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Bienvenue sur le blog des deux flics les plus déjantés de Los Angeles !
Vous trouverez ici le premier chapitre de leurs aventures.
Si vous souhaitez lire la suite, laissez-moi un message !
Ronald B. Dacier,ancien agent du FBI,devenu auteur de romans policiers comme pas mal de ses collègues d'ailleurs.Né en 1955 à Los Angeles,fils de policier petit-fils de
policier,bref,une vraie graine de poulet!
Entré en 1975 à Quantico, il sera reçu premier de sa promotion.
Son travail sur le terrain lui a permis de donner plus de véracité à ses écrits malgré un mélange de thriller,de fantastique et d'humour.
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CHAPITRE III
Pas d’peau !
Cette nuit là, Hann ne trouva pas le sommeil. Le cul planté dans son fauteuil, il contemplait les lumières de la ville derrière sa fenêtre, fumant une cigarette par ci, buvant une bière par là et
réciproquement. Le bruit des sirènes de police venait perturber le silence de temps à autre, rappelant aux citoyens que, malgré tout, les flics faisaient leur job. Malgré le calme apparent autant
que relatif, Elvis avait le fâcheux pressentiment que quelque chose de pas très catholique allait le sortir de cette torpeur, trop longue à son goût. Vers trois heures du mat’ l’appel de Yates
lui donna raison.
-J’te réveilles pas au moins ?
-Pas de souci Bob ! J’tapais juste la discute avec deux potes !
- Des mecs que j’connais ?
- Peter et Bud !
- Oh ! J’y suis ! Stuyvesant et Weiser, les compagnons des nuits d’insomnie ! Bon, j’t’en dis pas plus gamin ! Radines tes boules !
- Yeah ! A condition qu’tu m’donnes l’adresse, sinon t’es pas prêt d’voir ma gueule ! une fois le lieu du rencard noté, Elvis prit la route en direction de cette nouvelle
scène de crime.
L’assassin avait choisit un site calme et verdoyant pour sa nouvelle mise en scène, le Griffith park, situé sur les hauteurs de la ville. L’endroit était assez sympathique, casses noisettes et
bouffes carottes s’y côtoyaient le long des sentiers de verdure fréquentés habituellement par les promeneurs, randonneurs et joggeurs de tous poils. De plus, on y avait une vue assez sympathique
de L.A., l’observatoire du parc surplombant la ville. Des poulardins en uniforme et gilets réflecteurs indiquèrent le chemin à Hann en lui faisant signes à l’aide de leurs bâtons lumineux. Il
déboucha sur l’esplanade de l’observa-truc-muche où il reconnut Yates qui l’attendait. Elvis sortit de sa voiture, alluma une cousue et s’avança vers lui.
-Dis, t’as vu ?
-Quoi !
-Y’a un défilé de majorettes chez les lucioles !
- Rigoles pas garçon ! J’l’ai fait pendant des années c’boulot, crois moi, c’est chiant ! Tout c’que j’espère c’est qui nous fassent pas atterrir un zinc su’l coin d’la
gueule !
-Trève de plaisanterie, qu’est ce qu’on a c’coup-ci ?
-Du dépecé ! J’te préviens, c’est encore plus dégueux qu’l’aut’fois ! T’as rien becqueté avant d’venir j’espère ?
- Comme j’te l’ai dis au bigo, j’ai dîné liquide !
Cette fois, la façon de procéder du soi-disant " fantôme " avait changé. Ce n’était pas sur un pal de bois que la victime était fixée, mais sur deux croix en forme de X !
Ouais ! T’as bien lu ! Le corps ainsi que les quatre membres cloués sur l’une, et, détail de choix, sur la seconde, jumelle de la précédente, la peau du supplicié était tendue telle
celle d’un animal. Les croix étaient plantées à égale distance, de chaque côté d’une sorte de petit obélisque dédié à l’astronomie placé au beau milieu de l’allée menant à l’observatoire,
Il est vrai qu’une vision de cette sorte n’était pas des plus ragoûtante, mais Hann tint le coup.
-Bob, tu crois pas qu’il a envie d’se faire un tambour le zinzin d’Hollywood ?
- Pourquoi ?
- Ben si tu réfléchis un peu, le premier machaccab était planté sur une baguette, celui-ci a la peau tendue, p’têt que l’troiz sera encore piqué sur un pieu et tu vas voir que l’quatrième y va
nous l’noyer dans un tonneau !
- Ca va, arrêtes un peu tes conneries, c’est du sérieux mon gars !
- S’cuses Bob, çà m’est venu tout bêt’ment ! Cà doit être à cause du cocktail CBC !
-Cocktail CBC ?
- Ben ouais ! Café-Bière-Clope ! Yates secoua la tête d’un air affligé.
- Hudson est arrivé avant toi, il engrange déjà d’quoi s’creuser les méninges avec ses fourmis laborieuses !
- R’marques, au tarif ou ils émargent, faut quand même qui s’bougent le joufflu!
- C’est si bien payé qu’ça c’taf ?
- Entre cinq mille quat’ et six mille sept cents dollars mensuels !
