prince éclata de rire en se tapant sur les cuisses.
– J’comprend leur trouille Ha !Ha !Ha ! Elle est bien bonne celle là !
Vlad expliqua à ses hommes ce qu’il en était exactement, puis fit la traduction au flic : j’leur ai expliqué que tu étais un étranger venu d’une contrée très lointaine où les gus s’adonnent à cette pratique consistant à aspirer la fumée d’un petit tube remplit d’herbe !
Hann sortit son paquet de PS, en préléva deux, et les tendit aux soldats.
Ces derniers imitèrent les gestes du lieutenant, comme des singes savants. Une quinte de toux empourpra leurs visages inquiets, puis, au bout de quatre à cinq tafs, un sentiment de plaisir apparut sur leurs tronches.
-Maintenant vous aussi vous êtes des dragons ! leur dit Hann en souriant.
Dracula répéta les mots du lieutenant en roumain et les couillons sourirent comme des niais en s’essuyant les yeux.
-Tu veux essayer ? demanda Elvis au valaque.
- Plus tard ! répondit ce dernier.
– Ah ! J’oubliais ! Ton appart est nickel-chrôme, mais à quoi bon puisque tu restes ?
– J’avais envie de laisser une bonne impression !
– Parfait dans c’cas ! J’ai également déposé ton message chez Yates ! Il s’agissait d’un code, n’est-ce pas ? le lieutenant avait prévu la question , oui, ça nous permet de communiquer entre flics ! Par exemple, celui que tu as laissé chez Bob, lui indiquait que tout allait bien et que j’étais chez toi en 1476 ! mentit le beau gosse, si tu savais qu’y vient juste de passer tu s’rais vert ! pensa t-il en souriant intérieurement.
- Oui ! J’ai reconnu la date à la fin ! Ce code serait tout à fait approprié lors des batailles, l’ennemi ne pouvant le traduire en cas d’interception !
« Aïe ! Là, j’suis dans la merde ! » pensa Hann.
Vlad poursuivit :
-j’crois qu’nous allons beaucoup apprendre de ton expérience mon ami !
« Je n’suis pas ton AMI ! » Hurla le lieutenant dans sa caboche.
Prétextant un soudain coup de barre, Elvis prit congé du valaque.
– A ta guise, reprends des forces ! lui conseilla son hôte.
Une fois dans sa carrée, il resongea à cette histoire de code.
– J’suis pas sorti des ronces moi ! Enfin çà c’est rien ! Faut qu’j’arrive à faire une p’tite virée par chez mézigue ! Ouais ! C’est çà ! Elvis…T’es génial !une idée lumineuse venait de lui traverser l’esprit. Il avait trouvé comment gagner la confiance de Dracula.
Après le déjeuner, qui s’éternisa autant que le p’tit-dèj, Vlad invita son otage à faire une balade à dos de bourrin.
– Tu vas apprécier les environs, ce pays est magnifique !
– Tu viens pas avec mézigue ? questionna le flic.
– Non ! J’ai du travail en r’tard ! Mais j’t’en pries, vas-y !
Un écuyer apporta un canasson superbe, noir, doté d’une puissante musculature ! En le voyant, le flic se souvint du rêve de Dave Stepl.
– Prends-en grand soin ! intervint le prince, c’est mon cheval de bataille, Spartan cel Mare, Spartiate le Grand ! Il a remporté avec moi les plus belles de mes victoires ! Il est comme un frère, fidèle et attentif ! Son instinct m’a sortit de quelques embuscades et je lui dois plus que la vie ! Je te le confie !
Tout en disant celà, le valaque caressait l’encolure du fier animal, ce dernier regardant son maître d’un œil bienveillant.
– Mais je ne me fais aucun souci car j’ai remarqué que vous autres, américains, aviez l’habitude de pratiquer l’équitation d’une manière assez particulière !
– Tu veux sans doute parler du rodéo ?
– Oui ! C’est çà !
– Disons que la plupart de nos concitoyens pratiquent encore l’élevage de bétail et de ce fait y z’ont l’cul tanné !
– Ah !Ah! Je ne me lasserai jamais de tes réparties ! Elvis enfourcha le destrier.
– Allez ! bonne promenade ! s’écria le valaque en claquant le postérieur du cheval.
La forteresse de Dracula était imposante et pourtant de facture élégante et raffinée, le style architectural transylvain n’ayant que peu de similitude avec ce que l’on pouvait voir, à l’époque, dans les autres pays européens, dont les constructions étaient plus massives et tristes.