- Ah ! La vache quand même ! Ben mon loulou, j’ai raté l’coche sur c’coup là !
- Faut avoir fait certaines études, un peu d’méd’cine, d’la chimie, d’la physique, tout çà !
- Ouais ! J’vois l’truc, dans l’fond j’suis aussi bien sergent, j’persiste et signe ! D’façon, moi et les études on s’est perdu d’vue d’puis pas mal de temps !
S’approchant de l’écorché, ils constatèrent l’ampleur du carnage. On aurait dit que le corps du supplicié avait été peint en rouge ! Les chairs écarlates, encore chaudes, luisaient et
fumaient légèrement à cause de la fraîcheur de la nuit. Le plus impressionnant, c’était le visage du mort, avec une nouvelle fois un rictus effrayant, et surtout les yeux, sans paupières, fixant
le néant, presque sortis de leurs orbites, et déjà attaqués par les insectes.
-C’est marrant, ça m’fait r’penser à une expo qu’j’avais vu en France qu’en j’étais môme, d’un certain Fragonard, pas l’peinturlureur, un frangin ou un cousin ou tout comme. Y’avait qu’des
machins tout pareil à çui là, conservés j’sais pas com’ ! Hallucinant l’bazard ! A t’fout’ le traczir !
-Y’a quand même de grands malades !
- Tu parles d’un lifting ! Sauf que là, l’bonhomme, va falloir un certain temps avant d’lui r’coller la peau sur la tronche ! affirma Yates.
- J’en connais un qui va bien s’amuser !
- JNB ? Et comment ! D’puis tout p’tit il adore faire des collages !
- C’est d’moi qu’vous parlez les filles ? Bottom venait d’arriver !
- Ouais, on s’disait qu’t’allais bien t’amuser avec c’monsieur à lui r’coller sa doublure ! dit le sergent.
- J’dois r’connaître que c’est une très belle pièce que nous avons là ! Huuummm ! Celui qui a fait çà est un maître en la matière, car vu l’état de fraîcheur du cadavre, il a dû
faire très vite ! Mais malgré çà, la découpe a été faite avec une incroyable déxtérité !
Hudson les interrompit en pleine discussion pour leur faire part de ses trouvailles.
-Bien ! Alors, comme pour l’autre soir, nous avons des empreintes de pas, identiques au premier regard à celles du Laurel Canyon park ! Ce qui laisse à penser que c’est le même homme
qui a recommencé. Toujours pas d’empreintes digitales, et cette fois, le gus a été un peu plus prolixe question bafouille, c’est toujours en roumain, mais là, le support a changé puisque le
papier à lettre c’est carrément la peau du défunt. Voilà, c’est tout pour l’instant mes chéris !
- OK ! Bon ben, on f’ra avec ! Tu pourras nous fournir la traduc ? Yes ? Alors, hasta la vista baby ! Bob et Elvis se regardaient l’air désespéré et en même temps
furieux.
-Bon dieu, mais d’où y sort c’mec ?
-Ecoutes, moi j’connais qu’un type qui arrive d’on ne sait où et qui ne laisse que des empreintes de bottes : c’est Superman ! Sauf que lui ne trucide pas son prochain !
La purée s’épaississait encore d’avantage dans le crâne des deux acolytes.
-J’crois qu’il aurait fallut qu’on procéde comme pour le premier trucidé, mais comme on a toujours pas d’empreinte on l’a dans l’os ! A moins qu’nos scientologues ( ?) n’arrivent à
trouver un moyen d’moyenner ! Intervint Hann.
-Ah bon ? Parce que t’espères encore, Esmeralda ? Toujours pas d’empreintes de salsifis, cette fois-ci pas de témoin auriculaire et l’oiseau s’est envolé dans les airs ! Bah
tiens ! Comme Superman justement ! T’es sûr que…. ?
-Cent pour cent qu’ j’espère, Quasimodo ! Et c’est pas auriculaire, ignare, mais oculaire !
-Si tu veux, mais çà change rien dans l’fait qui nous la met bien profond l’salaud !
Je sais pas pour toi, lecteur, mais j’ai la vague impression qu’nos deux volailles nagent en pleine mer de vase ! A mon avis, y f’raient mieux d’refiler l’bébé aux fédéraux, mais bon, c’que
j’en dit !
-C’est çà crâne d’œuf, retourne plancher sur ton clavier et refiles nous des tuyaux qui soyent pas perçés ! Et si tu vois les fédés, donnes leur le bonjour hé, ducon !
-Ta gueule Yates ! Si tu l’prends sur c’ton là, j’te fais crever dans l’prochain chapitre ! Et viens pas m’parler d’crâne d’œuf s’te plait !
-OK ! C’est toi l’boss ! Mais magne-toi l’fion quand même, passe que l’malade courre toujours et moi, j’aimerai bien l’avoir entre quat’z’yeux pour lui dire ma façon d’penser !
- J’me grouille, mais pousse pas trop pépère, padrino !
Pendant ce temps là, James et Hudson se disputaient la peau du défunt comme deux chiots se battent le même os. Hann trancha :
-m’en veux pas Mike, mais la bienséance décide que c’est toujours le plus âgé qu’a l’dessus, donc, JN f’ra ses exams en prem’s et t’refil’ra l’truc après, y’d’vrait pas en avoir pour des heures ? Si ?
-Nooonnn ! J’en ai tout au plus pour une plombe, c’est tout !
Hudson se ravisa et présenta ses excuses au fossile qui les accepta de bonne grâce.
-C’est rien mon p’tit, j’met çà sur l’compte d’une crise de croissance ! Hum ?!
Le patron du CSI ne put se retenir de rire devant l’humour so british du légiste.
Sur ces bonnes paroles, Bob et Elvis regagnèrent le commissariat où le beau gosse alla griffonner des ch’tites bafouilles sur son tableau vitré, où maintenant s’affichaient les tronches
polaroïdisées des deux gangsters dessoudés, du style " deuxième victime inconnue, Griffith park, crucifiée et bla-bla-bla ! " bref, tout un tas d’trucs reliés entre-eux par
des lignes, tantôt verticales, tantôt horizontales, un vrai casse-tête !
- Tu t’y r’trouv’ras dans c’foutoir ? lui adressa Bob, les sourcils froncés, et le regard en biais.
-T’occupes ma poule, quand j’fais çà, j’me vide la tête et j’peut passer à aut’chose. Et c’est comme pour mon bordel, y’a qu’moi qui m’y r’trouve !
Yates n’insista pas et laissa l’ " môme " en plant devant son cahier en verre. Plus Hann essayait de comprendre et moins il y arrivait. En fin d’compte, il prit son blouson,
ramassa son paquet de clopes et s’apprêtait à partir quand Robert l’apostropha :
-d’où tu vas mon grand ?
-M’oxygéner le cerveau ! J’vais rendre une p’tite visite à JNB des fois qu’il aurait du frais sur le lapin !
- Quel lapin ?
- Ben l’deuxième macchab !
- Et pourquoi un lapin S’te plait ?
- Me dis pas qu’t’as jamais vu comment on r’tire la peau d’un lapin ?
- Ah ouais ! J’te capte ! Et ben celle là elle est plus balaise comme vanne que la mienne sur l’mikado ! Château bas l’artiste !
- Chapeau !
- Quel chapeau ?
- Pas château bas, mais chapeau bas !
-Oh ! Eh ! Cà va l’père la morale ! J’parle comme tu èssèmise sur ton bigo !
- Bon, j’file !
Hann quitta les lieux en haussant les épaules et en secouant la tête de droite à gauche en signe de renoncement. Au volant de sa cariole, Elvis respirait mieux. Il éprouvait certaines difficultés à rester enfermé plus d’une heure au commissariat, rouler la vitre ouverte lui fit du bien. Il fila sur Santa Monica et alla se garer au parking situé à côté de l’arche du ponton donnant accès au Yacht Harbor. Il fit quelques pas sur la jetée et alluma une PS en écoutant l’océan qui déposait ses vaguelettes le long du rivage. Perdu dans ses pensées, il resta là une bonne partie de la nuit jusqu’à ce que le soleil pointe sa frimousse timidement à l’horizon. Pour sûr, ça allait être une putain de belle journée, chaude surtout ce jour là, et de ce fait, le niveau de pollution allait atteindre un pic assez élevé. (Au moins douze sur l’échelle de Stéphan Eicher !)
Elvis appela JNB sur son portable.
- Hey, toubib ! j’te réveille pas ?
- Hélas non mon jeune ami ! Je suis déjà à pied d’œuvre ! Tu penses bien que l’arrivée de ton s’cond client m’a mis tous les sens en éveille !
-C’est justement pour çà que j’t’appelle ! J’peut passer ?
- Tu es toujours le bienvenu !
Si tôt le matin, les boulevards de L.A. étaient dégagés. Personne ne circulant sur les axes, le flic poussa le moteur à fond ! Entre Santa Monica et la morgue, il ne lui fallut qu’une
paluche de broquilles pour couvrir la distance qui le séparait du légiste. Après s’être garé à la James, Hann se précipita dans la morgue. Passant les battants de la salle d’autopsie, il pénétra
d’un pas rapide dans la pièce jusqu’à la table de dissection où officiait Bottom.
Le lieutenant remarqua que le défunt n’avait plus les yeux en face des trous, ceux-ci prenant un bain de formol dans un bocal qu’à des couettes. (ou à Dékouate, ancienne province
ostro-gallo-mérovingienne !)
- Alors doc, t’as réussi à l’faire causer çui-là ?
- Pour te dire la vérité, il n’est pas très bavard, mais pourtant j’ai pu diagnostiquer la raison de son décès ! Comme pour la première victime, notre homme était déjà mort au
moment de son ablation épidermique ! Il a eu la gorge broyée ! se penchant au dessus du corps pelé, il fit signe à Hann de s’approcher.