Les voyageurs qui arrivaient des Carpathes ne pouvaient la ratée. Sa silhouette s’apercevait dans un rayon de cinq kilomètres. Plus ils s’en approchaient, plus la peur leur tenaillait les entrailles car les routes et chemins environnants étaient bordés, de part et d’autre, de pieux lestés de funestes fardeaux ! Soldats ottomans côtoyant voleurs et gens de mauvaises vies.
Hann n’arrivait pas encore à réaliser qu’il était le témoin privilégié de ce spectacle incroyable à imaginer autrement qu’au cinéma où dans les bouquins d’histoire !
– Ce foldingue aime un peu trop la justice ! pensa t-il, va vraiment falloir s’occuper d’son cas !
Il enfonça les étriers dans les flancs de sa monture et regagna le château, empruntant le chemin le moins odorant ! Arrivé dans la cour principale, il descendit de cheval et alla tout droit à la salle du trône. Le prince ne s’y trouvait pas.
Sa relation avec Tepes rendait les serviteurs craintifs et nerveux à son approche. Il en aperçut un dissimulé derrière une colonne et lui fit signe de venir à sa rencontre. L’autre s’exécuta timidement. Elvis ne lui posa qu’une question : Vlad ?
Le larbin sursauta et se mit à trottiner, enjoignant Hann de le suivre d’un geste de la main.
Ils descendirent un escadrin en colimaçon qui n’en finissait pas de tourner. Le flic pensa qu’ils devaient maintenant se trouver bien en dessous du niveau des douves de la citadelle. S’en suivit une succession de galeries, jusqu’à une porte d’où émanaient des hurlements horribles ! Le grouillot tocqua l’huis maladroitement. Elvis écarta le simplet et frappa la porte du poing à trois reprise, d’une façon telle que l’avorton décampa à toutes vibures ! La lourde s’ouvrit brusquement ! Vlad arborait un visage terrifiant où se mêlait la colère et la haine, mais lorsqu’il aperçut Elvis, son attitude changea, ses traits se détendirent et un semblant de sourire s’afficha l’espace d’un instant.
-Tu me cherchais ?
– exacte ! lui répondit le beau gosse.
- Ta balade t’a plu ?
– Ouais ! Belle région, ‘fectiv’ment ! Y’a même de drôles d’arbres qui poussent le longs des routes !
– Ah ! Ah ! J’adoooore ton humour mon cher ! Mais entres donc ! Ceci est mon atelier de travaux manuels ! claironna le valaque.
Au beau milieu de la pièce, deux croix, semblables à celles du Griffith park, plantées dans le sol, portaient les corps cloués, sanglants et partiellement écorchés d’hommes criant et pleurant de douleur !
– J’te présente Igor et Grichka ! Des boyards russes ! Russes et arrogants de surcroît ! Figures-toi qu’ils sont les auteurs d’un pamphlet relatant, je cites : « les exactions, crimes et abominations du diable de Roumanie ! » rien qu’çà ! Ces scélérats ne supportent pas ma conversion à la religion catholique, car pour eux, quiconque renie sa foi orthodoxe pour devenir chrétien ne peut-être qu’un suppôt de Satan !
– Ca prouve bien c’que j’te disais ! lui confirma Hann.
– J’en conviens mon ami, mais sortons ! Je me suis suffisamment diverti pour aujourd’hui !
Juste avant de s’éloigner de la salle de torture, le prince prit une poignée de gros-sel dans un seau et en dispersa sur les corps meurtris. Aussitôt les deux boyards se remirent à hurler !
– je finirai de m’occuper d’eux plus tard ! conclut le prince.
Vlad précéda son premier conseillé et les deux gaillards regagnèrent les étages supérieurs.
La salle du trône était déserte, enfin en apparence seulement car, à peine avaient-ils mis un pied dedans qu’un larbin faisait son entrée, les esgourdes au garde-à-vous. Le prince lui baragouina des trucs en rom et quelques instants after, pépère se ramenait avec une cuvette en porcelaine et un broc d’eau. Dracula se tint debout devant la table, ses mains ensanglantées placées au-dessus du récipient. Le grouillot versa doucement le contenu du broc sur les paluches de son maître, ce dernier les frottant afin de se débarrasser du sang des suppliciés.
Une fois ses ablutions terminées, le voïévode glissa à nouveau quelques phrases dans les portugaises de son serviteur. Quelques instants après, un pichet de picrate et deux godets en étain reposaient sur la table devant Elvis et son hôte.
-Pourrais-tu me ramener chez-moi ? demanda Hann.
– Et pourquoi donc ? questionna Tepes d’un air suspicieux.
– Et bien j’aim’rai faire quelques provisions au niveau d’mes « tubes à faire le dragon » et rapporter également de quoi te prouver ma bonne foi, plus un cadeau !
– Huuuum ! Tu m’intéresses et je suis curieux !
– J’te promets une sacrée surprise !
– Dans ce cas, partons sur le champ ! s’exclama le prince, j’adore les surprises ! Tu es prêt ?
-Tout à fait prêt ! déclara Elvis.
Vlad tapota sur les touches du cadran numérique et attrapa le bras du beau gosse. Une seconde après, le vrombrissement familier se fit entendre et les étoiles firent à nouveau leur show ! Cette fois, Hann garda les yeux ouverts afin de jouir de la féerie visuelle, qui ne dura que trop peu de temps à son goût.
Sur le coup, le lieutenant ne reconnut pas son appart ! Tout était effectivement nickel, propre et sentant le frais !
– J’dois avouer qu’c’est fabuleux ! Tu récompenseras tes valets de ma part et non pas, je l’espère, comme Igor et Grichka !
– Dans ce cas, tu leur donneras toi-même cet or ! le prince décrocha une bourse remplie de ducats qui pendait à sa ceinture et l’envoya au flic, accompagnée d’un sourire de satisfaction.
-Ca m’donne envie d’refaire les peintures ! avança Hann.
Vlad le regarda avec un rictus en lui faisant « non » de l’index.
- Ah ! Ouais ! Bon, ben tant pis, au moins c’est propre ! Bob pourra le vendre tel quel, à rafraîchir comme on dit ! dit le flic, mais si tu savais qu’c’est ta sale gueule qu’j’vais rafraîchir, tu f’rais moins le fièrot ! pensa t-il.
- Alors ?! Quelle-est cette fameuse surprise ? demanda le valaque.
- Pour çà, faut qu’j’descende à la cave ! Tu m’attends ici ? Tiens, installes-toi dans le canapé, j’vais t’allumer la boîte à troubadours !
Le flic appuya sur le bouton « Start » du téléviseur.
- J’vais t’mettre un dvd ça t’occupera ! Hann chercha dans sa vidéothèque et tomba sur « le cauchemar de Dracula », un classique de la Hammer. Il inséra la galette dans le lecteur.
-Tu vas voir c’qu’un certain Stocker a fait de ta légende ! dit-il au prince.
Les premières images défilaient sur l’écran. Le valaque regardait, impressionné. Mais lorsque la caméra zooma sur le visage de Christopher Lee laissant entrevoir ses canines de vampire, Tepes poussa un cri !
-Haaaa ! C’est un démon ! Un strigoï ! il se leva, dégainant son épée !
- Oh ! Calmos ma poule ! C’est du cinoche ! C’est pour de faux ! lui répondit Elvis qui l’instruisit ensuite sur ce qu’était un film, les effets spéciaux et tout le toutim !
- Je ne suis qu’à moitié rassuré mon ami, ce « Stocker » a fait de moi un monstre ! Même si mes méthodes sont parfois excessives, jamais je n’ai bu le sang de mes semblables, quelle horreur !
- D’après c’que m’a dit un pote, paraîtrait même que tu t’f’rais des mouillettes de pain qu’tu tremp’rais dans l’raisiné !
- Beuark ! Mais il est complèt’ment bargeot ton pote ?!
- Ben ouais ! Toujours les mêmes ragots ! C’est pas lui qui l’dit, c’est écrit dans des bouquins qu’ont été édités bien après ta mort, des fois qu’t’aurais crié vengeance !
- Les lâches ! Attendre que tu meurs pour te salir !
- Ca s’fait encore aujourd’hui ma poule ! De c’côté-là, en six siècles, y’a pas eu d’changement ! On encense les salauds et on fustige les justes ! Bon, c’est pas tout çà mais j’y go !
Vlad sembla fort choqué par ce qu’il voyait sur l’écran. Il demanda au flic de stopper le dvd. Elvis lui indiqua comment changer de canaux et le laissa, les yeux scotchés sur la dalle de plasma !
– J’reviens dans cinq broquilles ! s’écria le lieutenant en s’éloignant.
Il descendit au sous-sol grâce à un ascenseur privatif. En sortant de l’appareil, Hann fit la lumière en tapant dans ses mains, puis il se dirigea vers le fond de la pièce où des casiers à bouteilles, culminants à hauteur d’homme, contenaient les plus grands crûs français. Elvis ne supportait que très modérément les picrates de son vieux, ainsi que les vins californiens en général.
Il enfonça l’un des litrons qui disparut dans le mur de briques et un panneau, de la taille d’un grand tableau, pivota en laissant apparaître un véritable arsenal !