- Tu vois, là, le rétrécissement de la gorge et plus généralement du cou ? Elvis opina du chef, et bien, on lui aurait mis le cou dans un étau, le résultat serait le même,
SAUF ! Sauf que, là, en l’occurrence, c’est une main qui a fait çà ! On aperçoit très nettement les marques de doigts, mais hélas, aucune empreinte digne de ce nom ! Comme je te
l’ai dis lors de notre dernière entrevue, l’assassin, à part le fait qu’il soit doté d’une très grande force, est certainement ganté, d’où l’absence de toute trace digitale ! Quant à celles
de ce malheureux elles sont tout bonnement inexploitables, du fait que la doublure qu’ tu vois là-bas a été sectionnée à hauteur des poignets et que la peau des mains a été retiré ! Vous
n’avez pas retrouvé les parties manquantes par hasard ? Non ? Dommage ! D’ailleurs çà me fait penser à une anecdote assez croustillante...
- Et sur le plan dentaire, rien de spécial ? le coupa sèchement Elvis.
- Grand-Dieu ! J’ai omis cette recherche! Honte sur moi ! Ecoutes, fiston, je fait immédiatement le nécessaire et je t’appelle dès que j’ai les résultats ! Qu’elle heure
est-il ? Sept heures ! Disons dans une heure ?
- Si j’comprend bien, tu m’fouts à la lourde ?
- On peut dire çà, mais ne le prends pas mal, c’est tout simplement pour que je puisse effectuer ce travail en toute sérénité afin de ne rien oublier cette fois ci, VRAIMENT
rien ! Tout en lui disant cela, JNB regardait Elvis par dessus ses lunettes en faisant de grands yeux de hibou. Hann lui sourit, le gratifiant d’une tape sur l’épaule et d’un
" tchao doc ! " avant de virer à cent quatre vingt degrés en direction de la porte.
La lumière forte du jour contrastait avec celle plus tamisée de la morgue et il dû sortir ses Ray-Ban, son regard bleu supportant difficilement une clarté trop intense. En arrivant à quelques encablures de la brigade, il remarqua un mouvement de foule.
- Et merde ! C’est bien c’que j’craignais ! gueula t-il en apercevant la meute de journaleux attendant devant le commissariat central. Il alla se garer derrière le bâtiment
où se trouvait la porte qui servait à faire sortir, en loucedé, les gens non recommandables sans être emmerdé par la presse. Il grimpa les escadrins à toutes vibures et tomba sur Yates qui
fulminait.
- Si j’tenais l’enfoiré qui les a prév’nu, y pass’rait un sale quart d’heure !
- On a toujours gagné du temps, c’est c’qui faut s’dire ma poule ! Et pis on peut leur larguer c’qu’on veut ! On n’est pas obligé d’leur baver l’topo tel que !
- A moins que l’fumier qui les a rencardé ne leur est balancé d’quoi les faire saliver !
- Comme d’hab’ l’cap’taine va faire sa coquette en faisant étinceler son sourire de carnassier ! Cà m’troue l’cul !
Pas d’pot, le capitaine se trouvait juste derrière Yates !
-Désolé de vous contredire sergent, mais puisque vous et Hann tenez secrets certains éléments de cette enquête, c’est vous qui allez leur parler cette fois !
-On garde rien d’secret ! On attend simplement d’avoir suffisamment d’quoi argumenter ! lui répondit le beau gosse.
- Descendons ! Le droit à l’information nous attend !
Les portes du commissariat s’ouvrirent à la volée et les trois policiers firent leur apparition sur le perron. Lecouvaire, tenant à ce que ce soit le sergent qui intervienne, était pratiquement
plié en deux, cherchant visiblement à passer inaperçu.
- A vous Yates ! Et surveillez votre language ! faisant un tour complet sur lui-même, Bob attrapa le bras du capitaine et se mit à arranguer les médias.
- Mesdames et messieurs, voici le capitaine Lecouvaire qui sera ravi de répondre à vos questions ! puis il lâcha le bras de l’officier et s’éclipsa avec Elvis à ses
trousses.
- Cà, vous allez me le payer Yates ! hurla lecouvaire à voix basse et en se retournant, mais les deux crapules étaient déjà hors de portée de courroux du capitaine. Reprenant ses
esprits, ce dernier s’adressa aux reporters :
- Bien ! Mesdames et messieurs, avant toute question, je tenais à vous dire que, pour le moment, nous n’avons que très peu d’éléments en notre possession concernant cette affaire. Nos
meilleurs enquêteurs travaillent d’arrache-pied afin de recueillir un maximum d’informations. Dès que nous en saurons d’avantage, vous en serez les premiers avertis, merci !
- Capitaine ?!
- Oui ?
- Il n’y a vraiment rien que vous puissiez nous dire ? Pas même le nom de la victime ?
- Désolé mon vieux, ce sera tout pour aujourd’hui ! Un brouhaha suivit les dernières paroles de l’officier.
- Ah ma vache, t’as fait très fort sur c’coup là ! s’écria Elvis en se tenant les côtes, t’aurais du voir la tronche du boss quand tu l’as mis d’vant les hyènes ! On aurait
dit une chèvre devant un troupeau d’t-rex ! Wouah la gueule ! A mon avis tu peux t’attendre à une sérieuse engueulade, pépère !
- M’en fout ! Font chier les cad’sup ! Pas eux qui vont sur l’terrain et qui s’tapent la merde ! T’inquiètes, ils l’savent bien et c’est pour ça qu’ils s’écrasent quand
j’gueule plus fort qu’eux !
- fais gaffes quand même ! Un jour tu pouss’ras l’bouchon un peu trop loin (Maurice ! Le retour !), tu s’ras viré, sans pension et t’auras plus qu’ta bite et ton rasoir pour
pleurer !
-M’en fout j’te dis ! j’les emmerde ! Y z’ont qu’à faire not’boulot et y verront c’que c’est que d’se coltiner des macchabs à longueur d’année !
- Tu sais, ma poule, avant toi y ‘en a eu des grandes gueules qui ont fait face à la hiérarchie, et ben c’est rare quand y z’ont eu gain d’cause !
- Y’en a ?
- Y’en a ! Et… Y z’en ont eu des problèmes !
- Y z’ont eu des problèmes ?
- Hon-hon !maintenant, c’est toi qui vois !
- mais dis donc, c’est marrant not’conversation là !
- Ah ? Et qu’est ce qu’elle a d’marrant, si j’puis dire ?
- Sais pas, comme ça ! J’trouve qu’ça fait duo d’comiques !
- moi j’trouve pas, mais bon, c’est ton opinion !
- Qu’est c’qu’on glande ? On va faire un p’tit coucou à Mike ?
-Avant j’aimerai voir c’que l’dessineux nous a concocté !
Le croquis établit par le crayonneux du service faisait froid dans le dos ! Une chevelure abondante et bouclée encadrait un visage triangulaire doté d’un nez ressemblant au bec d’un oiseau
de proie, des yeux chassieux, surmontés d’une paire de sourcils broussailleux, une mâchoire légèrement prognathe lui donnant un air de brochet, autre prédateur, mais d’eau douce celui-ci. Une
épaisse moustache venait compléter le portrait de l’assassin.
- La vache ! Si y r’ssemble vraiment à çà, y’a d’quoi flipper !
- Ouais, on dirait Alice Cooper mais avec une baffie de grenadier ! renchérit Yates.
- Bon ! On y go ?
-S’tu veux !
Et voilà nos joyeux drilles partis à la pêche aux infos, l’affichette où figurait la tronche du tueur plongée dans la fouille du lieutenant.
Hudson avait l’air ravi de les voir, et quand Hann lui narra les exploits de Bob, il mit au moins un bon quart d’heure à s’en remettre ! ( z’ont un sacré sens de l’humour les
amerloques !)
- Sûre qu’çà va r’monter haut ton affaire, mais le jeu en vaut largement la chandelle ! Ah, c’que j’aurait pas donné pour voir la bouille de Lecouvaire !
- Ouais ! T’as raté ! Du grand art ! J’ai cru qu’le boss allait péter une durite tellement il était rouge de rage ! Lui qui s’pavane en temps z’ordinaire, j’me
d’mande c’qu’il a bien pû inventer pour s’sortir de c’merdier !
- C’est pas tout çà, mais vous en êtes où, toi et tes ouailles dans vos analyses ?
- Le premier truc sur lequel on a bossé, car le reste n’a rien donné, une fois d’plus, c’est bien sûr la traduction du message laissé par le meurtrier, et qui donne
ceci : " je reviens d’entre les morts pour vous débarrasser de la vermine ! "
-Putain ! C’est pas un melon qu’il a c’mec, c’est carrément un champ d’citrouilles ! Dans l’match qui nous oppose à l’aut’taré, on en est à deux zéro en faveur du dézingué à tête
de pastèque !
En fin de matinée, et comme il s’y attendait, Robert fut convoqué devant le conseil de discipline pour son délit de baise-majesté. Coup d’bol c’te fois là, le jury était constitué par six de ses
potes de poker ! Avant que Lecouvaire ne soit entendu, ils reprochèrent à Yates son manque de respect, mais tout en s’foutant d’la gueule du capitaine.
- Ah ! J’vous dis pas comment j’l’ai eu la roulure ! J’ai cru qu’il allait en chier dans son bénouze ! riait Bob, et les autres n’étaient pas en reste.
Reprenant leur sérieux au bout d’un quart d’heure, ces messieurs firent entrer Lecouvaire.
- Asseyez-vous capitaine ! Ce ne sera pas la peine de nous relater les faits en détail, nous en avons prit connaissance grâce à la télévision et, avant que vous ne preniez la parole,
nous tenions à vous informer qu’en tant qu’officier responsable du commissariat central, c’est à vous que revient le devoir d’informer les médias dans ce genre de circonstance et non à vos
subalternes ! Un tel manque d’initiative mériterait une sanction à votre encontre, mais comme il s’agit d’une première fois en ce qui vous concerne, nous n’en tiendrons pas compte.
Maintenant vous pouvez argumenter, nous vous écoutons !
Lecouvaire passa par toutes les couleurs du spectre ( du gris sale au blanc cassé) ! Sans un mot, il se leva, salua le jury d’un air hébété, puis se retira sans plus attendre. Une fois la porte du conseil refermée, les six membres, ainsi que Yates, entendirent le hurlement de rage que poussait Lecouvaire auquel un éclat de rire phénoménal fit écho.