Le flic s’empara d’un sac de sport assez large et y entassa pêle-mêle : un katana, deux 44 magnum et leurs barillets, deux Uzi, un M16 et leurs chargeurs respectifs, trois ceintures de grenades, un fusil à pompe avec ses cartouches ainsi qu’une boîte de fusées éclairantes, mais pas de raton laveur. Ses emplettes achevées, Hann prit son bigo et composa le numéro de Bob.
-Ouais ?! Qui c’est t’isse ?
– Salut ma poule !
– Elvis ?
– Yes bonhomme !
– Merde ! t’as réussi à m’appeler du 15ème siècle ?! Mais c’est dingue ! En plus j’te capte vach’ment bien !
– Arrêtes de fantasmer gros ! J’suis v’nu avec le boucher chercher deux, trois bricoles pour faire la teuf au château !
– T’es chez toi ?
– Où veux-tu qu’je soyes ?
– Ben t’aurais pu passer par chez mézigue !
– Avec Vlad ?
– Euh…Non ! Faut p’têt pas déconner ! J’te rappelle qu’j’ai un compte-en-suisse avec cézigue ! A par çà, ça roule comme tu veux ?
-Aux p’tits oignons ! Ecoutes, j’ai trouvé comment dompter le loup des Carpathes! J’me donne une semaine pour en finir avec lui. Passé le huitième jour, radines-toi fissa avec la deuxième ceinture, c’est qu’j’aurai des problèmes, OK ?
-OK !
-J’te laisse j’dois y aller avant qu’le valaque ne s’pose des questions, salut ma couille ! Hé ! C’est pas compte-en-suisse, mais conte-en-cieux !
Elvis raccrocha puis remonta jusqu’au premier étage où il retrouva le roumain entrain de zapper comme un malade, le jeu paraissant l’amuser au plus haut point !
– Ca y est, c’est fait mon pote ! On peut r’partir !
– Ah ! Très bien ! Et où est ma surprise ? demanda le prince.
– Dans c’sac ! Tu verras, ça va êt’ le 4 juillet avant l’heure !
– Qu’est-ce que le 4 juillet ?
– le jour anniversaire de l’indépendance de l’amérique ! C’est un jour de liesse nationale !
– Bieeenn ! Génial ! Contrairement à ce que tu pourrais penser, j’adore faire « la teuf » comme vous dîtes ! D’ailleurs je compte en organiser une en ton honneur afin de te présenter officiellement au reste de ma cour et à mes généraux !
– Bon ! On y go ? le pressa Hann, car il ne se lassait pas de contempler les lueurs multicolores des couloirs du temps. Mais il avait quand même hâte, cette fois-ci, d’arriver et de pouvoir reposer le sac qui semblait peser des tonnes !
A peine cette pensée lui traversa-t’elle l’esprit qu’il venait de faire son apparition non loin du trône de Vlad.
-Alors mon cher ! Cette surprise !
– Ah ! Et bien il te faudra patienter ta majesté, au moins jusqu’à la fête que tu m’as promise !
– Tu es cruel avec moi !
– Ca change !
– Effectivement ! Je constate que tu t’imprègnes de ma philosophie ainsi que de mon tempérament ! C’est bien !
Le prince frappa dans ses mains et un grouillot radina sa fraise avec empressement. Vlad donna ses instructions au larbin qui fila directos aux cuisines sans demander son reste.
- Je viens de donner des consignes afin que la fête soit prête dès ce soir, je crois que cela va te plaire !
Hann revoyait les images de films sur le moyen-âge et se dit :« meeeerde, j’vais êt’ obligé d’me farcir les jongleurs et les ménéstrels ! En plus, j’me voit pas en train d’arquer leurs danses de cons ! Pffff, quelle galère, elle va êt’ chiante ta fiesta Drac ! » tout en y pensant, le flic essayait de sourire, mais ça ressemblait plus à une grimace qu’à une représentation de la joie !
Le lieutenant se retira dans ses appartements.
- Afin !dit-il au valaque, de préparer quelque chose qui va fort t’impressionner ! Je te dirai ensuite ce que j’ai rapporté dans mes bagages et qui va, j’en suis sûre, ajouter à ta légende !
- Vivement ce soir ! cria Vlad.
Là j’chuis dans la mouscaille ! Faut qu’j’aille me rencarder sur les zusses et coutumes des bourges du 15ème ! Pas l’arrondiss’ment, patate ! Faut tout t’décortiquer tézigue, t’as l’casier à neurones qu’est féluré ou bien ?
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||