Pendant ce temps, Elvis cogitait sur le deuxième crime et cela lui rappella qu’il devait bigophoner au légiste.
- James ? Hann ! Est-ce que tu as du nouveau concernant l’écorché ?
- Ca tombe très bien que tu me sollicites petit ! L’identification dentaire a porté ses fruits, si j’puis dire. Notre homme n’est autre que Bruce Keuman, le parrain aux méthodes peu
conventionnelles de Santa Monica,. J’te raconte pas son pédigré, tu l’liras toi-même, mais soye patient car y ‘en a long comme le bras !
- Merci doc !
Elvis raccrocha et tapa le nom du truand dans le moteur de recherche du fichier central. La fiche de Keuman apparut sur le moniteur. Effectivement, le casier du mafieux était des plus
conséquent : prostitution, attaques de banques, rackets en tout genre, effacement de témoins, corruption etc…J’te fais don du reste ami lecteur.
Bob arriva sur ces entre-faits et s’installa à son burlingue. Lecouvaire déboula deux minutes plus tard.
- Yates ! Vous ne vous en tirerez pas comme çà ! Vous allez me le payer ! Il repartait quand Robert l’interpella :
- Hé ! cap’taine ! Vous savez quel jour on est aujourd’hui ?
- Euh oui ! Nous sommes le six mai, pourquoi ?
- Hier, c’était le cinco de Mayo, la fête des latinos, et aujourd’hui, et ben c’est exactement le jour de l’ouverture de la chasse aux cons ! Ca tombe bien, j’ai mon permis sur moi et
mon flingue est chargé ! il y eut un " gloups " du côté de chez Lecouvaire.
- Attendez Yates, vous n’oseriez quand même pas tirer sur un supérieur ?
- Sur un supérieur ? Noooon ! Mais sur un grand connard de supérieur ouais ! Joignant le geste à la parole, Bob dégaina son flingue et mis l’officier en joue. Ce dernier prit
ses jambes à son cou et détala comme un dératé. Le sergent rengaina son arme et remis son dargeot dans son fauteuil, les flûtes croisées sur son desk, son irrésistible sourire en coin vint
illuminer sa vitrine. Elvis toqua à la lourde de Bob.
- Salut ma poule ! J’ai raté un épisode ? Yates raconta en détail à son filleul son entrevue avec le boss.
- On peut dire qu’tu l’rates pas ! Tu pourrais l’laisser souffler un peu d’temps en temps !
- J’y peut rien, c’est lui qui m’cherche, et quand on m’cherche…
- Ouais, je sais, on t’trouve, mais arrondi un tantinet les angles, sinon pépère va nous claquer dans les doigts et ça t’retomb’ra sur l’poil ! Bob, changeant de
conversation :
-T’as eu des nouvelles de JNB ?
- Ah ouais ! J’allais oublier ! J’te récapèpète c’qui m’a dit. Le second défunt s’rait un certain Bruce Keuman le bien nommé !
- Hein ? Bruce le squale ? Merde ! s’exclama le sergent.
- Le squale ? Kèçadirkeuceci ?
- Ben c’est rapport à c’que c’salaud avait l’habitude de marquer ses filles en les mordant jusqu’au sang. Comme il avait une dentition assez spéciale, ça faisait de drôles de cicatrices,
c’qui lui permettait de r’connaître ses gerces si toutefois un aut’ mac lui piquait ! Y’en a un, une fois, qu’a essayé !
- Et alors ?
- On l’a r’trouvé pendu par les pieds, l’service trois pièces enfoncé dans la gargane ! Du coup ça a r’froidit les aut’macs de tenter l’aventure !
- Mordra plus personne Hannibal le cannibal !
- Un enfoiré de plus en moins ! conclut l’irlandais, nantit d’un sens inné pour les maths.
Suces les couilles de quatorze heures, comme dirait Yates, Hudson pointa sa truffe de furet dans le terrier des poulets. (Et pourquoi un poulet ça f’rait pas d’terrier ? Donnes-moi une bonne
raison ! Hum ? Ah ! Tu vois ?! )
- Salut les filles ! gueula-t’il à la volée.
- Ah ! Mike ! Quel bon vent t’amènes ? lui lança Bob en même temps qu’une Louise sonore !
- Ben si c’est comme çà qu’tu r’çois les invités d’marque!
- Désolé ! C’est le chili d’ce midi !
- J’espère pour toi qu’il était meilleur à manger qu’à sentir, pouah ! La vache !
- Qu’ est-ce qui t’a poussé à v’nir nous voir dans not poulailler Hud ?
- A vrai dire, rien d’bien original en c’qui concerne l’affaire, j’avais simplement envie d’changer d’air et grâce à Bob c’est réussi ! L’seul truc que j’peut vous dire c’est qu’les
traces de bottes sont bien les mêmes que les premières relevées lundi matin, c’est tout ! Par contre, on n’sait toujours pas comment fait l’assassin pour se déplacer !
- Elvis pense que çà pourrait êt’ Superman ? intervînt Bob en rigolant.
- Tu t’marres sergent, mais c’est tellement zarbi c’t’histoire, que toutes les hypothèses, même les plus farfelues pourraient être crédibles !
- Arrêtes ! Me dis pas qu’tu crois au surnaturel ?
- Ben tu sais, quand y ‘a plus qu’à çà qu’tu peut t’raccrocher !
- Vous n’avez pas trouvé d’traces, j’sais pas moi, d’roues d’vélo ? D’fers à ch’val ou de skate-board ?
- Rien, queue d’chi ! Ni hydroglisseur, ni parachute, que dalle !
Hann intervint :
- je sais que les scandinaves bossent depuis quelques années sur la téléportation. Tu penses qu’ils pourraient avoir dépassé le stade expérimental et en seraient aux essais
pratiques ?
- Effectivement, tu as raison ! Je sais qu’en 2006 les chercheurs de l’institut Niels Bohr de Copenhague ont réussi à téléporter des informations en faisant passer un faisceau laser dans un nuage d’atomes ! La téléportation quantique qu’ils appellent çà ! En deux ans ils ont effectué un travail titanesque ! Je suis leurs expériences d’assez près pour confirmer tes propos ! Ils en seraient même au-delà de l’étape des essais ! Mais j’vais qu’en même me rencarder sur la question et mettre quelques uns de mes arsouilles sur le taf. Par contre ça risque de d’mander du temps, car c’est pas la porte à côté ! J’te tiens au courant, à plus poulets !
- A plus ma couille ! On en r’parlera dans l’prochain chapitre !
- La téléprostration cantique ? C’est pour aller chanter d’une église à l’aut’ ?
- Bob ?
- Quoi ?!
- T’e’s nul ! Bon ! Avant d’se disperser dans tous les sens, on va d’jà s’recentrer sur Bruce le squale. Qu’est-ce qu’on sait d’ce fils de morue, à par qu’y nageait dans des eaux
glauques ? questionna Elvis.
Bob fronça les sourcils, s’mettant les neurones au garde-à-vous.
- Si j’me rappelle bien, il avait plusieurs tripaux éparpillés autour de la ville, ainsi qu’des clandés et quelques bars à putes. Mais son QG c’était le " great white smile " sur
la troisième rue à Santa Monica. Un mini casino qui lui servait à blanchir du fric crado !
- J’me sent en veine d’un coup ! Pas toi ? J’irai bien claquer quelques talbins au poker, ça t’branche ?
- Porqué no ? lui répondit Yates. Le lieutenant chopa son blouson sur le dossier de son siège et le sergent alla récupérer sa veste accrochée à la patère de son burlingue.
Le Santa Monica boulevard s’étirait sur des kilomètres, comme la plupart des grands axes de L.A. d’ailleurs. L’avantage d’aller dans cette direction, c’est que l’on se rapproche de l’océan, là où l’air est un peu plus respirable. En arrivant face aux plages, deux opportunités s’offrent à vous : soit vous optez pour la droite et c’est Malibu, Santa Barbara et San Francisco, soit vous prenez à gauche et c’est Venice, Long beach et San diego.
La troisième rue, à SM, est une artère piétonne où fleurissent boutiques de toutes sortes et artistes de rue, du mime aux musicos. Agrémentant la balade, des statues en forme de dinosaures, certaines d’entre-elles faisant fontaines et sur lesquelles pousse de la végétation, apportent par la même un semblant de verdure et de fraîcheur.
La maison Pouleman déboula dans l’antre de la débauche et du stupre. Un second couteau gardait la porte principale :
- j’peut vous aider ?
- On voudrait faire un pok mec ! C’est possible ? le questionna Elvis.
- J’vous connaît ni des lèvres, ni des dents, qui qu’vous êtes ?
Hann, en désignant Bob du pouce :
- lui c’est Shrek et mézigue j’suis l’âne qui r’file des coups d’sabots dans les joyeuses ! et joignant le geste à la parole, il dropa les burnes du truand entre les deux
poteaux ! L’affreux se mit à hululer comme un grand duc ( le piaf, pas le noble sinon j’aurai écrit grand comte !), puis s’effondra la hure contre terre, ce qui lui valut d’envoyer
quelques chicos au paradis des râteliers inconnus.
Après cette action côté en bourses, les flics entrèrent dans le repaire du squale. Cà ressemblait plus à un lupanar qu’à un casino :tables basses en pvc laqué, fauteuils et canapés en
velours râpé rouge, lumières tamisées, enfin bref, toute la d&co de M6, en moins criard ! Le bar était situé au fond de la salle des fêtes. Les matuches s’y installèrent en faisant
signe au barman de ramener sa gueule de raie.
- ouais ?
-On dit pas ouais, mais : que désirez-vous ? le reprit Bob.
-C’est fermé ! crut bon de répondre l’effronté. Grand mal lui en prit !
-Ta gueule aussi ! lui répondit Yates en lui administrant un bourre-pif magistral cent pour cent made in Ireland !
Quand le loufiat refit surface derrière son rade, Han lui sortit sa plaque !
- Police ! Ducon ! Dis-voir face de thon, l’aut’soir, t’aurait pas vu ton boss parloter avec un gus d’un genre assez spécial par Lazare ?
Reprenant sa respiration avec difficulté, vu que Yates lui avait écrasé le pif et que ce dernier enflait à vue d’œil, faisant ressembler le loufiat à éléphant-man, celui-ci essaya
d’articuler :
- mve rabèlle bas vien, bais v’grois gui barlait abec un dype glouche, de glande daille, des difs longs et bouglés, une glande boustache, un dair bauvais, havillé gomme un foir de
garnabal ! Y zont zordi bar berrière et buis z’est dout ! Z’ai ba vu rebedir le bozz ! Aïe ! le pauvre gnace pissait le raisiné par les deux narines.
- Y r’ssemblait pas à çà des fois ? Bob lui montra le portrait exécuté par l’as du fusain.
-boui ! Z’est dui ! Enpin, za dui redemble ! Hann prit pitié du gus :
-On t’embarque et on t’dépose aux urgences, on t’doit bien çà !
Ce qui fût fait dans le quart d’heure qui suivit.
-Ton bon cœur te perdra ma poule ! tout en disant celà, Yates avait regardé son filleul en coin, tout comme le sourire qu’il affichait.
Restait à trouver des témoins qui auraient éventuellement assistés à une rixe dans l’impasse située à l’arrière du casino. (J’te rassure tout d’suite, y a pas qu’des impasses à L.A. mais pour la sombritude de l’histoire, on f’ra comme si ! Et si ça t’plait pas t’as qu’à lire Spirou !)
Après avoir déposé l’enflure à l’hosto, Hann et Bob retournèrent au " great white smile ".
Lorsqu’il les vit, le cerbère de la porte d’entrée couina comme un clebs et fit feu des deux fuseaux sans demander son reste.
Une fois à l’intérieur, les poulardins envisagèrent de fouiller les lieux, mais un judicieux appel au CSI leur évita cette peine, car même si c’était pas le Bellagio, l’endroit nécessitait que l’on soit plus de deux à le ratisser.
En attendant les renforts, les frères pou-poules étanchèrent leur pépie en faisant une descente au rade du côté Bourbon. Deux boutanches de Jack Daniels furent sacrifiées sur l’autel de la soif.
Quand Hudson et sa clique pointèrent leurs groins dans l’enfer du vice, les deux gaillards étaient déjà dans un état proche du Nevada. (Ben ouais ! La Californie !)
- Alors les filles ! On picole pour oublier qu’on est flic ?
- Harley marrante ta vanne, Bike ! articula avec peine le sergent.
- Moi c’est Mike, pas bike, outre à whisky !
- M’dis pas qu’t’es sus-suptibe ma poule ?
- Bon allez, arrêtez vos conneries maint’nant ! intervint Elvis, un peu moins imbibé que son pote.
-Faudrait m’trouver des trucs qui soyent en rapport avec le gus qu’a vu mon ami pédro. On sait qu’le mec a du crin en veux-tu-n’en-v’là ! D’après l’loufiat qui turf icigo, l’type était assis
dans le fauteuil là-bas, à trois tables plus loin. Concentrez vos recherches dans ce périmètre !
Hud fit ok de la tête puis se dirigea vers l’endroit indiqué par le lieutenant et où le suspect avait posé son derche. Eclairant l’emplacement avec une lampe de poche, l’expert remarqua quelques
crins restés collés sur le dossier en velours. Il les préleva soigneusement à l’aide d’une pince à épiler ta concierge portugaise et les déposa à l’intérieur d’un sachet plastique. Continuant son
investigation, il faillit tomber sur le cul ! Là, sur l’un des accoudoirs, l’empreinte complète d’une main luisait sous le faisceau de sa loupiotte !
-Elvis ! hurla-t’il, viens voir ! Hann fût sur lui en une fraction de seconde.
- qu’est-ce que t’as trouvé ?
- regardes-moi çà ! C’est pas beau ?
- On l’tient l’fumier !
De retour à leur QG, hann fonça droit à son desk, tandis que Yates, lui, allait tout droit en cellule de dégrisement .
- faut qu’j’dorme une poignée d’plombes ! dit-il à son filleul en s’écroulant sur une des deux paillasses.
Elvis était perdu depuis un bon moment dans ses pensées quand le télébigo de son burlingue sonna deux fois. (Comme le facteur ! Quoi ? Tu sais pas qu’le facteur sonne toujours deux
fois ? Tu sais quoi ? Quand la connerie se jouera en symphonie, on t’appellera Beethov’ !)
- Lieutenant Hann !
- Ouais ! C’est Hud ! Comment va l’irlandais ?
- Y déssoule !
- J’ai une mauvaise nouvelle, grand. Malgré la parfaite qualité de l’empreinte relevée sur le fauteuil, elle n’est pas exploitable ! Notre assassin ne figure pas dans la base de
données !
- Et merde ! s’énerva Elvis en plus ce con est un p’tit nouveau ! Garde toujours, on pourra p’têt’ faire une comparaison plus tard !
Bon ! t'es gentil, tu m’ laisses finir mes choco-pop’s et j’attaque la suite…
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